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| A La découverte de l'Intra-Muros | |||||
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La place de lHorloge est la grande place dAvignon. Elle sest constituée au fil des siècles par agrandissements successifs sur lemplacement de lancien forum romain. Les principaux monuments sont du siècle dernier. Le théâtre, devant lequel trônent Corneille et Racine, dû aux architectes Léon Feuchère et Théodore Charpentier, fut inauguré en 1847. LHôtel de Ville, édifié à la même époque entre 1845 et 1851, occupe lemplacement dune ancienne demeure cardinalice médiévale. Cette « livrée », qui garda le nom de son dernier occupant, le cardinal évêque dAlbano, fut acquise en 1447 par les syndicats dAvignon pour en faire la maison commune. De son lointain passé, la mairie a conservé sa vieille tour fortifiée, transformée dès le XVème siècle en beffroi, avec horloge et jacquemart, ce qui valut son nom à la place.
Gérard Philippe (1922-1959), grande figure de lart dramatique français qui connut des heures de gloire dans la Cour dHonneur du Palais des Papes, permet dévoquer le Festival dAvignon créé en 1947 par Jean Vilar (1912-1971), reconnu aujourdhui comme lun des premiers festivals de théâtre du monde. Vous êtes à présent sur la place du Palais, cur du patrimoine historique dAvignon. Cette place, une des plus belles du monde, nest pas née dun projet durbanisme. Avant larrivée des Papes à Avignon, lespace était entièrement occupé par des maisons que dominaient trois monuments attenants : la cathédrale Notre-Dame-des-Doms, léglise paroissiale Saint-Etienne et le palais épiscopal. Au XIVème siècle, avec larrivée des souverains pontifes, la ville devient la capitale de la Chrétienté. Entre 1334 et 1352, sous les pontificats de Benoît XII et de Clément VI, le Palais sérige, à lemplacement de léglise Saint Etienne, du palais de lévêque et de quelques constructions riveraines. Au cours du Grand Schisme dOrient, Benoît XII y est assiégé durant cinq années, entre 1398 et 1403, date à laquelle il réussit à senfuir. Dès son départ, le Palais et ses abords, toujours tenus par ses partisans, sont aménagés pour faire place à un éventuel second siège. Cest donc en 1404 que lon rasa toutes les maisons qui se trouvaient devant la forteresse pontificale et que lon créa ce vaste glacis de défense qui deviendra la place du Palais.
En face, vous pouvez admirer limposante façade du Palais des Papes. Monument à la fois majestueux et colossal, cette forteresse, unique par ses dimensions, est comme un symbole du pouvoir spirituel et temporel que lEglise sest employée à affirmer au XIVème siècle sur tous les pays doccident, sur leurs souverains, faisant dAvignon le centre obligé, la capitale du monde chrétien. Lhistorien dart, Camille Enlart estimait quil sagissait dun des plus beaux édifices du monde. Vous passez dabord devant la partie la plus récente, le Palais Neuf, édifié par Clément VI entre 1342 et 1352, qui souvre sur la place par un somptueux portail (porte des Champeaux). Vous découvrez ensuite le Palais Vieux (en retrait et plus austère) édifié par Benoît XII entre 1334 et 1342. Avant dentreprendre la montée qui va vous conduire à la cathédrale qui jouxte le Palais Vieux, et au Rocher des Doms, vous avez, au nord de la place, lancien palais des archevêques dAvignon. Il sagissait à lorigine de la livrée du cardinal Arnaud de Via, qui devint demeure des évêques en 1336. Ce Petit Palais prendra son aspect actuel à la fin du XVème siècle, grâce au cardinal Julien de la Rovère, légat du souverain pontife, premier archevêque dAvignon et futur pape Jules II. Il abrite aujourdhui un exceptionnel musée dart médiéval et renaissant.
Lascension du Rocher des Doms étant un peu âpre, vous pouvez faire halte sur le parvis de la métropole Notre-Dame-des-Doms dont le centre est occupé par un calvaire érigé en 1819. La cathédrale date du XIIème siècle. Son porche à lantique est caractéristique du roman provençal. Outre sa très belle architecture, avec reprises et additions aux siècles classiques, elle offre quelques très belles uvres dart et abrite les tombeaux de deux papes, Jean XXII et Benoît XII. A droite de la cathédrale se dresse la masse imposante du palais de Benoît XII. Celui-ci est érigé sur lemplacement de lancien palais épiscopal. De cette demeure de lévêque, « domus épiscopales », il est vraisemblable que le rocher sur lequel elle était édifiée a hérité son nom sous la forme de « doms ». Admirez la vue sur la ville et le pays de Villeneuve-lès-Avignon au-delà du Rhône. A vos pieds sétale la place du Palais. Il faut savoir que le Rocher des Doms a été désigné comme le « berceau dAvignon » et que sur ses pentes sableuses qui descendaient jusquau Rhône sétalaient, à lépoque néolithique, il y a plus de 4000 ans, les nombreuses cabanes dune véritable agglomération préhistorique. Les nombreuses découvertes archéologiques effectuées lors des travaux durbanisation montrent que ce site de lAvignon primitif a toujours été occupé depuis cette époque lointaine. Ainsi Avignon peut prétendre au titre de plus vieille ville de France.
