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Les remparts
   


Les premiers remparts

A l’angle de la rue Joseph Vernet et de la rue Saint-Charles se trouve le seul fragment de rempart du XIIIe siècle qui subsiste à l’air libre. Une prospection archéologique souterraine a révélé des vestiges nombreux et mieux conservés. Il semble qu’au XIe siècle, dans une période de développement économique, les Avignonnais avaient fait construire une enceinte englobant les nouvelles extensions de la ville.

De 1215 – mais peut-être un peu avant – à 1222, cette enceinte fut doublée par un rempart devant lequel fut placé un ouvrage de retranchement ; entre les deux coulaient les eaux de la Sorgue qui constituaient les douves de la fortification. Ces fortifications furent détruites après le siège de 1226, les Avignonnais recevant l’interdiction de les relever dans un délai de cinq ans. Dès 1234, la reconstruction était entamée malgré l’hostilité de l’Eglise. La fin de la Commune et la prise en main de la ville, en 1251, par Alphonse de Poitiers et Charles d’Anjou, entraînèrent le démantèlement de ces remparts ; seules les anciennes portes restèrent en place jusqu’au XVIIIe siècle.

Les remparts actuels

La transformation d’Avignon en capitale de la Chrétienté à partir du XIVe siècle ne manqua pas de susciter d’importants bouleversements urbanistiques. L’accroissement soudain de la population conduisit à déborder de l’enceinte, déjà mise à mal par son démantèlement du milieu du XIIIe siècle. De nouveaux quartiers se développèrent, grâce aux initiatives privées, à l’abord des portes et des couvents à l’extérieur de la première enceinte. Mais bientôt la sereine prospérité d’Avignon laissa percer de nouvelles menaces. Les routiers plongeaient la région dans l’insécurité et leur présence décida les autorités à construire, en 1355-1356, une muraille pour enclore les nouveaux quartiers sans défense.

Les travaux débutèrent sous Innocent VI en 1357 et durèrent près de dix ans, consistant tout dabord en de simples creusements de fossés et l’érection d’une clôture sommaire et de portails de bois. La nouvelle enceinte, remplacée dès 1359 par des ouvrages de pierre, engloba cependant plus de trois fois et demie la superficie de l’ancienne cité. Les travaux progressèrent simultanément en plusieurs points : il y eut jusqu’à douze chantiers concomitants en 1366.

Cette nouvelle muraille fut partiellement financée par des subsides de la Chambre apostolique et des emprunts lancés par Innocent VI et Urbain V, mais surtout par une gabelle des vins dès 1358 et une gabelle du sel et des marchandises en 1363. Ainsi, citoyens et courtisans financèrent eux-mêmes la construction de leur défense. On constitua alors une troupe et on commanda de l’armement à l’étranger. On fit encore venir nombre de spécialistes de la fortification et de l’artillerie. L’enceinte était pratiquement achevée en 1372, mais le chantier semble néanmoins avoir perduré sous Clément VII et Benoît XIII.

Ces remparts, longs de plus de quatre kilomètres et hauts d’environ huit mètres, disposaient d’un chemin de ronde intérieur et étaient défendus par de larges fossés en eau. Vers 1373, on dénombrait 12 portes inscrites dans des tours carrées et précédées de ponts-levis, 36 tours et 56 échauguettes. Partiellement détruits en 1411 par les Catalans, ces remparts furent restaurés à de nombreuses reprises au cours du XV e siècle et adaptés aux progrès de l’artillerie.

Par la suite, on ne cessa d’y effectuer des reprises : quelques portes furent démolies, d’autres reconstruites ou déplacées, les douves comblées et les courtines renforcées côté ville par un mur épais… La Muraille fut restaurée par Viollet-le-Duc à partir de 1860. Aujourd’hui, malgré l’absence des fossés en eau, des tours à pont-levis, des portes de bois bardées de fer, altérant ainsi sa physionomie initiale, elle n’en demeure pas moins l’une des grandes entreprises de fortification du XIVe siècle en France.

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