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Promenade des Doms Promenade Joseph-Vernet Promenade des Teinturiers Promenade de la Carreterie Autour d'Avignon |
Promenade Joseph Vernet | ||||
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La promenade Joseph Vernet, tracée dans la partie occidentale de la ville, tient son nom du peintre le plus célèbre dAvignon connu pour ses marines, sa série des Ports de France, et qui réalisa presque toute sa carrière au service du roi. Elle séquilibre autour de lartère qui lui est dédiée et quelle emprunte dans sa plus grande longueur. Placé sous le signe de lart, ce parcours sattache à relier la plupart des musées.
Sous la place actuelle, le théâtre et l'Hôtel de Ville sétendaient à lépoque romaine, le forum antique. Simple carrefour durant le haut Moyen Age, cest néanmoins là que se tenait le marché principal de la ville avec sa boucherie et son herberie. Lorsquen 1447 les consuls installèrent la maison commune dans les anciens bâtiments de la livrée dAlbane, le besoin se fit très vite sentir délargir la place. Le chantier qui débuta alors allait durer jusquà la fin du XIXe siècle. Le dégagement des abords de la maison commune dans la deuxième moitié du XVe siècle commença à structurer plus lisiblement la place. A la fin du XVIIe siècle, la vieille boucherie était remplacée par un nouvel édifice dû à Pierre Mignard, mais détruit soixante ans plus tard. Cest sur un projet dembellissement de Jean-Baptiste Franque, qui reçut alors un début dexécution, que la place sélargit encore au XVIIIe siècle. De 1791 à 1793, quelques maisons étaient abattues au sud, et la place fut baptisée " Place de la Révolution ". En 1823, on détruisit lancien couvent Saint-Laurent pour construire à cet endroit le nouveau théâtre ; trente ans plus tard, le nouvel hôtel de ville fut élevé à ses côtés. Le second Empire et la Troisième République donnèrent à la place son aspect définitif par lalignement des immeubles au sud aboutissement de la nouvelle percée haussmannienne , la plantation de platanes en 1860 et lérection en 1891, du monument commémoratif du rattachement dAvignon et du Comtat Venaissin à la France, dû au sculpteur Félix Charpentier (aujourdhui aux allées de lOulle). Le déplacement de ce monument et la destruction de lîlot au nord de la place, ont altéré cependant son harmonie générale.
Cest en 1447 que les consuls dAvignon rattachèrent aux bénédictines de Saint-Laurent le bâtiment gothique de lancienne livrée dAlbane pour en faire la maison commune et transformer la tour de cette livrée en beffroi ; mais ce nest quau XIXe siècle que le conseil municipal décide de doter la cité dun véritable hôtel de ville. Cest larchitecte de la ville, Joseph-Auguste Joffroy, qui en dessina les plans. Pour rehausser la façade qui manquait de relief, larchitecte Feuchères y ajouta un balcon porté par des colonnes corinthiennes et augmenta le nombre de colonnes à l’intérieur du péristyle.
La municipalité Pourquery de Boisserin décida lembellissement de lhôtel de ville par la décoration de la salle des fêtes confiée à un ornemaniste de Montpellier, Edouard Lefèvre, et à des peintres locaux (Meisonnier, Jules Flour, Lina Bill, Clément-Brun). Les quatre groupes de personnages entourant les portes dhonneur et celui des Lutteuses sont dus au ciseau de Félix Charpentier le dernier surmonte la cheminée monumentale de cette immense pièce de plus de quatre-vingt mètres de long. En 1978, lannexe de lhôtel de ville était aménagée rue Racine, derrière limmeuble. Elle a été construite sur lemplacement de ce qui avait été au début du XIXe siècle, le local des Amis du roi et, à partir de 1840, lancienne gendarmerie dAvignon.
Les armoiries sculptées et peintes à une clef de voûte attestent de lidentité du constructeur, le cardinal Audoin Aubert, neveu du pape Innocent VI. Elevée après 1352 (et avant 1363), la tour du jacquerie conserve sur deux niveaux des restes de décor peint (fausses tentures, rinceaux). Des culots sculptés et deux carrelages vernissés remontent également à lorigine de la construction. Linstallation de lhorloge (qui a donné à la tour lun de ses vocables, et son nom à la place) et dun premier jacquemart (remplacé par les actuelles statues de bois peint) remonte à 1471.
