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Promenade des Doms
   


De la place du Palais au Palais de la Commune

La promenade des Doms offre un circuit des principaux monuments de la ville. Elle ceinture le vieux cœur historique inscrit par l’Unesco sur la liste du Patrimoine de l’humanité lors de la convention de Berlin en décembre 1995. En l’empruntant vous partez à la découverte d’un des plus beaux sites du monde, désigné il y a quelques années par un architecte en chef des Monuments historiques comme l’ " Acropole avignonnaise ".

Place du Palais
La place du palais s’impose comme l’ensemble architectural le plus remarquable de la ville. Son caractère d’exception, dû davantage au hasard qu’à une volonté urbanistique, l’a rendu digne de figurer parmi les sites classés par l’Unesco. Elle est dominée par la longue façade du Palais des Papes et la cathédrale Notre-Dame-des-Doms. A l’ouest, l’imposante façade à l’ornementation démesurée de l’hôtel des Monnaies (construit sous la légation du cardinal Borghese en 1619), voisine avec des maisons dans lesquelles s’enchâssent parfois quelques traces architecturales de l’activité passée, telle la tour de l’Officialité. Au nord, la place se clôt sur l’élégante façade Renaissance du Petit Palais. Une promenade au jardin des Doms qui surplombe la place s’impose pour apprécier cet ensemble.

Hôtel des Monnaies
Conservatoire de musique Olivier Messiaen
L’Hôtel des Monnaies constitue le premier monument baroque civil d’Avignon. Une large inscription nous apprend qu’il a été édifié en 1619 par le vice-légat Jean-François de Bagni (1614-1621) et qu’il est dédié au pape régnant Paul V.
Le rez-de-chaussée, en bossages, est percé d’une porte centrale et de quatre fenêtres. Le reste de la façade, totalement aveugle, présente un décor sculpté démesuré. Au-dessus de la dédicace, portées par des anges, figurent les
armoiries de Paul V surmontées de la tiare pontificale. Ce sont celles de la famille Borghese, dont les meubles, l’aigle et le dragon se trouvent déclinés de part et d’autre sur d’énormes guirlandes de fruits ou juchés sur la balustre sommitale.

Il est probable que le vice-légat voulait également honorer le légat d’Avignon en titre, Scipion Caffarelli (1607-1621), neveu du pape, désigné communément sous le nom de cardinal Borghese. Les archives de la vice-légation ayant été détruites, on ne sait rien de l’auteur de " la plus italienne des façades d’Avignon " (J. Girard) qui transpose Rome sur les rives du Rhône. Depuis 1860, il abrite le conservatoire de musique auquel on a donné le nom d’Olivier Messiaen (1908-1992) pour rendre hommage à cet avignonnais, l’un des plus célèbres du XXe siècle.

Hôtel Calvet de la Palun
Cet hôtel ferme la place du Palais au sud. Sa date de construction, 1789, en fait l’un des derniers hôtels construits dans l’Avignon propriété pontificale. Dessiné par Jean-Pierre Franque, il "constitue une excellente réminiscence du château du Petit Trianon" (A. Breton).
En empruntant soit les escaliers, soit les rampes goudronnées, nous parvenons devant le Palais Vieux, en retrait. Une petite porte donne accès aux archives départementales.

Archives départementales
A l’origine des archives départementales, se trouve la volonté révolutionnaire de rassembler au siège des administrations départementales nouvellement créées l’ensemble des documents nécessaires à leur bon fonctionnement et à l’application uniforme des lois sur le territoire français.
Nées le 26 octobre 1796, les archives départementales furent constituées des fonds des établissements supprimés, administratifs, judiciaires ou religieux, ainsi que des papiers confisqués sur les émigrés et des archives des nouvelles institutions départementales. C’est ainsi qu’en Vaucluse, on conserve les chartes de l’évêché d’Avignon, les archives de l’université d’Avignon, le fonds de la famille Galéans-Gadagne comme le Journal officiel, les registres d’état civil comme les archives des services du conseil général et du préfet.

