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"Chico Mendes" (extra-muros)
   


En 1837, 4% seulement de la population avignonnaise est établie à l’extérieur des remparts. Cette proportion est de 40% en 1931 et atteint plus de 80% aujourd’hui. Même si les quartiers d’habitations ne s’y sont créés que récemment, l’extra-muros est indissociable de l’histoire de la cité.

Les grands domaines agricoles qui se partageaient le sol appartenaient principalement aux ordres religieux ou à l’aristocratie urbaine. Les récoltes de ces terres très fertiles approvisionnaient la ville et contribuaient à sa prospérité.

Les alignements de platanes, les moulins, et quelques grands mas sont les rares vestiges de ce passé récent. La nomenclature a mieux traversé les siècles, même si les chemins de terre ou non champêtre sont devenus de larges avenues.

En parcourant ces quartiers, vous pourrez suivre les étapes de l’évolution démographique d’Avignon : les villas de la première moitié du siècle forment une ceinture qui suit les remparts. Ces quartiers ont été gravement touchés en 1944 par les bombardements alliés des 27 mai, 25 juin et 7 août qui ont fait plusieurs centaines de victimes.

Avignon a été déclarée ville-martyre et porte depuis, la Croix de Guerre sur ses armoiries. Une seconde ceinture est constituée par les grands ensembles urbains élevés dans les années 60 pour répondre au rapide accroissement de la population. La troisième ceinture, où se côtoient des lotissements et des immeubles de petite taille, se met en place sous nos yeux.

Départ place de l’Horloge

Cette place est le cœur d’Avignon, le lieu le plus animé de la ville. La place de l’Horloge reprend approximativement l’emplacement du forum romain, mais son visage actuel date du siècle dernier. Le théâtre devant lequel veillent Corneille et Molière date de 1847. L’Hôtel de Ville, édifié à la même époque, entre 1845 et 1851, occupe l’emplacement d’un ancien palais cardinalice. Cette livrée qui garda le nom de son dernier occupant le cardinal d’Albano, fut acquise en 1447 par les syndics d’Avignon pour en faire la Maison Commune.

De son lointain passé, la mairie a conservé la vieille tour fortifiée, transformée au XVème siècle en beffroi muni d’un jacquemard et d’une horloge qui valut son nom à la place.

Au bas de la place, dirigez vous par la rue Favart vers la place Carnot.

Cette place est l’ancienne place de la Saunerie, où se faisait le commerce du sel indispensable à la conservation des aliments. Elle jouxte la place Jérusalem qui était le centre du quartier juif appelé « la Carrière » . Les Juifs, protégés des papes, étaient obligés de résider dans ce quartier séparé du reste de la ville par trois portails.

Admirez sur votre gauche le chevet de l’église Saint-Pierre. Le clocher et la façade ont été reconstruits entre la fin du XVème siècle et le début du XVIème siècle.
La permanence du
style gothique à une époque aussi tardive est la marque de la nostalgie des Avignonnais pour les formes du siècle précédent, quand leur ville était la capitale de la Chrétienté.

Au départ de la rue Carnot, empruntez la rue Armand de Pontmartin

Ce journaliste avignonnais a fait sa carrière à Paris à la Gazette de France. Ici se tint durant tout le Moyen-Age, dans le cimetière Saint-Pierre, un marché aux bestiaux interdit dès 1355 du fait que les cochons déterraient les morts et les dévoraient.
Dans cette rue se trouvait l’ancienne église paroissiale Saint-Symphorien, transférée à la Révolution dans l’église du couvent des Carmes.

Au bout de la rue, vous passez devant un magnifique portail du XVIIIème siècle.

Rejoignez la rue Sainte-Catherine

Le portail de la rue Armand-de-Pontmartin est celui de l’ancien monastère des Dames Cisterciennes de Sainte-Catherine. Installées à l’origine à Montdevergues, elles s’établirent à l’intérieur des remparts au XIIIème siècle par mesure de sécurité.
Au n°8 de la rue Sainte-Catherine, le Théâtre du Chêne Noir occupe l’ancienne
chapelle du monastère. Le seul ornement de la façade est la rose dont le remplage dessine l’étoile de David.

Par la rue des Trois-Pilats et la rue Lafare, vous déboucherez sur la place du Grand-Paradis

Dans un angle de cette place se dressent les vestiges de la chapelle des Pénitents Violets, dédiée à « Jésus-Marie-Joseph ». La confrérie est fondée en 1662 par des dissidents de la confrérie des Pénitents Bleus. La façade a été refaite en 1740 sur les plans de J.B. Ier Péru. Un temps rattachée aux Pénitents Noirs, puis rétablie, la confrérie est définitivement supprimée à la Révolution et ses biens vendus à des particuliers.