Avignon entretient avec le théâtre et lopéra des rapports très particuliers. Le goût de la musique y est répandu depuis au moins le XIVe siècle et les activités du théâtre municipal, au XIXe siècle, ont joué un rôle essentiel dans la vie locale. Nutilisant que des salles de fortune, des jeux de paume souvent transformés pour la circonstance, ce nest quen 1732, à laide de fonds privés, quune société fit édifier la première comédie (place Crillon). Au XIXe siècle, cette salle étant jugée trop petite et inadaptée, la ville décida la construction dun nouvel édifice sur lemplacement de lancien couvent des dames de Saint-Laurent. Cette première construction achevée en 1825, présentait une façade plate de style gréco-romain formée de deux colonnades superposées et surmontées de huit statues allégoriques ; elle était luvre de deux architectes dAvignon, Bondon et Frary. Elle fut détruite par un incendie en 1846 Franz Liszt y avait donné un concert quelques mois plus tôt. Une nouvelle construction fut alors immédiatement entreprise et confiée à deux architectes : Théodore Charpentier, de Lyon, et Léon Feuchères de Nîmes. Terminé en 1847, cet édifice possède une grâce certaine et participe fort bien au dessin général de la place de lHorloge. Une grande arcade occupe le premier étage, surmontée dun tympan décoré en son centre dune tête dApollon. Elle domine toute la façade et sappuie sur lavant-corps du péristyle rythmé par une série de colonnes séparant trois arcs en plein cintre. Sous larc, deux enfants couchés entourent les armes de la ville. Au-dessus des deux portes latérales qui donnent sur la loggia, des médaillons représentent Pétrarque et le roi René. Au pied de lédifice, de part et dautre du grand escalier, deux grandes statues figurant Molière et Corneille assis dans un fauteuil sont les seules uvres dues à des sculpteurs locaux, les frères Brian. Les originaux (aujourdhui au Thor) ont été remplacés au début du XXe siècle par des copies réalisées par le sculpteur avignonnais Jean-Pierre Gras.
En contournant l'Hôtel de ville, nous rejoignons le chevet de l'église Saint-Agricol. Les vestiges en contrebas sont les soubassements d'importants édifices romains, bordant le forum, mis au jour en 1977 lors des terrassements nécessaires à la construction de l'annexe de la mairie. Nous revenons sur la place de l'Horloge. Au bas, à droite, s'ouvre la rue Saint-Agricol au début de laquelle nous empruntons la petite rue Emile-Espérandieu pour nous rendre au Palais du Roure. Nous rejoignons la place de la Préfecture par la rue Collège-du-Roure.
Depuis 1822, la préfecture de Vaucluse est installée dans lhôtel de Forbin de Sainte-Croix. Sur cet emplacement, à la fin du XVe s., le cardinal Julien de la Rovere, futur Jules II, avait fondé dans lancienne livrée de Poitiers, le collège du Roure réuni en 1709 au collège dAnnecy. Lhôtel est élevé à partir de 1718 par larchitecte J.-B. Franque. On remarque la belle porte à double vantaux réalisée par Thomas Lainée et les ferronneries dorigine à létage noble. En vis à vis se trouve lhôtel Desmarets de Montdevergues qui abrite depuis la fin du XIXe s. le conseil général de Vaucluse. Limmeuble, édifié en 1710 par F. et J.-B. Franque, a vu sa façade refaite en 1755 par François II Franque. Le décor du grand fronton triangulaire présente des oiseaux des marais, armes parlantes des Desmarets de Montdevergues, propriétaires en 1785. Une incursion dans la rue Dorée, à gauche de l'hôtel du Département, nous permet d'aller voir l'hôtel de Sade.