Installées au Palais des Papes en 1882, sur le site de l’ancienne prison restauré par l’architecte en chef Révoil, les archives de Vaucluse se développent au nord et à l’ouest du cloître de Benoît XII et dans les deux tours de la Campane et de Trouillas. Bien que refermant d’intéressants vestiges du Palais Vieux, tels les peintures décoratives couvrant les murs de la galerie septentrionale – occupée par des bureaux – ou une curieuse cheminée dans la tour de la Campane, elles ne se visitent pas pour des raisons de sécurité due à ces documents. Elles ne sont partiellement accessibles qu’aux chercheurs fréquentant la salle de lecture, située dans la galerie accolée à l’aile des Familiers, ou encore aux classes scolaires reçues par le service éducatif.

Toutefois, lors des journées du Patrimoine, un circuit est organisé qui permet aux curieux de pénétrer dans deux salles de conservation et surtout dans la première chapelle du palais, dite de Benoît XII. Celle-ci était autrefois charpentée en vaisseau renversé, mais elle fut dotée d’une voûte au XIXe siècle qui constitue une composition particulièrement spectaculaire par ses vastes dimensions et son aménagement accueillant 2,5 kilomètres linéaires d’archives anciennes. Dans la salle d’entrée, des expositions temporaires d’archives sont régulièrement proposées, ouvertes à tous les publics.

Par quelques degrés supplémentaires, nous atteignons la cathédrale dont le parvis est en grande partie occupé par le calvaire dû à Baussan, érigé en 1819.

Cathédrale Notre-Dame-des-Doms
La cathédrale Notre-Dame-des-Doms – aujourd’hui basilique métropolitaine – occupe une position privilégiée sur le rocher qui surplombe la boucle du Rhône. Sa silhouette se détache nettement de la masse voisine du Palais des Papes, tout en s’harmonisant bien avec elle grâce aux proportions de son clocher carré. Implanté à l’ouest, celui-ci tient lieu de façade, d’autant mieux que l’édifice est d’une étroitesse renforcée par l’absence de transept. Erigée en 1859, au sommet du clocher, et tout récemment redorée, une statue en plomb de la Vierge est visible des différents points de la ville qu’elle protège de ses bras étendus.

La première mention de Notre-Dame-des-Doms remonte à 1037 ; un chapitre de chanoinesse attesté en 1096. Cependant on considère que l’édifice actuel n’a été construit qu’au XIIe siècle, en trois phases successives. Des premières années du siècle dateraient le clocher et la nef ; quelques décennies plus tard, on aurait ajouté une coupole à lanternon à l’avant du chœur ; dans la seconde moitié du siècle le porche aurait été plaqué contre la façade. Par son dessin comme par sa décoration (chapiteaux, frise), ce porche montre à quel point l’architecture antique, très présente encore dans la région, a influencé le roman provençal. Au cours des deux derniers siècles du Moyen-Age, la cathédrale est agrandie par l’ouverture de chapelles latérales sur son flanc nord et les parties hautes du clocher reconstruites.

Ultérieurement, la seule modification importante a été apportée en 1671-1672 à la demande du chapitre trop à l’étroit dans le chœur : l’architecte Royers de la Valfenière fils construisit une nouvelle abside et François Delbène fit courir des deux côtés de la nef une étroite tribune ; les formes arrondies de ses balcons se marient au plein cintre des arcs romans. Il subsiste trois pièces du mobilier primitif roman : deux autels, l’un parallélépipédique, orné d’une frise sculptée (dans le chœur), l’autre tabulaire (première chapelle nord) et une rare chaire épiscopale en marbre blanc ; le lion de saint Marc et le taureau de saint Luc, taillés en bas relief, occupent tout le champ des côtés du siège.

La fin du Moyen Age est représentée par différentes peintures murales, situées dans le porche (dessins préparatoires, directement sur la pierre, par Simone Martini v. 1340 : Christ bénissant et Vierge d’humilité), dans le narthex (Allégorie de la mort, v. 1320 ; Baptême du Christ, v. 1425), dans le local adjacent (Travaux des saisons) et dans le tambour de la coupole (Vierge assise, v. 1410). Du XVIe siècle on retiendra surtout deux sculptures : un Christ aux outrages en pierre polychrome et un Christ bénissant en pied.

Peintre en vue dans l’Avignon du milieu du XVIIe siècle, Nicolas Mignard a signé cinq des tableaux de la cathédrale ; la dynastie des Parrocel, active au siècle suivant, est également présente. Le XIXe siècle a légué le décor de la chapelle du Saint-Sacrement dû à Devéria : commencé selon la technique de la peinture murale à la cire, il fut terminé – à la suite de la maladie de l’artiste – par de grandes toiles réalisées en atelier.

