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Le pont Saint-Benézet
 


L’examen des textes, y compris des récits légendaires, et les études archéologiques ont permis de retracer, petit à petit, l’histoire d’un pont fameux depuis ses origines. Les quatre arches et la chapelle que l’on peut voir actuellement sous les vestiges d’un pont qui comportait 22 arches, mesurait plus de 900 mètres, et qui connut bien des vicissitudes.

Il est vraisemblable qu’à l’origine, un pont, dont le souvenir s’est perdu, avait été construit à l’époque romaine. En 1177, la base des piles antiques servait d’assise à de nouvelles piles de pierre surmontées d’un tablier de bois. La construction du nouveau pont fut rapide, puisqu’en janvier 1186 on établissait les droits à percevoir sur les marchandises en le traversant.

Pour une ville en plein essor, l’utilité économique d’un pont - le seul, à cette époque, qui existait sur le Rhône, entre Lyon et la mer - était évidente. C’est cependant une préoccupation pieuse qui anima la confrérie de l’œuvre du Pont et son fondateur Bénezet, pour le lancement de cette entreprise : celle-ci comprenait, outre la construction du pont, l’établissement d’une église avec un cimetière et d’un hospice. C’est le grand mérite de Bénezet d’avoir su, malgré ses origines modestes, susciter des dons abondants et gérer les débuts d’une petite communauté de laïcs charitables qui devait continuer à subsister tant bien que mal après sa mort (1184) et jusqu’à la fin du XIVe siècle.

Cependant, dès la fin du XIIIe siècle, la ville avait pris en charge la gestion de l’édifice, le service religieux fut assuré par l’église Saint-Agricol en 1321, et l’hôpital, dont les bâtiments furent détruits en 1398, avait été remplacé, dès 1370, par un hôpital voisin absorbé par l’œuvre du Pont qui fonctionna jusqu’en 1796. Le pont de Bénezet fut complété par la construction d’une chapelle sur une des piles où Bénezet a été enseveli.

Lors du siège d’Avignon par les troupes du roi Louis VIII, en 1226, le pont fut démoli en des circonstances et dans des proportions que nous ne connaissons pas. Les travaux, vite entrepris, aboutirent à un pont de pierre dont le tablier était nettement plus élevé que celui du précédent. On construisit donc, au-dessus de la chapelle Saint-Bénezet, une chapelle Saint-Nicolas pour la confrérie des Nautoniers. Cette chapelle fut encore agrandie au début du XVIe siècle.

Le pont lui-même, en butte aux crues violentes du Rhône, souffrit constamment de dégâts et fut remanié et réparé à grands frais jusqu’en 1668. Puis on renonça à le réparer ; ses arches disparurent progressivement. En 1674, le corps de Saint-Bénezet fut transféré au couvent des Célestins. Ce qui reste de ses reliques, profanées et dispersées pendant la Révolution, a été transféré dans l’église Saint-Didier en 1854.

Si l’histoire du pont est maintenant à peu près établie, il n’en reste pas moins que la légende de Bénezet ne peut en être dissociée. C’est au milieu du XIIIe siècle que la légende de Bénezet se fixe et se répand grâce aux quêteurs de l’œuvre du Pont qui la lisaient en chaire en vue d’obtenir des fonds. Selon ces récits, Bénezet, jeune berger originaire de l’Ardèche, entendit en 1177 la voix du Christ lui ordonnant d’aller construire un pont sur le Rhône.

Guidé par un ange, il arriva sur la rive droite du Rhône que lui fit traverser un batelier à qui il donna les trois dernières pièces de monnaie qu’il possédait. Bénezet annonça alors sa mission à l’évêque d’Avignon qui le prit pour un simple d’esprit et l’envoya vers le juge. Celui-ci, pour le mettre à l’épreuve, lui désigna une énorme pierre, déclarant que s’il était capable de la porter, il le croyait capable de construire le pont. Bénezet souleva la pierre et la déposa dans le fleuve au départ du futur pont. Aussitôt, les aumônes affluèrent et sa construction fut décidée. Bien qu’il n’y eut jamais officiellement de canonisation, Bénezet fut qualifié de saint dès le début du XIIIe siècle et son culte se répandit, son iconographie le représentant le plus souvent avec la pierre sur l’épaule.

La célèbre chanson Sur le pont d’Avignon… dont on ne connaît pas l’origine, a été popularisée par Adolphe Adam qui en a remis la mélodie à l’honneur dans son opérette Le Sourd ou l’Auberge pleine en 1853.

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