Lhôtel de Sade, du nom de ses premiers propriétaires, est rebâti par Thomas de Gadagne en 1536 et 1537. Il revient à la famille de Sade entre 1741 et 1766. Abusivement restauré au XIXe s. et au XXe s., il abrite divers services municipaux avant dêtre remplacés par ceux du Conseil général. En face, le Département a fait réaliser en 2000, par Agnès Saint-Gal de Pons, un décor peint monumental évoquant les papes dAvignon daprès des tableaux dHenri Serrur exécutés en 1839. Clément V sinstalle à Avignon en 1309. Jean XXII réaménage le palais épiscopal. Benoît XII édifie le Palais Vieux et Clément VI, qui achète la ville à la reine Jeanne de Naples en 1348, le Palais Neuf. Innocent VI et Urbain V élèvent les remparts. Grégoire XI ramène la papauté à Rome en 1376. Clément VII et Benoît XIII se succèdent encore à Avignon lors du Grand Schisme. Revenu sur la place de la Préfecture nous prenons au bas, à gauche, la rue Bouquerie pour parvenir au Plan de Lunel. Au n°1 nous rouvons le très bel hôtel de Laurens dont la modernisation de la façade et le magnifique escalier furent réalisés entre 1678 et 1683, vraisemblablement par Louis-François de la Valfenière ; au n°4, l'hôtel d'Ancezune, fondatrice du Noviciat des Jésuites. La rue Petite Calade où nous nous engageons porte encore le nom du pavage en galets du Rhône, la calade, employé depuis le XIIIe siècle à Avignon. Notre parcours se poursuit en prenant, à droite, la rue Félix-Gras. Nous longeons bientôt le mur de la chapelle des religieuses dominicaines de Sainte-Praxède édifiée en 1430. Au bout de la rue, nous parvenons à l'église Saint-Agricol.
Agricol, fils de saint Magne, évêque dAvignon entre 650 et 660, lui succéde sur le trône épiscopal de 660 à 700. Ce saint évêque, qui aurait donné sa maison pour établir une église en ce lieu, est élu comme lun des patrons de la ville en 1647. Le pape Jean XXII fait reconstruire lédifice et lérige, en 1322, en collégiale. A la fin du XVe s., une importante campagne de travaux voit la reprise des voûtes et ladjonction dune travée. La nouvelle façade, ornée dun gable en accolade typique du gothique provençal, est agrémentée dune Visitation, statues réalisées par le sculpteur lorrain Ferrier Bernard. Lintérieur abrite un grand retable de style renaissant sculpté par Imbert Boachon en 1525 pour les Doni, une belle chapelle réalisée par J.-B. Péru en 1703 pour les Brantes et divers tableaux des meilleurs peintres dAvignon.
A deux pas de lancienne librairie Roumanille, fondée par le félibre Joseph Roumanille, se trouve la chapelle des Templiers, seul vestige de la commanderie des chevaliers de lOrdre du Temple qui se sont établis à Avignon à la fin du XIIe s. Cette chapelle, édifiée en 1273, est composée dune nef unique sur quatre travées dogives. Elle est considérée comme le plus ancien édifice gothique du Midi de la France. Après la dissolution de lOrdre par Clément V, en 1312, lensemble des bâtiments est attribué aux hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Au XIXe siècle, lancienne commanderie, devenue lhôtel du Louvre, appartient au félibre Anselme Mathieu. Le Félibrige, fondé en 1854 par un groupe de poètes provençaux ralliés autour de Frédéric Mistral pour le maintien de la langue et des traditions du pays dOc, y organise de mémorables banquets. La rue Petite-Fusterie où nous pénétrons possède de nombreux hôtels particuliers. Au n°3, lhôtel Isnard ; au n°2, lhôtel de Brantes, de la fin des années 1680, et qui pourrait être de Pierre II Mignard. Aux n°17-19, lhôtel de Tonduty-Lescarène et, au n°21, lhôtel de Saint-Priest, édifié après 1760 par Jean-Baptiste II Péru. Dans la Rue Saint Etienne où nous arrivons, se dresse face à nous la maison du notaire Cairanne, réalisée en 1748 par Jean-Baptiste et Jean-Pierre Franque. De lautre côté de la Rue, au n°17, sélève lhôtel de Pertuis de Montfaucon érigé en 1784. Le n°18 est occupé par loriginale maison aux ballons dans laquelle Joseph de Montgolfier aurait conçu lidée de laérostat en faisant