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Informations pratiques
Le musée Calvet
 


L’importance de ses collections a valu au musée Calvet d’être inscrit au nombre des trente-deux musées classés français. Il compte plus de vingt-huit mille numéros à l’inventaire, qui appartiennent à des domaines aussi divers que l’archéologie, les beaux-arts (peintures, sculptures, dessins), les arts décoratifs (orfèvrerie, faïence et porcelaine, tapisserie, ferronnerie) et l’ethnologie (Asie, Océanie, Afrique).

Joseph-Ignace de Villeneuve-Martignan, élu en 1735 à vingt-deux ans au conseil de ville avait décidé un an auparavant de transformer l’ancien logis de sa famille, confiant les premiers travaux à l’architecte Thomas Lainée.

En 1738, il devient premier consul et engage, trois ans plus tard, l’architecte Jean-Baptiste Franque et son fils François pour bâtir une demeure qui est encore aujourd’hui le plus bel hôtel seigneurial d’Avignon. Ruiné, il est contraint d’interrompre les travaux en 1754 et loue le rez-de-chaussée. Le bâtiment passera ensuite de mains en mains et sera transformé après la Révolution par ses propriétaires successifs jusqu’en 1833. La Ville d’Avignon l’acquiert alors pour y loger le musée municipal, trop à l’étroit dans l’ancien couvent Saint-Martial.

Les travaux menés par Renaux et d’Eyssautier ne laisseront, dans un état proche de celui du XVIIIe s., que l’escalier, la galerie basse, trois salons et une petite pièce de repos –dite Méridienne– donnant sur le jardin. Les façades, restaurées par les Monuments historiques de 1986 à 1991, sont dans un état très voisin de l’origine, de même que sont encore présents « les grands arbres du jardin » déjà célébrés par Stendhal, en 1837, dans ses Mémoires d’un touriste.

Si on lit difficilement ce qu’était l’économie générale de l’hôtel dans l’édifice actuel, on sait néanmoins que la cour d’entrée était fermée sur la rue par une porte de bois remplacée dès 1886 par l’actuel ouvrage de fer forgé dû au talent du ferronnier avignonnais Noël Biret.

L’entrée principale était située au centre, en haut d’un perron pentagonal. Au dessus de la porte figurent encore les armes de Villeneuve-Martignan et de son épouse, Henriette-Victoire de Sade. On trouvait à gauche les écuries, et à droite une aile d'appartement.

On pénètre aujourd’hui par le côté gauche, et l’on peut voir encore dans le salon d’accueil du musée un bel exemple de voûte plate, une spécialité des Franque qui furent à l’école de l’architecte de Versailles, Jules Hardouin-Mansart. De ce salon ou de la galerie basse, on passe dans l’escalier, superbe exemple d’ouvrage suspendu comme il en existe plusieurs à Avignon : bâti en pierre de Barbentane bleutée et en pierre de Fontvieille blanche, sa bichromie a inspiré la restauration du décor de stucs du plafond. Il mène au premier étage de l’hôtel, autrefois l’appartement, mais dont la construction de la galerie Vernet, en 1833, a détruit l’ordonnance.

L’aile principale de l’hôtel présente néanmoins, au rez-de-chaussée, cinq salons en enfilade dont les fenêtres sur le jardin ont conservé leurs embrasures sculptées, et pour deux d’entre eux les plafonds de stucs dorés ou peints, l’un avec des dragons chinois, l’autre sur le thème de la musique. Ces pièces en restauration -elles seront ouvertes en 2005- bénéficient d’un éclairage optimal grâce à l’orientation est-ouest de l’aile qui abrite aussi le jardin des fureurs du mistral. L’aile est elle-même bâtie sur des caves voûtées qui accueillaient les cuisines et un puits encore en eau.

La façade sur le jardin est d’un très beau dessin : un seul étage orné de hautes fenêtres à frontons classiques rythmé de pilastres ioniques par paires, repose sur un rez-de-chaussée scandé de pilastres doriques. Une simple balustrade cache le toit de tuiles romaines et donne à l’ensemble une allure à la fois palladienne et très versaillaise.

De l’autre côté, la Méridienne est un exemple assez rare, en Provence, de décor de stucs vers 1780 : le thème en est les saisons et la profusion de symboles pacifiques (rameaux d’olivier entourant des lances, oiseaux se becquetant) en fait un lieu aimable propice au repos. Restaurée en 2001 par les Monuments historiques et la Conservation du musée, elle est aujourd’hui intégrée au parcours des collections ainsi que la salle d'orfévrerie qui la précéde.

L’aile au fond du jardin a été construite au XIXe s. ; elle abritera les riches collections d’archéologie du musée en 2006. L’hôtel de Villeneuve-Martignan enserre au nord un autre hôtel du XVIIe s., dit de Montlaur, dans lequel seront présentées les collections de préhistoire et celles de ferronnerie données par Noël Biret. Enfin, sur un ancien espace de remise a été édifié par l’architecte Philippe Dubois, en 1991, une aile moderne qui offre une jolie vue sur la cour nord de l’hôtel, autrefois cour de service.