Le jardin du Rocher des Doms, que nous vous invitons à parcourir maintenant, a été aménagé en 1830 au moyens de chantiers de charité destinés à subvenir aux besoins dune foule de chômeurs touchés par la crise économique qui sévissait à cette époque. Cet espace agréable, planté de grands arbres, orné de pièces deau et de grandes terrasses desquelles vous pouvez admirer le panorama de la vieille cité et des environs, est en partie aménagé sur les réservoirs deau potable de la ville. Jusquà cet aménagement en jardin, le Rocher des Doms avait lallure des petites collines environnantes : le roc à nu parsemé dherbe maigre où venaient paître des moutons, et où avaient été édifiés quelques moulins à vent, des chapelles, un fort. En 1544, à la suite dune inondation, un cimetière y fut créé. En 1650, la foudre tomba sur la chapelle Saint-Martin où étaient entreposées les réserves de poudre de la ville. Les édifices situés sur le Rocher furent détruits, les toitures du Petit Palais soufflées. Lors de la grande épidémie de peste, en 1720, le rocher devint un lieu de promenade où lon venait respirer lair pur. En 1865, lun des réservoirs fut habillé dune rocaille avec terrasse panoramique qui constitue le point le plus élevé du lieu. Divers monuments ou statues animent cet espace, comme le Monuments aux Morts élevé en 1924, le cadran solaire analemmatique du à G. Bonnet en 1930, et la table dorientation réalisée en 1974. Outre les bustes dartistes locaux, il faut signaler la Vénus aux hirondelles ( 1898) aujourdhui placée au centre du grand bassin et que lon doit au sculpteur Félix Charpentier. Autre statue à remarquer, celle érigée à la mémoire de Jean Althounian dit Althen qui introduisit la culture de la garance dans le Comtat-Venaissin au XVIIIème siècle. La garance, plante tinctoriale dont on tirait une belle couleur rouge, fit la richesse du département au XIXème siècle. La statue posée en 1847 fut fondue par lennemi durant la seconde guerre mondiale. Celle qui la remplace fut inaugurée en 1988 et présente sur le socle un rappel du génocide des 1 500 000 arméniens tués par les Turcs en 1915. Les remparts que vous venez de traverser ceinturent la vieille cité sur une longueur de 4330 mètres. Ils ont été édifiés à partir de 1335 pour remplacer le mur denceinte de la « Commune dAvignon », du XIIème siècle, devenu trop étroit alors quil fallait protéger la ville des routiers et des Grandes Compagnies qui faisaient de fréquentes incursions dans la région.
De là, vous découvrez le célèbre Pont dAvignon. Construit, selon la légende, à la suite dun miracle du petit berger ardéchois Bénezet, le pont était achevé en 1185 et comportait 22 arches sur une longueur de 900 mètres. Le pont Saint Bénezet fut détruit presque entièrement par Louis VIII en 1226 après un siège mémorable de la ville, les avignonnais ayant pris le parti de Toulouse et des Albigeois dans la fameuse guerre contre les cathares. Réparé, rehaussé, il fut par la suite de nombreuses fois emporté par la fougue du Rhône. Dès le XVIIème siècle, on le laisse se dégrader. Sous une des arches du pont en ruine, dans lîle de la Barthelasse toute proche, sétait installé une guinguette dont le bal, très populaire, aurait inspiré une chanson non moins populaire. Ainsi, à lorigine, on aurait vraisemblablement dansé « sous le pont » et non « sur le pont » comme le veut le célèbre refrain aujourdhui connu dans le monde entier. Après être passé sous le pont, vous prenez à votre droite le passage taillé dans le rocher pour permettre laccès au parking souterrain. A votre droite, vous avez le Châtelet qui gardait lentrée du pont et qui constitue laccès à la visite. Laissez à votre gauche lentrée du parking et prenez tout droit, par le passage piétonnier, la rue de la Grande Fusterie. Le nom de cette rue évoque lancienne activité de ce quartier où étaient installés les marchands de « fustes » ou bois, bois de construction qui le plus souvent arrivait par flottaison sur le Rhône jusquà Avignon. Aux n° 63-65, maison dite de « Pogadour » (le payeur de la légation dAvignon) ; au n°29, façade gothique (XVème siècle) de lancienne Hôtellerie du Chapeau Rouge. Aux n° 8-10, Hôtel de Tertulle (Xvème siècle) aujourdhui Maison de Saint-Vincent de Paul consacrée à un lycée privé denseignement professionnel. Au bout de la rue, tournez à droite dans la rue Saint Etienne que vous suivez jusquaux remparts. Par la gauche ensuite, vous arriverez à la place Crillon au niveau de la porte de lOulle.
Cette place porte depuis 1843 le nom du brave Crillon, héros vauclusien, lun des plus brillants capitaines de son temps, qui servit cinq rois, de Henri II à Henri IV, dont il fut très estimé. Auparavant, elle se dénommait place de la Comédie à cause du théâtre qui sy trouvait. A lépoque classique, les représentations théâtrales se donnaient dans un jeu de paume ayant appartenu à Nicolas Mignard, dans lactuelle rue Bouquerie, celui-là même où Molière donna la comédie en 1655 et 1657. En 1732, après son effondrement, une société par actions se forma pour construire un vrai théâtre. Le projet fut confié à Thomas Lainée (1682-1739), architecte qui fut employé au château de Versailles et qui laissa de nombreux témoignages de son art à Avignon. Dès 1734, la nouvelle salle pouvait fonctionner. Elle fut utilisée jusquen 1824, date de louverture dun nouveau théâtre sur la place de lHorloge. Lédifice construit par Lainée fut alors vendu, lintérieur détruit et la façade dégradée. Depuis les années 1990, grâce à une importante restauration, cette façade a retrouvé à peu près son aspect primitif. La place Crillon, au XIVème siècle faisait partie du Limas qui a laissé son nom à lune des rues qui y aboutit. Ce mot de « Limas », du latin « limaceus » signifiant boiteux, désignait les terrains gagnés sur le Rhône à lextérieur des anciens remparts de la commune. Au n°21 de la place se trouve limmeuble de lancien hôtel du Palais Royal, devenu après la Révolution lauberge du « Palais national ». Entre autres célébrités, il accueillit le général Bonaparte avant son embarquement pour lEgypte, le 19 floréal de lan VI, ainsi quà son retour le 19 vendémiaire de lan VII. Cest dans cet hôtel que fut assassiné, le 1er août 1815, le maréchal Brune, victime de la Terreur Blanche.