Trésor de la cathédrale
La chapelle construite par le pape Jean XXII pour y placer son tombeau, abrite un trésor riche de nombreux ornements liturgiques et de vases sacrés. Les orfèvres avignonnais et provençaux des XVIIe et XVIIIe siècles, parisiens et lyonnais du XIXe siècle, sont bien représentés, tandis qu’un rare ensemble d’orfévrerie espagnole du XVe au XVIIIe siècle provient d’une donation récente. A l’occasion de cet aménagement, le tombeau à baldaquin de Jean XXII, exécuté par un lapicide anglais vers 1320, a été nettoyé et remis à son emplacement d’origine. Dans la sacristie contiguë, de nombreux reliquaires surmontent les placards. Ces derniers sont l’œuvre d’un menuisier, puis homme politique comtadin, Agricol Perdiguier, rendu célèbre par ses Mémoires d’un compagnon (1854), de même que le grand chapier (armoire où l’on renferme les chapes) articulé, encore en fonction.

Sur l’esplanade, à l’entrée du jardin du Rocher des Doms, se trouve le monument aux morts de la ville, réalisé par le dignois Louis Bottinelli en 1924. Nous redescendons sur la place par les allées du jardin pour nous rendre au Petit Palais.

Devant le Petit Palais, en contrebas de la place du Palais, la rue Vieille-Juiverie évoque le souvenir de l’ancienne "Carrière des Juifs" transférée en 1221 dans la paroisse Saint-Pierre. Nous revenons à la pittoresque rue Pente-Rapide au bas de laquelle, à l’angle de la rue du Puits-de-la-Reille, se situe la maison de Jean Sudre édifiée par François de Royers de la Valfenière et Jean d’Elbène en 1661. Au sortir du passage couvert, la Maison du Pagadour, mot provençal désignant le payeur de la légation d’Avignon, occupe l’angle de la rue du Vieux-Sextier et de la rue du Pont. Après avoir traversé la rue du Limas et emprunté la rue Courte-Limas nous sortons des remparts par la poterne Georges Pompidou située à notre gauche.

Nous longeons ces remparts vers la droite jusqu’à la porte du Rhône, nous pénétrons en ville et par la rue Ferruce, en tournant à gauche, nous regagnons l’entrée du pont.

De la salle d’accueil du pont nous montons au Rocher des Doms en passant sur les remparts et en traversant la tour des Chiens ainsi nommée pour avoir accueilli la fourrière. A mi-parcours, de grandes baies vitrées signalent la présence des salles Jeanne Laurent, salles de réceptions et de congrès aménagées dans les anciens réservoirs d’eau de la ville. Nous accédons ainsi aux belvédères qui offrent un large panorama sur le pont, le Rhône, Villeneuve-lès-Avignon, ainsi que sur les Cévennes et les Préalpes du Sud lorsque le temps est favorable. Villeneuve-lès-Avignon, sœur médiévale d’Avignon, est née du puissant fort Saint-André qui abritait l’abbaye bénédictine du même nom et de sa position de tête de pont à la frontière du royaume. Sur le Rhône, l’île de la Barthelasse étale un tapis de verdure sur plus de 700 hectares constituant en cela la plus grande île fluviale de France.

Rocher des Doms
Le Rocher des Doms, berceau de la ville d’Avignon, a été occupé de manière régulière depuis la fin du néolithique – sur ses pentes, a été mise au jour une exceptionnelle stèle anthropomorphe (musée Calvet). Abri et refuge pour les Avignonnais, dotée d’une forteresse à l’époque romaine et durant le haut Moyen Age, la plate-forme du Rocher verra s’ériger par la suite, cimetières, chapelles, croix et moulins. Au XVIIIe siècle de grandes rampes permirent d’y accéder.
Le Rocher des Doms est référencé sur le Guide des Parcs et Jardins de France -
www.jardinez.com-

En 1831, ont débuté les premiers travaux d’aménagement du Rocher en jardin, poursuivis tout au long du XIXe siècle. C’est durant le Second Empire que le jardin prendra véritablement un nouveau visage avec la création d’un bassin et de nouvelles plantations issues notamment de l’ancien jardin des Plantes.

