Histoire


Les origines

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XIVe

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XIXe et XXe

Le blason

Le Rhône

Les remparts

Le nom d'Avignon

Les gens célèbres
Le Rhône
   


Axe majeur qui relie l’Europe du Nord à la Méditerranée, le Rhône a servi dès la Préhistoire de voie d’échanges commerciaux. C’est par cette même voie que pénétrèrent maintes influences culturelles et religieuses, tel le Christianisme. Le plus puissant et le plus rapide des fleuves français a joué un rôle essentiel dans la vie avignonnaise, façonnant son environnement, protégeant parfois la ville, la mettant souvent en danger.

Située dans un coude, Avignon n’est qu’à cinq mètres d’altitude par rapport à l’étiage du fleuve, et le Rocher des Doms qui la surplombe servait de refuge naturel à la population lorsque les eaux montaient, inondant les quartiers bas. De nombreuses catastrophes ponctuent l’histoire d’Avignon, où les eaux redoutables emportèrent souvent des portions entières de remparts, obligeant la population à se réfugier sur les toits des habitations. De nombreux documents anciens et modernes nous montrent les rues inondées où les habitants se déplacent en barques.

Plusieurs îles émergeaient du fleuve et se modifiaient selon les crues, ainsi que des bancs de sable et de gravier, tandis que, bordant les remparts, s’étendaient des terrains marécageux, le Limas (du latin limaceus, boueux). Les galets du Rhône ont contribué aussi à donner leur physionomie particulière aux rues de la ville, puisqu’on les utilisa dès le Moyen Age, avec ceux de la Durance, pour le pavage des calades. L’osier qui poussait dans ces terres limoneuses servait aussi à tresser des banastes (paniers) dont le souvenir s’est perpétué dans le nom de la rue Banasterie qui, à l’arrière du Palais des Papes, conduit au bord du fleuve.

La berge était d’ailleurs très animée puisque trois ports jalonnaient les quais : le port principal se trouvait face au pont et à la porte Eyguière (actuelle porte du Rhône) ; en amont, le port au bois a laissé son nom au quai et à la porte de la Ligne ; en aval, au port des Périers étaient déchargés les pierres et différents matériaux de construction. Des digues en épi, dites palières, repoussaient l’eau et protégeaient les quais.

Au XVIIe siècle, les quais furent réaménagés et agrémentés d’œuvres sculptées. Ainsi, la statue de Saint-Bénezet par Jean Péru fut érigée face à la porte de l’Oulle. Elle accompagnait d’autres représentations des saints patrons et protecteurs de la ville : Saint François près du pont, la Vierge plus en amont et Saint Agricol à la porte du Rhône.

Dès le Moyen-Age, c’est à Arles que s’opérait le transbordement des marchandises des navires de haute mer sur des embarcations fluviales. On remontait le fleuve par halage (chemin de halage). Des trains de bateaux étaient tirés par des hommes puis par des chevaux, de douze à trente selon l’importance du convoi. La Ville a réaménagé récemment le chemin de halage en une agréable promenade que l’on aperçoit face au pont sur l’île de la Barthelasse.

Transitant par le fleuve ou déchargées, les marchandises étaient taxées au bureau du port aménagé dans la première pile du pont. Au XIIe siècle le trafic était intense : Avignon s’approvisionnait en bois, laine, plantes tinctoriales, cuivre, étain, fer, plomb, chanvre, étoupe, poix, poisson et bétail, tandis qu’elle exportait le fruit de ses industries prospères : blé, cuir, cordes, draps… La batellerie, organisée en corporation de nautes, assurait ces échanges, tandis que les portefaix, surnommés les gagnedeniers en raison de leur maigre salaire, s’activaient au déchargement de ces marchandises. Cette vie du fleuve a été immortalisée par Frédéric Mistral dans Le Poème du Rhône.

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