La rue doit son nom à Joseph Vernet (1714-1789) peintre de marines, le plus célèbre de cette dynastie dartistes originaires dAvignon et dont le musée Calvet détient quelques unes des uvres. La rue sappelait dans le temps rue Calade à cause de son pavement, jadis généralisé dans Avignon, constitué de galets de quartzite roulés provenant des terrasses quaternaires du Rhône. Aux n° 7, 9 et 11 correspond lhôtel de Tonduti-Lescarène, qui possède également une très belle façade à lopposé, aux n° 17 et 19 de la rue Petite-Fusterie. François de Tonduti, jurisconsulte et astronome qui fit bâtir cette maison, la fit décorer par Nicolas Mignard en 1658-1659. Lensemble des décors, témoin important de lart décoratif du XVIIème siècle, a malheureusement été déposé et vendu. Certains éléments, comme les « quatre saisons » ont pu être acquis par le musée Calvet. Aux n° 21 et 23, se trouve la maison Bouchet. Pierre Bouchet, commerçant, notable avignonnais qui fut troisième consul de la ville avant la Révolution, acheta cette bâtisse en 1784. Elle garde le souvenir du capitaine Bonaparte, qui y trouva refuge au moment de linsurrection fédéraliste contre la Convention en 1793. Il y fit un second séjour quelques mois après pour se remettre dune fièvre paludéenne. Cest durant ce second séjour, en août 1793, quil écrivit le célèbre « Souper de Beaucaire » destiné à exposer et diffuser les thèses jacobines.
Au n° 33, lhôtel de Raousset-Boulbon, vraisemblablement reconstruit après 1769, par Jean-Baptiste Franque dans le style de lhôtel contigu de Brancas de Rochefort. Au n° 35, lhôtel de Brancas de Rochefort construit par Jean-Baptiste Franque à partir de 1716 ne fut jamais totalement fini. Après avoir abrité à une époque récente un commissariat de police, ces locaux furent les témoins de la renaissance de lUniversité dAvignon dans les années soixante. Au n° 34, lhôtel de Suarez dAulan fut reconstruit en 1785 par les soins de larchitecte Ange-Alexandre Bondon. Au XIXème siècle, il devint école des Frères des Ecoles Chrétiennes, puis collège denseignement public, très défiguré par des transformations modernes.
Le nom de Saint Dominique donné à cette porte du rempart évoque le souvenir de lancien couvent des Dominicains, lun des plus anciens, des plus grands et des plus prestigieux dAvignon. Il occupait lemplacement de ce quartier devenu au siècle dernier zone résidentielle et où sélevèrent rapidement de très remarquables hôtels particuliers. On attribuait la fondation de ce couvent à Saint Dominique lui-même en 1220. Il accueillit le pape Clément V lors de ses voyages à Avignon entre 1309 et 1314. Léglise, reconstruite en 1330, possédait trois nefs avec dix-huit chapelles latérales, tandis que neuf autres chapelles donnaient sur le déambulatoire du chur. Ornée de magnifiques uvres dart, elle vit le couronnement des papes Benoît XII et Clément VI, la canonisation de saint Thomas dAquin ; quatre-vingt cardinaux et cent cinquante évêques y avaient leur sépulture. Transformé en fonderie au lendemain de la Révolution, lensemble des bâtiments fort dégradés par manque dentretien et menaçant ruine fut entièrement démoli dans la première moitié du XIXème siècle sans que rien ni quiconque ne soppose à cet acte barbare. Au n°17, le musée Louis Vouland est installé dans lun de ces hôtels particuliers construits à la fin du XIXème siècle sur lemplacement de ce couvent. Le musée porte le nom de son fondateur, riche industriel collectionneur, qui acheta cette maison dans lentre-deux guerres et qui mourut en léguant ses biens à la Fondation de France, à la stricte condition que lon fasse de cette maison un musée où seraient présentées au public ses collections. Collections prestigieuses de meubles et objets représentatifs des XVIIème et XVIIIème siècles, où lassociation de chef-doeuvres de grands ébénistes, de faïences, porcelaines, pièces dorfèvrerie, tapisseries, le tout bien mis en valeur, donnent pour résultat lun des rares et très agréables musées darts décoratifs de la région.