sécher sa chemise sur un feu. Quelques mètres plus loin une façade gothique, signale la maison des Forli édifiée dans la seconde moitié du XVIème s. Nous prenons, à droite, la rue de la Grande Fusterie. Aux n°8-10, lhôtel de Tertulle, bâti au XVème s. par un ami du roi René, fut reconstruit en partie par Jean-Baptiste Franque en 1740. Au n°29, nous remarquons la façade gothique de lancienne hôtellerie du Chapeau-Rouge connue au XIVème s. Nous tournons deux fois à gauche en prenant la rue Limasset, puis la rue du Limas (lat. Limaceus, boueux). Ce quartier sest édifié dans lancien lit du Rhône au pied des remparts ; très tôt sy installèrent les fustiers qui y débitaient le bois de construction et de charpente arrivant à Avignon par flottaison. La place Crillon où nous arrivons est dédiée à un héros avignonnais, le brave Crillon. Elle a également porté le nom de Place de la Comédie. Elle souvre sur le Rhône par une brèche qui a remplacé, en 1900, la porte de lOulle réédifiée par Jean-Baptiste Franque en 1785. Cest dans lhôtel du Palais-Royal, actuel n°21, que fut assassiné en 1815 le maréchal Brune. Jusquau XVIIIe s, Avignon na pas de théâtre et les représentations sont habituellement données dans des jeux de paume. Celui qui a appartenu au peintre Nicolas Mignard seffondre en 1732. Aussitôt une société par actions se forme afin de construire une véritable salle de spectacle. Elle acquiert lancien jeu du Mail, fréquenté par Louis XIV lors de sa venue à Avignon en 1660, et confie à Thomas Lainée le soin den établir les plans.
Première salle « à litalienne » dAvignon, elle est utilisée jusquà lédification dun nouveau théâtre, place de lHorloge, en 1825. Par la rue Folco-de-Baroncelli nous rejoignons la rue Joseph-Vernet. Langle est marqué par une demi-tour ronde portant un il-de-buf de style Renaissance. Cette rue des XVIIème et XVIIIème s. épouse le tracé de lenceinte des XIIème et XIIème et occupe les lices ménagées entre deux lignes de remparts. Elle présente un nombre considérable de demeure aristocratiques. Aux n°7-9 et 11 nous admirons la seconde façade, toute déquilibre, de lhôtel de Tonduty-Lescarène. Datée des années 1680, elle peut être attribuée à Pierre II Mignard. Nous nous arrêtons ensuite aux n°21-23, à la maison Bouchet. Bonaparte y résida en 1793 et y écrivit le célèbre Souper de Beaucaire pour servir la propagande jacobine.
Après avoir été club patriotique pendant la Révolution, dépôt de poudre, propriété du ministère de la Guerre, léglise est rendue au culte en 1825. Elle est aujourdhui la chapelle de laumônerie du lycée Frédéric-Mistral. Au n°34, de la rue Joseph-Vernet, se trouve lhôtel de Suarez dAulan, transformé en collège. Les n°33 et 35, édifiés pour le comte de Rochefort en 1774, portent lempreinte de Jean-Pierre Franque. La rue Victor-Hugo dans laquelle nous nous engageons, sur la gauche, occupe avec les rues adjacentes lemplacement de lancien couvent des Dominicains. Cette rue abrite le musée Louis-Vouland. Au bout de la rue nous tournons à gauche afin de retourner par la rue dAnnanelle dans la rue Joseph-Vernet où sont établis, côte à côte, le musée Calvet et le musée Requien.
La Révolution et les années qui suivent ont raison du vaste couvent des Dominicains qui occupait tout ce quartier. A partir de 1840, sur les terrains dégagés, nobles et bourgeois édifient de spacieux hôtels particuliers. Le musée Vouland occupe pour sa part l’hôtel de Villeneuve d’Esclapon, édifié vers 1885, dont la plus élégante façade domine un agréable jardin au midi. En 1927, l’hôtel est acheté par un riche industriel de l’alimentation, Louis Vouland, pour en faire sa résidence principale. Cet amateur éclairé rassemble une riche collection de meubles et dobjets, privilégiant les XVIIe et XVIIIe s. A sa mort, en 1973, suivant ses volontés un musée, géré par une fondation portant son nom, est installé dans sa demeure afin de rendre ses collections accessibles au public, rare ensemble darts décoratifs dans le sud de la France.
