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Le musée du Mont-de-Piété
 

et de la Condition des soies

Le Mont de Piété de la ville d’Avignon, ruiné par la révolution et la loi du 4 pluviose an II prescrivant les dégagements gratis, se trouvait au début du XIXème siècle, dans une situation financière déplorable.

Les administrateurs eurent alors l’idée, ingénieuse, d’établir une nouvelle institution publique qui répondrait à la fois à un besoin commercial et industriel local, ainsi qu’à la nécessité de trouver de nouvelles ressources pour assurer la continuité du prêt sur gage. C’est ainsi qu’avec le soutien actif de la municipalité Puy, ils instituèrent le 22 frimaire an X (12 décembre 1801) une condition publique des soies appelée à connaître un développement important.

Durant tout le XIXème siècle et jusqu’en 1928, la condition des soies d’Avignon –toujours administrée par le mont de piété à la différence des autres conditions françaises (Lyon, Saint Etienne, etc.) gérées par les chambres de commerce- assurera les diverses opérations de dessiccation et de titrage recherchées par les producteurs et les négociants locaux.

Installé primitivement dans l’ancienne chapelle du mont de piété, la condition des soies s’agrandira progressivement pour aboutir au grand bâtiment (1877) orné de deux belles façades, donnant l’une sur la rue de la Croix, et l’autre sur la cour du mont de piété, rue Saluces, et dû à l’architecte Boudoy.

Les collections du musée

En tout premier lieu, la grande salle où sont présentés l’ensemble des objets rappelant l’histoire et le fonctionnement du mont de piété et de la condition des soies est l’ancienne chapelle de la congrégation Notre dame de Lorette où les confrères se réunissaient périodiquement pour délibérer sur les affaires de l’institution. Due certainement à l’architecte Jean-Baptiste Franque, elle était alors décorée de grands tableaux (Mignard, Parrocel) qui sont aujourd’hui présentés dans le grand escalier (fermé au public).

Depuis la chapelle, on aperçoit la façade intérieure de la condition des soies (1877) ainsi que le rail et le chariot qui permettaient la livraison des ballots de soie.

Désaffectée après la révolution, la chapelle sera, dans la seconde moitié du XIXème siècle, aménagée en salle d’accueil pour les engagements et dégagements. Une grande imposte percée à l’origine de quatre ouvertures, permettait d’accéder à ces différents services ainsi qu’à l’appréciateur, personne chargée de l’évaluation des objets pour déterminer le montant du prêt consenti.

Les documents et objets présentés, concernant plus particulièrement le mont de piété, permettent au visiteur de comprendre et de retracer l’histoire de cette vénérable institution. Les anciens catalogues de confrères, poursuivis au XIXème siècle, par les listes des administrateurs, restituent la composition de l’institution.

Le plus ancien d’entre eux est orné d’une petite peinture sur bois représentant une annonciation, l’un des thèmes iconographiques favoris que l’on retrouve dans les divers décors de l’établissement. Ces listes permettent de retrouver les noms de l’aristocratie ou de la bourgeoisie avignonnaise traditionnellement présente dans ce type d’institution. On retrouve également d’autres personnages représentatifs de ces groupes sociaux dans les nombreux donatifs (toiles peintes ou plaques de marbre) exécutés pour célébrer le souvenir de leur générosité. Parfois les plus hauts personnages y apparaissent comme l’empereur napoléon III, l’archevêque de Marinis ou la duchesse de Berry. Les plus généreux voyaient d’ailleurs leurs portraits orner la salle du Conseil d’Administration.

Certaines pièces d’archives comme la bulle d’érection de la congrégation Notre-Dame de Lorette en mont de piété (1610), le Grand Livre récapitulatif des titres de l’institution (très belle reliure du XVIIIème siècle), les registres d’engagement et dégagement qui détaillent les «clients » et la nature des objets déposés, ou les plans d’aménagement des magasins du mont de piété au XIXème siècle, donnent au visiteur une certaine idée de la qualité du fond d’archives de l’établissement, archives conservées dans le bâtiment lui-même.

Enfin, certains objets très particuliers comme un chariot de transport des gages ou le drap mortuaire des administrateurs illustrent à la fois le fonctionnement de l’établissement et la grande dignité dont se paraient les responsables jusqu’aux derniers instants de leur existence. A ce propos on notera sur le drap mortuaire, les quatre écussons brodés à l’or représentant les armoiries de la Ville, l’Ecce homo (également sculpté sur les façades du mont de piété et de la condition des soies), mais surtout une annonciation surmontée de la Sancta Casa (maison de la vierge portée par les anges et déposée dans le village de Lorette, en Italie, où on peut encore l’admirer).

Informations pratiques sur ce musée

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