Prenez, à gauche du lycée Aubanel, la rue Saint-Joseph

Elle a été baptisée ainsi en 1843 en souvenir du couvent des Carmes Dechaussés, fondé en 1608 sous le vocable de Saint Joseph.
Remplacé au siècle dernier par le
monastère du Sacré-Cœur, c’est aujourd’hui le lycée Théodore Aubanel.

Vous longez les remparts Saint-Lazare. Presque toutes les villes ont rasé leurs murailles au XVIIIème siècle et ont aménagé sur les anciens fossés une promenade plantée d’arbres. Avignon a conservé ses remparts car ils ont toujours constitué la seule défense contre les crues du Rhône, dont la dernière qui ait présenté une réelle menace pour la ville a eu lieu en 1962.

Rejoignez, par la rue du Conduit Perrot, la rue Carreterie

Jusqu’à l’arrivée du chemin de fer en 1849, qui a entraîné le percement de la rue de la République dans l’axe de la gare et le transfert de l’activité économique au Sud de la ville, la rue de la Carreterie (rue des charretiers) était l’artère principale d’Avignon, de la porte Saint-Lazare à la place du Palais.

La Porte Saint-Lazare était la porte majeure d’Avignon et la plus fortifiée. Elle recevait les Grandes Entrées des personnalités de marque. Ici sont passés Marie de Médicis, Louis XIII, Mazarin, César Borgia…

Elle s’écroula en 1570 lors d’une crue du Rhône et fut relevée. Les ouvrages défensifs (ravelins, pont-levis) ont disparu et une seconde ouverture fut percée pour dégager la porte existante.

Dans l’axe de la porte, au delà de la place Saint Lazare, engagez vous dans l’avenue de la Synagogue

Il n’y a apparemment pas de lieu de culte israélite dans cet endroit et rien dans l’histoire d’Avignon ne nous apprend que la communauté juive ait eu un rapport avec lui.

Ce quartier aujourd’hui résidentiel était très actif. La courbe des berges du Rhône forme ici un port naturel où venaient s’amarrer les grands radeaux de bois qui descendaient le fleuve.

L’activité industrielle s’est longtemps maintenue : plusieurs centaines d’ouvriers venaient encore dans les années 50 travailler à la fonderie, à l’usine électrique ou à l’usine à soie SIPRA, dernier fleuron de l’ industrie textile avignonnaise.

Une des maisons qui donnent sur l’avenue, était la chapelle Notre-Dame de Bonne Aventure, fondée à une date inconnue sur le lieu où les eaux du Rhône ont déposé une statue de la Vierge.

Prenez tout droit la rue Girart-de-Rousillon. Un tunnel passe sous la ligne de chemin de fer et débouche sur la rue du Clos-des-Trams, bordée de marronniers

C’était ici la gare des tramways électriques qui, partant du centre-ville, desservaient depuis 1895 Saint-Ruf, Monclar, les Rotondes, Sorgues et le Pontet. La mairie a racheté le réseau en 1932 pour le remplacer par un service de bus.

La rue rejoint la route de Lyon. De l’autre côté de la route commence le quartier Saint-Véran.

Le cimetière Saint-Véran est créé en 1824 sur des terrains achetés par la mairie à l’hospice. Il a été agrandi sept fois depuis, et exhaussé pour le protéger des inondations. L’entrée était initialement route de Lyon, mais pour des raisons de commodité on perça en 1838 l’entrée actuelle vers le boulevard Limbert.

Dans Saint-Véran sont enterrées plusieurs personnalités du Félibrige dont Théodore Aubanel, ainsi que Paul Saïn, Paul Manivet, John Stuart-Mill (que nous retrouverons plus loin), François-Vincent Raspail… Ici repose aussi Agathe-Rosalie de Rambeaud, femme de chambre de la reine Marie-Antoinette, « berceuse des enfants de France ».

Le quartier et le cimetière doivent leur nom au monastère des Dames Bénédictines fondé en 1140 sur la tombe de Saint Véran. Les religieuses abandonnent précipitamment leurs bâtiments en 1536 lorsque François 1er met le siège devant Avignon et établit ici son campement de 50 000 hommes.

