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Histoire de la bibliothèque
   


Le bâtiment de la livrée Ceccano

La bibliothèque municipale occupe depuis 1982 un ensemble de bâtiments dont la partie la plus intéressante est constituée par une livrée à laquelle on a attribué le nom de Cardinal Annibal Ceccano. Il l’occupa de 1333 à sa mort en 1350, et poursuivit les constructions de son prédécesseur, le cardinal d’Arrabloy.

A la différence de la plupart des livrées avignonnaises, le bâtiment nous est parvenu dans un état de conservation remarquable. Il le doit à son utilisation comme collège de jésuites à partir de 1564, puis comme lycée après 1810 avec un intermède militaire pendant la révolution.

Conçu comme une maison forte, l’édifice ne présente pas d’ouvertures au rez-de-chaussée. L’ancienne porte d’entrée est aujourd’hui masquée par le bâtiment construit au XVIIIe s. par les jésuites, et accolé à la façade est. Le crénelage a été reconstitué d’après un élément resté en place.

Les sections adultes occupent aujourd’hui les deux grandes salles du bâtiment, d’une longueur de trente mètres sur dix. Le décor peint des plafonds et des murs a été en grande partie conservé. Sur les murs, les peintures sont posées sans enduit, directement sur les pierres. Leurs différents décors montrent la division ancienne des volumes.

Dans l’actuelle salle de prêt, la partie sud conserve quelques éléments d’un simple décor de quintefeuilles. Le reste de la salle présente des arcs peints, à claveaux alternativement noirs et blancs, qui surmontent les blasons mille fois répétés des Ceccano ("de gueules à l’aigle éployée d’argent"), et des Stefaneschi ("fascé d’argent et de gueules, les fascé d’argent et portant six croissants de gueules, 3,2,1").

Au fond de la salle, sur le mur nord, cinq arcs, en ressaut les uns sur les autres, soulignent la pente de l’escalier qui montait à l’étage supérieur. Il débouchait au fond de l’actuelle salle d’étude dans une salle d’apparat qui a conservé son volume d’origine.

Elle aussi est décorée d’un champ de blasons où l’on ne distingue plus guère que l’écu maintes fois répété du cardinal Ceccano, écartelé de celui des Stefaneschi. Sur le mur nord, une immense fenêtre en tiers-point, ouverte sur le vide, n’a pas d’autre équivalent à Avignon. Le plafond se signale par ses ais d’entrevous (espaces entre les poutres) décorés d’une pie, dont le nom toscan –cecca- rappelle celui de Ceccano. Au centre de la salle d’étude, sous le plafond, se trouve un intéressant décor de poutres peintes en trompe-l’œil soutenant une frise où alternent des monstres et les blasons des Stefaneschi et des Ceccano.

Les collections de la bibliothèque municipale d’Avignon : un peu d’histoire

La bibliothèque municipale d’Avignon doit son origine aux confiscations révolutionnaires qui ont rassemblé les livres conservés dans les églises et les couvents de la ville et de sa proche région. Ouverte au public vers la fin de 1809, elle comprenait alors 26 540 volumes imprimés et 700 manuscrits.

De cette origine, elle doit son beau fonds de théologie, plusieurs manuscrits enluminés de premier plan, de très nombreuses éditions des XVe et XVIe s. souvent conservées dans leur reliure d’origine. Les dons qui se sont succédé depuis sa création ont équilibré les collections, lui apportant, avec Esprit Requien, le chanoine de Massilan et Victor Chambaud, un riche fonds d’histoire et de littérature avignonnaises et provençales ; avec Paul Mariéton et Edouard Raynolt, les œuvres littéraires dont elle était presque totalement dépourvue. Les acquisitions judicieuses effectuées par la Fondation Calvet, dont a longtemps dépendu la bibliothèque, les " dons du ministère " et les notes de plusieurs érudits locaux ont constitué, au fil des ans, un remarquable fonds d’étude.

Les collections ainsi rassemblées –plus de 250 000 volumes imprimés, près de 7 000 manuscrits, un fond de dessins et d’estampes d’environ 60 000 pièces parmi lesquelles il faut noter une collection d’iconographie religieuse, des recueils d’ex-libris, des portraits et des cartes, un fonds musical intéressant– sont d’un immense intérêt pour les chercheurs, historiens, historiens du livre et érudits locaux.

Cette bibliothèque traditionnelle, qui correspondait mal aux besoins du grand public, a été complétée par des sections de prêt à domicile, de façon très modeste à partir de 1930 pour les adultes, et à partir de 1948 pour les enfants. La " lecture publique " n’a pris tout son essor qu’à partir du transfert de la bibliothèque dans les locaux de la livrée Ceccano et de l’ouverture de la bibliothèque Jean-Louis Barrault. Quatre annexes et un bibliobus assurent par ailleurs la place du livre dans l’ensemble du tissu urbain avignonnais.

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