Au n° 58, lhôtel de Bassinet, élevé entre 1705 et 1710, présente de beaux décors en façade. Au n° 65, lhôtel Villeneuve-Martignan abrite le Musée Calvet. Bâti au milieu du XVIIIème siècle entre cour et jardin sur des plans réalisés par Jean-Baptiste Franque, cet hôtel constitue la plus vaste et la plus somptueuse des demeures aristocratiques dAvignon. Il fut acheté par la Ville en 1833 pour y installer le musée Calvet. Celui-ci doit son nom au philanthrope et mécène Esprit Calvet qui en fut linitiateur par testament, volonté qui se matérialisa à sa mort en 1810. Son histoire, complexe, en fait aujourdhui un musée classé, jouissant dun statut particulier et géré par un conseil dadministration présidé par le maire. Sa rénovation, devenue indispensable, fut votée par le Conseil Municipal en 1986. La richesse et la diversité de ses collections en font lun des dix premiers musées de province de France. Collections très diversifiées, basées cependant sur deux fonds importants, celui de larchéologie (antiquités égyptiennes, grecques, romaines, ) et celui des beaux-arts. Au n° 67, se trouve lhôtel de Raphélis de Soissans dont les locaux sont affectés au musée dhistoire naturelle. Celui-ci est désigné par le terme de Museum Requien, du nom dEsprit Requien (1788-1851), savant naturaliste de renommée internationale et considéré comme le second fondateur du Musée Calvet. Riche de collections scientifiques importantes, accessibles aux chercheurs, centrées sur la géologie, la conchyliologie, la botanique (5ème herbier de France avec quelques 300 000 échantillons), doté dune abondante bibliothèque publique (plus de 5 000 ouvrages scientifiques anciens et modernes), le musée est pourvu de salles dexposition visitables au rez-de-chaussée. Au n°64, la maison du chanoine Rougier, construite dans la seconde moitié du XVIIème siècle.
Cette enceinte romane, bien que détruite, a conservé une grande importance car elle commande encore la topographie dAvignon et nombre dappellations anciennes de ses portes sont restées attachées à des rues actuelles. Il est aisé d'en reconnaître le tracé sur le plan de la ville en suivant une enfilade de rues courbes rue Joseph Vernet, rue Henri Fabre, rue des Lices (au nom évocateur), rue Philonarde, rue Paul Saïn, rue Campane... Ce puissant système défensif constitué par une double ligne de murailles et de fossés tint en échec durant trois mois le roi de France Louis VIII qui, alors en croisade contre les Albigeois, fut obligé en 1226 de faire le siège de la ville qui sétait alliée au comte de Toulouse.
Dès le croisement, léglise qui se présente devant vous marque lemplacement de lancien séminaire Saint Charles de la Croix. Les bâtiments furent commencés en 1720 par Jean-Baptiste Franque ; la chapelle édifiée entre 1753 et 1758 est un chef-duvre quant à lappareillage de ses murs et de ses voûtes. Après diverses affectations depuis la Révolution, les bâtiments ayant résisté à la pioche des démolisseurs (chapelle et construction du cloître) accueillent actuellement le Service Archéologique Départemental.
Deux belles façades sur jardin attirent lattention. Il sagit des hôtels Galéans de Gadagne et de Caumont édifiés au milieu du XVIIIème siècle, restaurés et réunis pour accueillir la Faculté des Lettres dAvignon. Lhôtel de Caumont accueille actuellement la collection dart contemporain Yvon Lambert. LEcole des Beaux-Arts sest installée dans lhôtel Galéans de Gadagne.
Le portail Boquier ou de la Bouquerie était celui des bouchers. Aménagé dans le rempart de la commune, il donnait accès aux abattoirs relégués dans la banlieue, avec les établissements insalubres. A lendroit où la rue fait un coude, vous découvrez la façade de lancien noviciat des Jésuites. La chapelle consacrée en 1611 sous le vocable de Saint Louis, constitue le premier édifice baroque dAvignon. Les bâtiments disposés en quadrilatères autour dun vaste préau sont dus à larchitecte François Royers de la Valfenière. Devenu après la Révolution succursale de lhôtel des Invalides de Paris, il accueillera après 1850 les invalides civils et les personnes âgées, connu dès lors comme « Hospice Saint Louis ». Aujourdhui, les bâtiments sont en partie occupés par un hôtel de tourisme, le Centre National du Théâtre et le Festival dAvignon.
Le square Agricol Perdiguier qui vous offre lombre de ses tilleuls et de son magnolia doit son nom à un célèbre compagnon menuisier du Devoir de liberté, dit aussi « Avignonnais-la- Vertu » qui fit le récit de son tour de France dans les « Mémoires dun compagnon » publiés en 1854. Considéré comme apôtre du Compagnonnage, on peut voir dans le jardin sa statue réalisée par J.-P. Gras. Léglise est celle du monastère-collège de Saint-Martial dont les vestiges du cloître occupent une partie du jardin. Installés depuis 1363 en ce lieu par le pape Urbain V, les Bénédictins de Cluny y fondèrent un collège en 1378, avec laide du Cardinal Pierre de Gros. Léglise fut terminée en 1388. Utilisés pour le musée Calvet jusquen 1833 et pour le musée dHistoire Naturelle jusquen 1989 sous la conservation du célèbre naturaliste Jean-Henri Fabre, ces bâtiments, amenuisés par le percement du cours Jean-Jaurès, accueillent successivement la Recette principale des Postes, puis lOffice de Tourisme, tandis que léglise était affectée en 1881 au culte le lEglise Réformée.
