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Les armoiries d'Avignon | ||||
PORTE : de gueules, à trois clefs dor, posées en fasces. Lécu soutenu par deux gerfauts, avec cette devise : UNGUIBUS ET ROSTRO (à bec et griffes).
La ville davignon a porté plusieurs armoiries. La première était une ville carrée, enceinte de murailles, formées de pierres de taille, à créneaux bâtis à lantique. Appartenant au Saint Empire romain germanique, cette ville ajoute vers 1120 à ses armoiries un aigle ou gerfaut. On voit alors sur le sceau des consuls : quatre bustes vêtus dun manteau boutonné sur une épaule avec linscription : SIGILLUM CONSULUM AVINIONENSIUM et au revers, un aigle déployé avec ces mots : GIRFALCUS. Ces armoiries, Avignon les conserve jusquà lavènement du Pape Clément VI lequel ayant acheté cette ville en 1348 voulut en changer le blason et remplaça laigle par trois clefs dor, sur un champ de gueules. Il choisit de préférence des clefs, parce que ce symbole, comme aujourdhui, appartenait pour ainsi dire au Saint-Siège (deux clefs liées en sautoir), et le nombre de trois parce quil y avait alors pour gouverner la ville, trois syndics, que le Pape Sixte IV permit, peu de temps après, dappeler consuls. Cependant les Avignonnais ne voulurent pas ainsi, abandonner entièrement leur ancien écusson, et surtout le gerfaut, souvenir des empereurs germaniques, qui leur auraient permis de sétablir en République. Ils réclamèrent auprès du Saint-Siège qui les autorisa à prendre deux aigles (ou gerfauts) pour support, avec la devise : UNGUIBUS ET ROSTRO. Celle-ci montre la volonté de tous de préserver les libertés municipales. On a prétendu que les grelots attachés aux pieds des gerfauts voulaient signifier lattention et la surveillance que les consuls devaient avoir sur les intérêts de la ville, et que leur bruit devait les tenir éveillés pour maintenir la tranquillité de leur cité et sauvegarder lindépendance avignonnaise (1). Le 11 novembre 1948, Avignon a reçu une citation à lordre de la division. Cette distinction comporte lattribution de la croix de guerre avec étoile dargent. Depuis, cette décoration figure sur les armoiries de la Ville. Linterprétation des trois clefs est un élément fort discuté par les archéologues et historiens. Elles restent actuellement une énigme. Linterprétation officielle reste celle citée plus haut. Cependant, en 1883, Louis Blancard en proposait une autre. Les trois clefs ne seraient que laddition de la clef que lon retrouve sur les anciennes monnaies de la Commune, celle-ci étant considérée comme lattribut essentiel de la souveraineté communale, aux deux clefs pontificales dont la disposition initiale (en sautoir) aurait été modifiée, car en groupant la clef communale et les clefs pontificales dans le même écu, il était assez naturel quon ne conservât pas à celles-ci leur disposition ordinaire (2). (1) Louis de BRESC : Armoiries des communes de Provence. Laffitte Reprints. |
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