La chapelle Saint-Véran est le seul vestige du monastère. Elle est encore en bon état mais incorporée dans les locaux d’une blanchisserie industrielle. Invisible depuis la route, on y accède par la première rue à gauche de la route de Morières.

Une fois sur la route de Morières, empruntez la première avenue à droite

L’avenue Boccace est dédiée au poète florentin, ami de Pétrarque, et auteur du célèbre « Décaméron ».

De l’avenue Boccace, sur la gauche, part le chemin de l’Anglaise. Ce personnage est la femme du philosophe anglais John Stuart-Mille. Au cours d’un voyage, elle meurt à Avignon en 1858, à l’hôtel d’Europe. Elle est enterrée à Saint-Véran. Pour ne pas la quitter, son mari achète une maison à proximité et vient se recueillir tous les jours sur sa tombe jusqu’à sa mort en 1873. En 1961, sa maison est rasée pour laisser la place à des immeubles de logement. Seule l’allée de platanes est conservée.

Au croisement de l’avenue Bocacce et de l’avenue de la Folie, un muret est tout ce qu’il reste du Moulin de la Folie, sur le canal de l’Hôpital, détruit en 1986. C’était un bâtiment du XVème siècle qui remplaçait un édifice bien plus ancien. Il possédait au XVIIIème siècle un riche décor de statues, d’inscriptions, de bustes allégoriques. Cette ornementation avait disparu mais le moulin conservait des niches et de belles fenêtres à meneaux. Son nom mystérieux provient de la déformation de son utilisation primitive : le foulage des pièces de draps, à l’aide de marteaux, afin de leur donner plus de souplesse.

Continuez tout droit par l’avenue de Wetzlar

Cette cité d’Allemagne est la première ville jumelée avec Avignon en 1960, sous la municipalité Edouard Daladier. Cette union hautement symbolique sera à l’origine du comité de jumelage qui lie aujourd’hui Avignon à neuf villes d’Europe, d’Afrique et d’Amérique.

Sur l’avenue de Wetzlar, prenez à gauche un petit chemin qui longe un canal bordé de platanes

Ce chemin débouche près de l’église moderne Saint-Jean, dans un agréable quartier dont les rues ont reçu les noms de grands prélats de la cour pontificale d’Avignon. La rue Annibal-de-Ceccano est dédiée au Cardinal-Archevêque de Naples dont la livrée, qui a accueilli l’ancien collège des Jésuites, est aujourd’hui la médiathèque municipale.

Au bout de la rue Annibal-de-Ceccano, entrez dans un jardin public. Prenez à gauche un chemin de terre et longez le canal de Vaucluse. La piste cyclable passe sous la rocade Charles-de-Gaulle, et poursuit jusqu’à l’avenue du Pont-des-Deux-Eaux.

Empruntez le rond-point, devant la clinique Urbain V. Traversez le parking du centre commercial. Une fois de l’autre côté, traversez la rue Mélinie et Missak Manoukian, martyrs de la Résistance, et pénétrez dans le parc Chico-Mendès

Une large allée de platanes conduit au portail du mas du Clos de la Sacristie. Ce domaine était à l’origine propriété du chapitre de la cathédrale. A côté du mas se trouve le Moulin Neuf, sur le canal de l’Hôpital. La mise en valeur du moulin et du canal en font l’ornement majeur de ce vaste jardin paysager. Cet espace vert est le meilleur hommage qui puisse être rendu à Chico Mendès, assassiné en 1981 pour avoir combattu la déforestation de l’Amazonie.

Dans le quartier du Pont-des-Deux-Eaux, les eaux du canal de l’Hôpital et du canal de Vaucluse se croisent. Elles étaient franchies par un pont de bois attesté dès 1291. Depuis le Moyen-Age, tous ces canaux, sorguettes ou durançoles, convergent vers Avignon. Ils traversaient la ville à ciel ouvert, comme encore aujourd’hui dans la rue des Teinturiers.

Les canaux, aménagés de nombreux moulins, utilisaient la force du courant pour diverses activités : le broyage des céréales bien sûr, mais surtout pour les multiples opérations de la fabrication des textiles, qui ont fait la fortune de la ville aux XVIIème et XVIIIème siècles.

Vous pouvez pénétrez à l’intérieur du parc et profiter du parcours-santé qui y a été aménagé.

Quittez le parc Chico-Mendès et tournez à droite, vers la rue Georges-Braque. Au rond-point, prenez la rue Pablo-Picasso jusqu’à un second rond-point

Prenez alors à gauche et rejoignez l’avenue du Pont-des-Deux-Eaux.