Au milieu des platanes, une jolie fontaine dispense son eau fraîche tout au long de lannée. A lorigine de cette place se trouvait le cimetière des pauvres et la chapelle Saint-Michel qui abrite aujourdhui la Maison de lHabitat. Au XIVème siècle, un tout jeune cardinal choisit dy être enterré par souci dhumilité chrétienne. Sa tombe devint vite fertile en miracles et lieu de pèlerinage. La rue qui y menait sappela dès lors la place « du Corps-Saint ». Puis en 1674, le pont menaçant de tomber en ruine, larchevêque fit transporter les restes de Saint-Bénèzet dans léglise des Célestins et cest alors que cette place devint la place « des Corps-Saints. La chapelle construite autour des restes de Pierre de Luxembourg fut à lorigine de la construction dun monastère ordonné par Clément VII et fondé par le roi de France Charles VI. Les travaux du couvent des Célestins commencèrent en 1394, mais léglise prévue sur le plan le plus vaste ne fut jamais terminée. Toutefois, Clément VII y fut inhumé, et au XVIIème siècle elle était lune des plus somptueuses et des plus riches en oeuvres dart de la ville. Dévasté à la Révolution, lédifice est récemment devenu propriété de la Ville. Le cloître accueille chaque année des spectacles dans le cadre du Festival dAvignon.
Le cours Jean-Jaurès, primitivement cours Bonaparte, fut percé à partir de 1856 pour relier la gare au centre de la ville. La caserne Hautpoul que vous venez de contourner a été édifiée entre 1860 et 1870 dans les jardins de lancien couvent des Célestions. Cest aujourdhui la Cité administrative.
La rue doit son nom au grand poête Frédéric Mistral (1830-1914) qui fut lartisan de la Renaissance Provençale, initiateur du Félibrige, auteur de Mireille et nombre dautres non moins beaux poèmes ainsi que dun important dictionnaire provençal-français, « Le Trésor du Félibrige ». Cette gloire du terroir, né à Maussane et qui reçut le prix Nobel de littérature en 1904, fit ses études dans le lycée qui porte aujourdhui son nom, et qui à son époque se situait dans cette rue, à lemplacement de lancien collège des Jésuites. Léglise, située au début de la rue, mais dont la façade domine majestueusement la rue de la République, est lancienne chapelle de ce collège de Jésuites. Conçue par François Royers de la Valfenière, elle fut édifiée entre 1620 et 1661 dans le style dit « Jésuite ». Elle abrite depuis 1933 les collections lapidaires du musée Calvet.
Vous découvrez alors la Livrée Ceccano, où se trouve aujourdhui la bibliothèque municipale. Il sagit dun palais cardinalice édifié vers 1340 pour le cardinal Annibal de Ceccano, archevêque de Naples. Occupée par la suite par différents cardinaux, elle fut achetée par la Ville en 1569 afin dy installer le collège des Jésuites. Après diverses extensions au XVIIème et XVIIIème siècle, le remplacement des Jésuites par des Bénédictins en 1768, la Révolution mit un frein à la vocation scolaire de létablissement. Mais dès 1810, il devenait un lycée impérial baptisé par la suite lycée Frédéric-Mistral. Au bout de la rue vous accédez à la place Saint Didier. Cette place comportait au XVème siècle un puits, un arbre et une « croix couverte » à la pointe du cimetière paroissial attenant à léglise. Elle était, concurremment avec celle du Palais, le lieu ordinaire des exécutions. Le cimetière fut supprimé à la Révolution, ce qui permit lagrandissement de la place. Léglise Saint Didier, dont le nom apparaît dans un texte dès 1068, fut entièrement rebâtie entre 1356 et 1359, grâce au legs du cardinal Bertrand de Déaux.. Elle est considérée de ce fait comme la plus représentative du gothique avignonnais. Lintérieur présente quelques uvres dart dignes dintérêt : fresques du XIVème siècle, « Portement de Croix » de Francesco Laurana, Le clocher, coiffé dune flèche octogonale munie de crochets nest pas moins caractéristique ; il abrite un célèbre carillon.
Au n° 7, lhôtel Berton de Crillon construit au XVIIème siècle sur lemplacement de lancienne livrée de Pampelune. Les travaux furent exécutés entre 1648 et 1649 sur les plans du Bolonais Domenico Borboni à une époque où seul lart italien faisait loi à Avignon. Aux n° 8 et 10, lhôtel Fortia de Montreal témoigne également du goût ultramontain de lépoque. Il fut édifié sur un projet de François Royers de la Valfenière datant de 1637. Au n° 12, lhôtel Honorati de Jonquerettes, qui date du XVIIIème siècle, a servi comme prison de femmes pendant la Révolution. Prenez à gauche la rue Collège-de-la-Croix puis, au bout, la rue Bonneterie à droite. Au n° 44, lhôtel Cambis de la Falesche, édifié aux XVIIème et XVIIIème siècles ouvre sur la rue par un grand portail à carrosses donnant sur la cour.
Retraçons sommairement lhistoire des halles. A lorigine de la place Pie se trouve la maison dun protestant, Jean Perrin Parpaille, décapité comme hérétique en 1562. Lemplacement de cette maison, aussitôt pillée et détruite, devint un espace libre baptisé du nom du pape régnant Pie IV. Une première halle pour la vente des légumes fut achevée en 1624. La place sétait entre-temps considérablement agrandie. En 1765, une nouvelle halle sur arcades, due aux architectes Franque, remplaça le premier marché couvert. On y transporta lentrepôt des grains ou « sextier ». La halle des Franques fut abattue sous le second Empire. Le marché demeura sur la place Pie jusquen 1899, date à laquelle il put intégrer les nouvelles halles centrales, belle réalisation en charpente métallique. Ces dernières furent utilisées jusquen 1972, où elles furent à leur tour démolies pour être remplacées en 1974 par les halles actuelles, vaste bâtiment de béton abritant dans ses étages un parc à voitures.