Promenade agréable et très recherchée, jardin soigné et orné de nombreuses statues au début du XXe siècle (Jean Althen, La Vénus aux hirondelles, les bustes de Félix Gras, Paul Saïn et Paul Vayson…), le Rocher des Doms remplit également des fonctions essentielles comme en témoigne l’implantation des réservoirs d’eau de la ville sur ses espaces latéraux. En 1924 fut inauguré le Monument aux Morts du sculpteur Bottinelli et, cinquante ans plus tard, est créée la grande esplanade couvrant les nouveaux réservoirs, glacis d’où l’on a un point de vue unique sur le Rhône et sa vallée. Lieu très venté, d’agrément, de recueillement et de souvenir, le Rocher des Doms a toujours été un lieu apprécié des Avignonnais - notamment lorsque avait sévi la peste – en raison de l’air pur qu’on peut y respirer.

Après avoir traversé le jardin et nous être arrêté au chevet de la cathédrale pour admirer les vieux toits d’Avignon, nous redescendons vers la ville par les escaliers Sainte-Anne. Au bas des dernières marches, nous prenons à droite pour aller rejoindre le verger d’Urbain V par l’ancienne Manutention militaire aujourd’hui consacrée au cinéma, au jazz, à la danse et à des ateliers d’art. Les jardins du Palais, le jardin de Benoît XII surplombant le verger d’Urbain V, s’étendent au pied de la façade orientale dont on peut admirer ici le plein développement. Cette façade, avec ses puissantes tours, est sans doute la plus majestueuse du palais pontifical.

De droite à gauche on découvre la tour de Trouillas, la plus haute, la tour des Latrines, la tour des Cuisines avec son immense cheminée pyramidale, la tour Saint-Jean, la tour des Etudes, la tour du Pape ou des Anges et la tour de la Garde-Robe. Au sortir du jardin nous prenons à droite la rue du Vice-Légat qui nous améne sur la place de la Mirande.

Hôtel de Vervins
2, place de la Mirande
Sur cet emplacement s’élevait la livrée cardinalice de Saint-Martial. Elle passa vers la fin du XVIIe siècle dans les mains de Pierre de Vervins, auditeur général de la légation d’Avignon, qui décida de faire bâtir l’hôtel actuel. Le prix-fait date de 1687 sur des plans dessinés par Pierre II Mignard. Le bâtiment constitue en cela le jumeau de l’hôtel de Madon de Châteaublanc voisin. Les mêmes éléments y sont employés, mais organisés de telle sorte que les deux façades apparaissent comme différentes.

Celle de Vervins présente une porte en avant-corps encadrée de chaînes de refends, utilisées également pour les angles. Les fenêtres du rez-de-chaussée sont en arc segmentaire, celles de l’étage noble sont rectangulaires et surmontées de tables comportant des médaillons encadrés de palmes. Au-dessus de la baie centrale, dont la corniche est en arc surbaissé, figure une tête d’Apollon radié. L’hôtel de luxe qui l’occupe aujourd’hui, après restauration et transformation, a pris le nom de la place publique où il se situe, ainsi que celui d’une ancienne salle d’apparat du palais des légats : la Miranda (1518).

Palais de la Commune
Avec la construction du pont et celle des remparts, l’érection d’un Palais de la Commune, au début du XIIIe siècle, symbolisait la puissance et l’indépendance de la ville. A l’époque de sa construction, un donjon, au sud du palais épiscopal, abritait les activités des consuls ou des podestats ; le juge communal y rendait justice. De cette époque date le tympan de pierre représentant un chevalier précédé d’un chien et suivi d’un homme à pied. Trouvé dans les vestiges du palais communal, il est actuellement conservé au musée du Petit Palais.

Le Palais communal devint palais comtal après la chute de la Commune en 1251 et jusqu’à l’achat de la ville par le pape, en 1348. Transformé, au XIVe siècle, en palais du maréchal de la cour romaine, puis en maison du camérier du pape au siècle suivant, l’édifice devint ensuite le siège de la vice-gérence, tribunal de la cour apostolique, qui y demeura jusqu’à la Révolution. Il est actuellement propriété privée.

Au pied de l’imposante tour Saint-Laurent qui occupe l’angle méridional du Palais des Papes, nous nous engageons dans la rue Peyrolerie, les peyroliers désignant autrefois dans le parler local les chaudronniers. Taillée dans le rocher, dominée de chaque côté par des murs impressionnants, enjambée par un puissant contrefort, c’est une des plus curieuses rues de la ville.

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La chapelle du pontHôtel Vervins
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