En 1741, Joseph-Ignace de Villeneuve-Martignan confie à J.-B. Franque et à son fils François le soin de rebâtir la demeure familiale, souhaitant en faire le plus bel hôtel seigneurial dAvignon. La construction est presque achevée en 1753 et le résultat grandiose : une cour d'entrée, une galerie, puis un jardin sur lequel se développe la somptueuse façade du bâtiment principal, toute dharmonie. En 1833, lhôtel, acheté par la ville, est affecté au Musée Calvet. Cet établissement public, fondé par testament sur les collections et la fortune dEsprit Calvet (1728-1810), auquel on a réuni en 1826 le premier musée de la ville formé par les saisies révolutionnaires, constitue aujourdhui lun des principaux musées de province français. En cours de réhabilitation, on peut voir actuellement lensemble des peintures et les exceptionnelles donations de Marcel Puech.
Le Musée dhistoire naturelle dAvignon est installé depuis 1940 dans lhôtel de Raphaëlis de Soissans dont seule la façade présente encore quelque intérêt patrimonial. Esprit Requien (1788-1851), mécène actif, doté dun esprit universel, est considéré comme le second fondateur du Musée Calvet. Cet éminent savant botaniste et paléontologue, en rapport avec le monde entier, constitue des collections de référence qui composent la base du musée. Constamment enrichi par de nouveaux apports, il forme aujourdhui un véritable établissement scientifique. Aux galeries permanentes, présentant la géologie, lévolution de la vie et la faune du département, sajoutent de fréquentes expositions temporaires à thème. Une bibliothèque, riche de dix-huit mille volumes, et une équipe compétente sont à la disposition des chercheurs et des curieux. En face des musées Calvet et Requien nous remarquons, au n°58, lhôtel de Bassinet dont la façade présente des panoplies darmes, puis, au n°64, lélégante maison du chanoine Rougier datant de la seconde moitié du XVIIIème s. Limmense façade qui se développe sur lautre trottoir, au-delà de la rue Joseph-Vernet, a été réalisée en 1856 par Jean-Baptiste Reboul pour le négociant Joseph Vernet. Le fronton triangulaire qui coiffe lavant-corps central porte dans un écusson, au milieu de la rue Saint-Charles un vestige des anciens remparts a été conservé.
Il ne reste rien des bâtiments conventuels du grand séminaire Saint-Charles-de-la-Croix qui avaient été édifiés par Jean-Baptiste Franque entre 1718 et 1728. Toutefois, le grand portail dentrée donne accès à un cloître inachevé et à la chapelle, constructions réalisées par François Franque à partir de 1749. La chapelle, consacrée en 1758, attire lattention par ses couvrements, de la voûte plate de la tribune à celle en arc de cloître du chur, à la stéréotomie (art de tailler et de poser les pierres) particulièrement soignée. Transformé en caserne à la Révolution, redevenu séminaire diocésain de 1824 à 1901, puis centre administratif du département, Saint-Charles est en grande partie détruit en 1955 pour faire place à une gendarmerie. Les éléments conservés ont été affectés dans les années 1980 au Service départemental darchéologie. Au bout de la rue Saint-Charles nous trouvons à gauche, compris entre la rue Violette et le boulevard Raspail, lhôtel de Caumont, où est installé la Collection Lambert, et lhôtel de Galéans-Gadagne.
Lhôtel édifié pour J. de Seytres, marquis de Caumont, entre 1720 et 1733 est dû à larchitecte J.-B. Franque. Seul exemple avignonnais dhôtel à la parisienne, entre cour et jardin, il présente encore deux belles façades sobres. Les aménagements intérieurs ont été détruits par les utilisations postérieures : école normale, caserne en 1899, université en 1970. En 1999, lédifice, offert par le département à la ville est aménagé pour accueillir la très riche collection dart contemporain dYvon Lambert. Plus modeste à son côté, lhôtel de Galéans-Gadagne a été construit en 1751 sur les plans du même J.-B. Franque. La façade est dominée par un fronton triangulaire et souvre sur le jardin par deux belles portes rejetées près des angles. Après avoir accueilli la faculté des lettres, le bâtiment abrite aujourdhui lécole dart dAvignon. Avant datteindre le cours Jean-Jaurès nous prenons, à droite, la rue du Portail-Boquier.