A la hauteur de la place Pignotte, on découvre un des plus gracieux édifices du XVIIème siècle avignonnais, la chapelle de la Visitation. Le couvent de la Visitation fut fondé en 1624 par les dames de la Visitation de Lyon et son église construite de 1631 à 1638 par les soins du cardinal Mario Philinardi, archevêque et vice-légat dAvignon. François de Royers de la Valfenière en fut larchitecte. La façade est, avec des proportions moindres, comparable à celle de la chapelle du Collège des Jésuites. Elle comprend deux ordres darchitecture, corinthien à linférieur, composite au supérieur. Les sculptures, très délicates, sont dues au ciseau de lavignonnais Jean-André Borde. Les Visitandines furent dispersées à la Révolution. Au XIXème siècle, les bâtiments ont abrité les religieuses du Saint Sacrement, qui les occupèrent jusquà une période récente. A côté de la chapelle de la Visitation, vous pouvez admirer la chapelle de la Congrégation des Hommes. Construite par le maçon François Lamy, puis Esprit-Antoine Rocas entre 1751 et 1753, elle sert aujourdhui de lieu de culte à la Mission italienne. Sa façade concave est joliment décorée de motifs rocaille.
Au n° 8, la maison appelée longtemps « la maison du crime » : une veuve Pical et sa fille y furent assassinées le 26 germinal an X (16 avril 1802). Le meurtre avait été commis par une ancienne servante qui fut guillotinée à Carpentras le 30 germinal an XI, tandis quune complice était condamnée à vingt-quatre ans de détention. Cest dans cette maison quhabita Stéphane Mallarmé pendant son séjour à Avignon comme chargé de cours danglais au Lycée de garçons. Il y occupa un appartement meublé du 26 octobre 1867 à la fin mai 1871. Mallarmé, qui sétait lié avec les félibres avignonnais, surtout Théodore Aubanel, reçut durant cette période la visite de nombreux amis poètes venus de Paris.
Léglise Saint Pierre, dorigine ancienne, a été rebâtie à partir du XIVème siècle. Au siècle suivant, on la reprit presque entièrement. De cette époque datent le clocher et la sacristie. La façade, qui date du premier quart du XVIèmes siècle, est la plus enjolivée de toutes celles des églises dAvignon. Réalisée en style flamboyant, le gothique marquant vraisemblablement une certaine nostalgie de la riche époque pontificale, la façade présente néanmoins quelques éléments renaissants. Les portes, en noyer massif, réalisées en 1551 par Antoine Volard, nont pas leurs pareilles en Provence hormis celles de la cathédrale dAix.
Cette place, qui est dominée par limposante masse du Palais des Papes, doit son nom à une salle dapparat édifiée dans le Palais au début du XVIème siècle par le légat, la « miranda » ou « salle admirable ». Au Sud du Palais, au-delà de la rue Peyrolerie (rue des peyroliers ou chaudronniers) taillée au fil des siècles dans le rocher, se dresse au sommet dun piton lancien palais de la commune des XIIème et XIIIème siècles. Après avoir abrité de hauts dignitaires au XIVème siècle, lédifice devient au XVème siècle la Vice-Gérence, siège de la juridiction fiscale et domaniale des Etats Pontificaux dAvignon et du Comtat. Au n°2 de la place, lhôtel de Vervins édifié en 1687 sur des plans de Pierre Mignard a été réaménagé pour recevoir une clientèle sous lenseigne dHôtel de la Mirande.
Pénétrez au passage dans le Verger dUrbain V pour contempler la très belle façade orientale du Palais.
Au n° 13 de la rue Banasterie, lhôtel Madon de Chateaublanc présente une façade plus coquette que celle de lhôtel de Vervins. Pourtant, il sagit de la même date et du même architecte, Pierre Mignard. Au bout de la rue du Gal, prendre à gauche la rue Armand-de-Pontmartin qui rejoint après un coude la rue Sainte-Catherine. Tournez à droite dans cette rue. Aux n° 8 et 10, lancienne chapelle du couvent des religieuses cisterciennes de Sainte Catherine est devenue le lieu permanent du Théâtre du Chêne Noir. Au n° 17, lhôtel de Fonseca (XVIIème siècle) qui présente dans sa cour de beaux vestiges gothiques est aujourdhui le siège du Centre Communal dAction Sociale.
En poursuivant la rue Banasterie jusquau rempart, vous passez devant la prison, ancien hospice des insensés ou de façon plus moderne asile daliénés, puis devant la chapelle des Pénitents Noirs de la Miséricorde qui sétaient donnés pour mission de secourir les prisonniers, dassister les condamnés, et par la suite de soigner les aliénés. La façade est due à Thomas Lainée en 1739. A lintérieur, peintures, boiseries forment un ensemble dune rare élégance. Suivre le rempart jusquà la porte de la Ligne. Le mot ligne ou lègne vient du latin « illignus » désignant le bois en tant que matière. Cette porte, qui donnait accès au port au bois, plus spécialement le bois à brûler, se trouvait autrefois au pied du rocher, à lextrémité de la rue Banasterie. Elle fut déplacée en 1755. En face de la porte se trouve lancien grenier à sel de la ville, édifié par Jean-Ange Brun entre 1756 et 1758.
Devant le lycée Aubanel, poête provençal ami de Mistral et membre du Félibrige, la place Saint Joseph garde souvenir de lancien couvent des Carmes déchaussés. Ce couvent de Saint Joseph, qui avait été édifié en 1640, fut remplacé au XIXème siècle par un lycée dEtat, dabord réservé aux filles avant de devenir, plus récemment, lycée mixte.