Le Musée et l’hôtel où il est logé ont longtemps été célèbres pour les paons qui peuplaient le jardin : ceux-ci regagneront leur séjour lorsque les travaux de restauration seront achevés, probablement en 2005-2006.

Les collections du musée Calvet

Une riche collection de préhistoire concerne essentiellement le Vaucluse. Couvrant les périodes du néolithique au XXe s., le musée Calvet, héritier des cabinets de curiosités de jadis, possède le fonds majeur concernant le vieil Avignon, ainsi que l’une des plus belles collections d’art français. Son statut même est particulier : musée municipal, il bénéficie du soutien d’un conseil d’administration dit Fondation Calvet, qui gère les revenus d’un patrimoine foncier important. Ce système, imaginé par Esprit Calvet en 1810, permet encore aujourd’hui l’acquisition d’œuvres d’art et la publication d’ouvrages scientifiques.

Le musée était jusqu’en 1984, géré avec la bibliothèque municipale. La séparation des deux institutions a ouvert depuis la possibilité d’un regroupement de toutes les œuvres du musée dans le seul hôtel de Villeneuve-Martignan. Les travaux en cours devant s’achever en 2006, une partie seulement des collections est visible : peintures, sculptures, objets d’art.

Des expositions temporaires sont organisées dans le musée, sur des thèmes en rapport avec ses collections.

Faïence d'IznikFaïence d'IznikFaïence d'Iznik

Aux œuvres offertes par de très nombreux donateurs (Esprit Calvet le premier, puis Esprit Requien, Edouard Raynolt, Marc Deydier, Noël Biret, Auguste-Louis Catelan, Joseph Rignault, Victor Martin et, aujourd’hui Marcel Puech) se sont ajoutées des acquisitions et des dépôts de l’Etat. De cet ensemble se dégagent plusieurs lignes de force.

En peinture, une présence remarquable des paysages, du XVIe s. au XXe s., parmi lesquels ceux de Jospeph Vernet et d’Hubert Robert ; un grand nombre de portraits XVIe – XVIIIe s. ; un fonds allant du néoclassicisme au romantisme où dominent David (La Mort de Bara) ; Horace Vernet (Mazeppa aux loups) ; C. Vernet (Carnaval romain) ; Géricault (Portrait de femme).

Les artistes de Provence sont bien représentés avec Simon de Châlons, Nicolas Mignard et son fils Pierre II Mignard, les Parrocel, Joseph Vernet déjà cité et, pour la période moderne, Auguste Chabaud. La peinture religieuse, encore peu visible, compte plusieurs tableaux provenant des églises d’Avignon, tandis que les plafonds de l’ancien Hôtel de ville peints par Philippe Sauvan, et des œuvres venues d’hôtels particuliers témoignent de la richesse des décors civils avignonnais.

Enfin, l’art italien est largement présent, tant dans les domaines de la peinture (Luca Giordano, Pietro Ricchi et l’étonnant trompe-l’œil d’Antonio Forbera : Le chevalet du peintre) que de la sculpture (Francesco Laurana, Giambologna).

Les Espagnols (Luis de Morales) et les écoles du Nord (Frans II Francken, Jan Cossiers) voisinent avec une belle série de natures mortes flamandes, françaises (Pierre Dupuis) ou italiennes. Enfin, les révolutions picturales du XIXe s., Chassériau (La Nymphe Endormie), Daumier, Corot, Manet (Nature morte au chapeau espagnol), Sisley (L'église de Moret), ouvrent la voie à des peintres plus radicaux encore : Vlaminck (Sur le zinc), Chaïm Soutine ou Albert Gleizes.
De Camille Claudel, le musée posséde le portrait de Paul Claudel en jeune romain.

En sculpture, outre les artistes italiens déjà cités, on remarquera un ensemble de bronzes du XVIe s. au XVIIe s., italiens ou nordiques (cercle d'Adrien de Vries), les quinze Tondi du Rosaire (Espagne, début XVIIe), un Saint-Jean (France XVe) ; le Portrait funéraire de Lord Inverness (Italie, fin XVIIe).

Dans la galerie Vernet sont présentés de beaux portraits sculptés par Jean-Baptiste II Péru, Boizot et Thorvaldsen. Pour le XIXe s., on remarquera la Tête d’Oreste par Francisque Duret, la Cassandre mourante de James Pradier.

Les donations faites par Marcel Puech en 1986, 1996, 1998, 1999 et 2000 sont présentées dans plusieurs salles : la collection d’orfèvrerie des XVIIe et XVIIIe s. compte des pièces françaises méridionales, parisiennes et espagnoles (aiguières, flambeaux de procession, fin XVIe). Dans la Méridienne voisine est présentée une banquette Louis XVI, une peinture d'Hubert Robert et deux bustes italiens du XVIIIe siècle, Cléopâtre et Lucréce.

Plus exposée, au rez-de-chaussée une tapisserie des Gobelins représentant Jason conquérant la Toison d’or, a été tissée d’après un carton de Jean François de Troy (dépôt du Mobilier national). Enfin, deux sculptures asiatiques (salle II) viennent l’une de Chine (Bodhisatva, XIVe) et l’autre du Cambodge (Tête Khmère, vers 1200).

Informations pratiques sur ce musée

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