Grâce aux libéralités de Louise dAncezune la construction du noviciat des Jésuites peut commencer en 1601. La chapelle, attribuable au frère Marlellange, est consacrée en 1611 sous le vocable de Saint-Louis. Ce petit édifice en forme de croix grecque est la première manifestation du nouveau style dans une ville encore toute gothique et présente la première coupole en deçà des Alpes. Les bâtiments, disposés en quadrilatère autour d’un vaste préau entouré de portiques, ont été réalisés à partir de 1623 par F. Royers de La Valfenière, puis par J. et J.-B. Péru, constructions échelonnées sur plus dun siècle. Après la Révolution, létablissement devient succursale des Invalides de Paris, puis hospice municipal à partir de 1852. En 1987, il est en partie affecté à un hôtel de prestige, le reste étant réservé à des activités culturelles. Nous remontons ensuite, à gauche, le cours Jean-Jaurès. Au feu rouge, nous prenons à gauche pour un rapide aller-retour dans la rue Joseph-Vernet. Nos yeux se porteront tout dabord sur la Caisse dépargne qui occupe lancien hôtel Montillet, de 1880, auquel on a rajouté une rotonde en 1925.
Egalement nommé Grand Collège, ce collège est fondé en 1426 par Jean Allarmet, cardinal de Brogny, dans lancien couvent de Notre-Dame-des-Fours. Après deux siècles de prospérité, malgré ladjonction du collège du Roure en 1705, létablissement décline, jusquà séteindre à la Révolution. Depuis 1901, les bâtiments sont propriété du Musée Calvet qui en a réalisé récemment la restauration. La porte est encadrée de pilastres ioniques surmontés dun fronton cintré. La cour a conservé son esprit de cloître grâce à Pierre II Mignard qui, entre 1704 et 1705, en a repris les façades en superposant deux rangs darcades en plein cintre. Au nord, en arrière-plan, dominent une tour descalier édifiée par La Valfenière en 1642 et les murs gothiques de la chapelle à laquelle on accède par la rue du Collège-dAnnecy. Revenus sur nos pas, nous remontons la rue de la République jusquà la rue Frédéric-Mistral.
Le collège des Jésuites, fondé en 1564, nécessite au XVIIe s. le remplacement de certains bâtiments vétustes. Léglise, superbe témoignage darchitecture baroque, a été édifiée à partir de 1620 par F. Royers de La Valfenière sur un plan à nef unique vraisemblablement inspiré du frère Martellange. La façade présente deux étages séparés par une puissante corniche, la partie haute, plus raide, ayant été achevée après 1661 par un autre architecte. Le fronton triangulaire porte lécusson de la Compagnie de Jésus. Après la Révolution, léglise ne redevient chapelle du lycée quen 1857. En 1933 elle est affectée au Musée Calvet pour y présenter les collections lapidaires. Ces antiques se composent aujourdhui de sculptures et objets égyptiens, étrusques, grecs, romains et gallo-romains ainsi que de nombreux vestiges de lantiquité avignonnaise. La rue Frédéric-Mistral est, dans sa presque totalité, occupée sur ses deux côtés, réunis au moyen dun arceau, par lancien collège des Jésuites. Devenu après la Révolution un lycée dEtat, il accueillit Frédéric Mistral et prit le nom de ce glorieux élève, chantre de la Provence, prix Nobel de littérature en 1904. Au bout de la rue, nous nous engageons dans la rue du Laboureur où nous trouvons la livrée Ceccano, et le musée Angladon-Dubrujeaud
La livrée désigne à Avignon un palais édifié pour un cardinal. Celle dAnnibal de Ceccano, construite vers 1340, est acquise entre 1564 et 1569 par la ville pour y installer le collège des Jésuites qui accueille jusquà 1600 élèves au XVIIe s. et développe alors de nouvelles constructions. En 1768, les Jésuites sont chassés par le roi de France qui occupe la ville. Létablissement tenu par dautres religieux se maintient jusquen 1791. Il est alors transformé en caserne. En 1810, il devient lycée dEtat qui, sous le nom Frédéric Mistral, fonctionne jusquen 1960. La livrée, particulièrement défigurée a été restaurée entre 1981 et 1983. Elle a retrouvé son aspect originel de maison forte et lintérieur présente un ensemble de décors peints dun grand intérêt. Lédifice abrite depuis 1982 la Bibliothèque municipale.