A lorigine, un couvent de Carmes sétait établi hors ville, entre le portail des Infirmières et le portail Matheron. Limposante église, qui date en majeure partie du XIVème siècle et qui contient de très beaux tableaux, est devenue après la Révolution léglise de la paroisse Saint Symphorien. Grâce à cette affectation, le couvent des Carmes est le seul des ordres mendiants à avoir conservé son église et son cloître. Les bâtiments conventuels, à présent disparus, sorganisent autour de ce très beau cloître voûté dogives. A la fin de lAncien Régime, la place des Carmes est si petite quon la désigne sous le nom de « planet » des Carmes. Cependant, au cours de la période révolutionnaire , la vaste église située en plein quartier populaire et progressiste va être le centre de la contestation qui se répandra de là dans toute la ville : réunions des corporations et assemblées de district en 1790, un temps siège du club des Jacobins, puis Assemblée Electorale en 1791. Ainsi, le « planet » devient en 1790 la « place le la Liberté » tandis que lon y plante larbre symbole. Dès 1791, la place bénéficiera dabaissements successifs. En 1889, une fontaine commémorative du centenaire de la Révolution y fut inaugurée. On la supprimera dans les années 1950 afin de garer quelques automobiles. Lextrémité de la place est dominée par le clocher des Augustins élevé entre 1372 et 1377. Sa flèche était à lorigine identique à celle des Carmes, mais elle fut tronquée vers 1562 pour y installer une cloche provenant de Montfavet. Les religieux Augustins sétaient installés en ces lieux en 1261. Il ne reste que quelques vestiges de leur église dans les maisons construites sur son emplacement.
Le nom de cette rue rappelle celui dun ancien portail de lenceinte de la Commune qui donnait accès, semble-t-il, à des « infirmeries » dites de Saint Lazare destinées à recueillir les lépreux hors les murs. La rue des Infirmières longe la partie septentrionale du cloître des Grands Carmes, à proximité duquel avait été élevée en 1557 la chapelle des Pénitents Bleus, aujourdhui disparue. Le carrefour en patte-doie entre la rue des Infirmières et la rue Carreterie a pris le nom de Belle-Croix, à cause dune monumentale croix couverte qui sy élevait depuis le Moyen-Age. La « Belle Croix » fut détruite en 1792.
Cest à la maladrerie de Saint-Lazare, comptant déjà parmi la douzaine détablissements hospitaliers dont était pourvue la ville avant larrivée des papes, que cette porte doit son nom. Elle a longtemps conservé une allure de forteresse avec avant-corps carré relié par un pont-levis, muni de créneaux et de mâchicoulis, et renforcé aux angles par des tours rondes. Cétait la porte dapparat par laquelle se faisaient les entrées des grands personnages, doù son nom de « porte Royale ». Les ruines de lavant-corps furent rasées sous le Second Empire et une seconde porte percée à côté de la première en 1882.
La première porte que vous rencontrez est celle de lhôpital Sainte-Marthe, fondé en 1354 par Bernard de Rascas. Vous pouvez pénétrer dans le jardin pour admirer la très belle façade, longue de 175 mètres, réalisée par J-B Franque en 1745. Ce lieu a été choisi pour regrouper lensemble des établissements denseignement supérieur de la ville. LUniversité dAvignon, créée en 1303 par Boniface VIII, est lune des plus anciennes de France après Paris et Montpellier. Après plus dun siècle et demi de profond sommeil, elle se réveille peu à peu, depuis une trentaine dannées. Poursuivez votre route le long des remparts. Vous passez devant la caserne Chabran. Elle fut construite par les soins de la ville afin de permettre en 1906 lévacuation par les militaires du Palais des Papes. Ainsi Avignon put entrer en jouissance du prestigieux monument et en entreprendre la restauration pour le bonheur de tous. La première brèche que vous rencontrez est la porte Thiers qui fut percée entre 1869 et 1878.
Edifiés entre 1355 et 1370 sous les pontificats dInnocent VI et dUrbain V, les remparts dAvignon, sur une longueur de plus de 4 kilomètres, délimitent une surface de 151 hectares, ce qui permettait alors à cette seconde Rome de devenir après Paris la plus grande ville de France. Un large fossé, profond de quatre mètres, alimenté par les eaux de la Sorgue et de la Durançole, en défendait laccès. Les sept portes de la ville, munies de vantaux de bois bordés de fer, que lon fermait tous les soirs, étaient commandées par des tours précédées de ponts-levis auxquels sajoutaient des herses. La muraille était haute denviron huit mètres, et garnie de créneaux et de mâchicoulis. Elle était renforcée par trente-cinq grandes tours et cinquante tours intermédiaires plus petites. Au XVème siècle, cétait le rue du Cheval-Blanc, à cause dune hôtellerie qui se trouvait à côté du Portail Imbert Vieux. Ce nest quà partir du XVIIIème siècle et à cause de son activité, quelle commença à porter son appellation actuelle. En effet, à cette époque, le quartier était devenu celui des indienneurs dont lindustrie était des plus florissantes. En 1734, cette activité qui faisait vivre plus de cinq cents ouvriers, fut interdite à la suite dun accord entre le roi de France et le pape : les indiennes dAvignon concurrençaient trop les soieries de Lyon. Au XIXème siècle, lindustrie reprit avec la même ampleur et sur les mêmes lieux. Cest à cette époque, en 1803 exactement, que fut ouverte la partie de la rue comprise entre le rempart et lactuelle rue Guillaume Puy. La mode changeant, lindustrie périclita à partir de 1848. En 1856, neuf fabriques occupaient encore 318 ouvriers, en 1875 il ny en avait plus que deux. Cest dans ce quartier quest né le pastis. Les Pernod, originaires du Bugey, sétaient établis comme teinturiers. Mais, avec le déclin de lindustrie de la garance, il fallut se reconvertir. Les Pernod se lancèrent alors dans la distillerie de labsinthe, activité quils poursuivront jusquà linterdiction de sa consommation en 1915. Cest à ce moment que la famille crée une nouvelle boisson à base danis sous le nom de « Pernod ». Au n° 26, la maison gothique du Quatre de Chiffre est la seule dAvignon à présenter comme décor un « quatre de chiffre », sorte de monogramme presque illisible gravé sur la façade et qui représentait vraisemblablement une marque de commerce. La date 1493 inscrite dans un petit cartouche rappelle son demi-millénaire dexistence. Au n° 20, sur un mur au-dessus de la Sorgue, un petit bas-relief représentant une tarasque est à rapprocher du nom de le rue Puits-de-la-Tarasque toute proche. Au n° 8, la chapelle de la Royale et Dévote Confrérie des Pénitents Gris, fondée par le père de Saint-Louis, Louis VIII, après le siège dAvignon en 1226, remplace un vieil oratoire de la Sainte Croix où, selon la tradition, le roi serait venu faire ses dévotions. Le 30 novembre 1433, lors dune crue subite du Rhône, la tradition veut également que le Miracle de la séparation des eaux de la Mer Rouge se soit reproduit ici : les eaux qui avaient envahi la nef sécartèrent pour laisser passer le Saint Sacrement.
La muse de Pétrarque, Laure de Noves, y aurait été ensevelie dans celui des Sade. Cest à la suite de lassassinat dans cette église, le 16 octobre 1791, du notaire révolutionnaire Nicolas Lescuyer, que furent déclenchés en représailles les fameux massacres de la Glacière perpétrés la nuit suivante sur une soixantaine de détenus dans les prisons du Palais des Papes.
Continuer tout droit en empruntant la rue Bonneterie, après la petite place tourner à gauche dans la rue de la Masse. Cette rue doit vraisemblablement son nom à une ancienne hôtellerie située près de Saint-Didier dans la portion de rue qui porte aujourdhui le nom de Roi-René. Au n° 19, lhôtel de Salvador doit son état actuel à la reconstruction quen entreprit Paul de Salvador en 1715. Lexécution des travaux fut réalisée par J.B. Franque père et fils. Après la place Noël-Biret, poursuivez quelques mètres dans la rue de la Masse pour vous rendre jusquaux vestiges de la chapelle Sainte-Claire. Le couvent des Clarisses, lun des plus anciens de la ville, reconstruit au XIVème siècle, fut entièrement dévasté en 1790. Les murs en étaient pourtant chargés dhistoire, puisque cest dans léglise de ce couvent quau matin du 6 avril 1327, Laure apparut aux yeux de Pétrarque pour la première fois.
Prendre à droite la rue du Crucifix, puis à gauche la rue Pétramale, du nom dun cardinal mort en 1400 et qui possédait une livrée dans cet endroit. Au bout de la rue Pétramale, tournez à gauche dans la rue des Lices. Le grand bâtiment à arcades que vous découvrez à présent est lancienne Aumône Générale. Fondée par le Conseil de Ville entre 1546 et 1557, elle avait pour but de supprimer la mendicité, de recueillir les pauvres, les vieillards, las malades incurables. Laile centrale date de la fin du XVIIème siècle, tandis que celle de droite fut reconstruite au milieu du XVIIIème siècle sur des plans de J.B. Franque. Ces portiques, qui caractérisent larchitecture des « charités », comme à Marseille ou Lyon, disposés en quadrilatère ouvert a midi, devaient permettre de faire pénétrer au maximum le soleil tout en gardant les lieux abrités du Mistral. Au XIXème siècle, les bâtiments furent utilisés comme « la caserne des passagers », terme encore employé aujourdhui pour les désigner. A côté de lAumône Générale, au-delà de la rue Noël-Biret, la chapelle des Dames du Verbe Incarné présente une façade dont le tympan figurant une annonciation a été martelé à la Révolution. Le couvent avait été fondé en 1639 et la chapelle édifiée en 1659 ; celle-ci avait été reconstruite entre 1725 et 1728 par François et Jean-Baptiste Franque.
LUniversité dAvignon sous lAncien Régime, bien que comportant les quatre facultés traditionnelles, tenait tout entière dans des bâtiments de la place des Etudes où elle sétait installée en 1420. Elle sy maintint jusquà la Révolution. Ses locaux furent détruits en 1941 et remplacés par un immeuble moderne.
Au bout de la rue des Etudes, sur la droite, on peut voir les vestiges du couvent des religieuses de Saint Eutrope, tandis que sur la gauche se trouve la maison acquise par le peintre Philippe Sauvan en 1728. En face, au n° 21 de la rue des Trois-Faucons, lhôtel dAlbert de Luynes présente une belle façade du milieu du XVIIIème siècle, malheureusement déparée par des commerces ouverts au rez-de-chaussée. Aux n° 4 et 6, lhôtel de Rochegude a été édifié vers 1732. Il présente une imposante façade dont la porte est surmontée dun beau mascaron de faune. Il est aujourdhui propriété et siège du Comité Interprofessionnel des Côtes du Rhône. Rejoignez à présent la place Saint-Didier. En empruntant la rue Saraillerie et la rue Galante, vous pouvez regagner votre point de départ sur la place de lHorloge. Autres Balades "Chico Mendes"; "Ile de la Barthelasse"; "Monfavet" |
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