Lhôtel de Massilian, grâce à une restauration récente présente laspect chaleureux dune habitation, conformément à la volonté des donateurs, Jean et Paulette Angladon-Debrujeaud, qui ont voulu offrir au public, dans leur demeure, lhéritage familial provenant du grand couturier parisien Jacques Doucet (1853-1929). Le musée, créé selon leur souhait et géré par une fondation, offre aux visiteurs une partie des biens engrangés par ce célèbre collectionneur et mécène. Au rez de chaussée est exposé un ensemble exceptionnel de peintures aux signatures illustres : Daumier, Degas, Sisley, Vuillard, Cézanne, Van Gogh, Picasso, Modigliani,... Létage se présente comme un intérieur damateur dart où, à côté de belles pièces darts décoratifs, on peut découvrir les travaux personnels des deux fondateurs. A lextrémité de la rue Laboureur nous trouvons la place Saint-Didier où lon dressait jadis léchafaud en concurrence avec la place du Palais. Le nom de l’église Saint-Didier apparaît pour la première fois dans un texte en 1068. Grâce au legs du cardinal Bertrand de Déaux, mort en 1355 et inhumé dans le chur, léglise devenue vétuste et exiguë, est entièrement rebâtie entre 1356 et 1359. Erigée rapidement, sans transformation notable depuis, elle forme un édifice homogène considéré à juste titre comme léglise la plus caractéristique du gothique avignonnais. L’intérieur, où subsistent dans la première chapelle nord des peinture murales de la fin du XIVe s., présente un ensemble duvres dart conséquent doù émerge le haut relief du Portement de croix, sculpté par Francesco Laurana pour le roi René en 1478, qui provient de léglise des Célestins. Le clocher, également caractéristique, avec sa puissante tour coiffée dune flèche octogonale à crochets, abrite un célèbre carillon. A gauche de léglise Saint-Didier nous empruntons le passage couvert qui nous mène au plan Saint-Didier. Nous y trouvons la porte principale de léglise et le bel hôtel de Forbin de la Barben, à la façade sobre, édifiée vraisemblablement dans les années 1740. Nous remontons ensuite la rue Théodore Aubanel et nous prenons, à droite, la rue Figuière. Vers le milieu se trouve lancien hôpital Saint-Antoine, fondé au XIIIème s. Le grand poète français Alain Chartier fut inhumé en 1449 dans léglise aujourdhui transformée en cinéma. Par la petite rue Saint-Antoine nous rejoignons la rue Galante où nous tournons à gauche.
A la fin du XVIe s. les maisons en encorbellement fort nombreuses à Avignon doivent être abattues par mesure dhygiène. Celle du parfumeur François Palasse fait partie du lot, mais seule la façade est touchée. Les travaux sont exécutés entre 1679 et 1682 par Jean Rochas. Cette façade, très ornée, avec buste de femme, masques évoquant les quatre saisons, rinceaux, présente un décor quelque peu archaïque pour lépoque. Cest la réminiscence dun style déjà vieux dune quarantaine dannées qui peut sexpliquer par le fait que Rochas a beaucoup travaillé avec La Valfenière mort en 1667. Cette maison, avant appartenu au peintre François Palasse (1717-1791), est devenue propriété des époux Palun en 1910. Ceux-ci lont offerte en 1919 à lAcadémie de Vaucluse dont elle constitue toujours le siège. Il nous suffit daller tout droit pour regagner la place de lHorloge. A droite, au milieu des cafés, souvre la rue de Mons au fond de laquelle nous trouvons la Maison Jean Vilar.
L.- H. de Guyon, doyen de la Rote, sinstalle en 1671 dans une ancienne livrée cardinalice. A la fin du siècle, son fils, le seigneur de Crochans, en entreprend la reconstruction. Le portail dentrée est édifié en 1680 par Pierre II Mignard. En 1823, lhôtel de Crochans accueille Mgr de Mons et reste le siège de larchevêché jusquen 1905. Devenu propriété de la ville en 1974, il est affecté en partie au Festival dAvignon et en partie, en 1979, à la Maison Jean-Vilar. Cet établissement qui unit le département des Arts du spectacle de la Bibliothèque nationale et lAssociation pour une fondation Jean Vilar, est dépositaire de luvre du créateur du Festival dAvignon en 1947 et témoigne de son apport au théâtre contemporain. Au-delà, son action souvre sur les arts du spectacle par lintermédiaire dune bibliothèque, dune vidéothèque et dexpositions.
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