Dans ce quartier ont été appliquées les plus récentes règles d’urbanisme, bannissant définitivement les blocs de bétons pour privilégier les petits ensembles plus conviviaux et les espaces verts. Le collège Gérard-Philippe, devant lequel vous passez, comme le lycée René-Char, à quelques mètres de là, témoignent de l’effort vers une architecture de qualité.

Prenez l’avenue du Pont-des-Deux-Eaux, puis l’avenue des Cinq Cantons. Vous arrivez avenue de Fontcouverte

En 1447, la ville d’Avignon charge Dominique Morel de capter dans ce quartier une source et d’en faire une fontaine couverte sur laquelle seraient apposées les armes de la cité. Cette source est encore visible à l’endroit où la route de Montfavet passe sous la Rocade. Elle se présente sous la forme d’une pyramide édifiée en 1777 par J.B. II Péru. Le nom abrégé de Font-Couverte apparaît pour la première fois au XVIIIème siècle. Cette eau a longtemps passé pour purgative et chaque lundi de Pâques la population, vice-légat en tête, venait en boire.

L’avenue des Cinq-Cantons franchît l’avenue de Fontcouverte et rejoint l’avenue Saint-Chamand, qui longe la gare de marchandise.

Saint Chamand (ou Saint Aimant) était évêque d’Avignon au IVème siècle. Il fut martyrisé ici et une église a été élevée sur sa tombe. C’est un des trois saints avignonnais dont le lieu de culte se dressait hors les murs.
« Saint-Ruf, saint-Véran, saint-Chamand, Trois grands saints, Tous trois aux champs ».

De l’autre côté de l’avenue de l’Amandier, se trouve le lac artificiel de Saint Chamand, autrefois aménagé en partie pour la baignade, le reste, agrémenté d’une guinguette, étant réservé à la pêche.

Prenez l’avenue de l’Amandier en direction de la route de Marseille. La seconde rue à droite est l’avenue Pierre-de-Coubertin qui longe le complexe sportif. Tournez, au bout de l’avenue, devant le bâtiment de verre de la Mutualité Agricole. Engagez-vous dans le tunnel qui passe sous la route de Marseille. Vous voici devant Cap Sud.

Ouvert en 1973, il est avec Mistral 7 le premier centre commercial d’Avignon, et marque un changement profond des modes de vie.

Il est dominé au Nord par les tours de la Barbière. Cette ZUP, construite sur le parc du château et à l’emplacement d’anciennes rizières, constituait l’avant-garde des années 60. Les habitants fuyaient alors le centre ville dont beaucoup d’immeubles restèrent longtemps sans confort.

L’agrandissement du parking du Centre Commercial en 1993 a entraîné la création d’un lac destiné à recevoir l’eau de ruissellement et à éviter ainsi les inondations lors des gros orages.

L’avenue ressemble ici à une petite route de campagne. Vous vous retrouverez tout-à-coup au milieu des exploitations maraîchères qui constituent la « Ceinture Verte » d’Avignon.

Traversez le parking et prenez l’avenue de la Croix-Rouge

Ce paysage caractéristique de la vallée du Rhône avec ses haies parallèles de cyprès qui protègent les cultures du mistral, est cependant récent. C’est l’arrivée du chemin de fer et la possibilité d’écouler rapidement les récoltes vers Lyon ou Paris, qui a favorisé l’essor du maraîchage sur des terres autrefois utilisées en prairies.

Mise à part, la pression de l’urbanisme, ces paysages sont en pleine mutation par le développement croissant des cultures sous serres et la suppression des haies.

Avant d’arriver sur les rives de la Durance, prenez à droite le chemin de la Grande Chaussée, puis à gauche le chemin des Pêcheraies, puis à nouveau à droite le chemin de la Coupe d’Or.

Chemin de la Coupe d’or, dont l’orthographe serait due à l’altération de « Coup d’Eau ». Effectivement ce quartier borde la Durance, ce qui prend tout son sens. « Coupe d’Or », vieille appellation dont nous retrouvons mention sur un document d’avril 1276 sous la mention « Copedor ». En 1323, nous apprenons que l’endroit était planté en vignes. En 1457, on écrivait «Copador », et en 1547 apparaît le nom actuel de Coupe d’Or.

Prendre ensuite à gauche l’allée Saint-Martial

Faisons un bref retour historique pour signaler qu’au XVe siècle, il est fait état à cet endroit d’un hôpital Saint-Martial d’Avignon consistant en une maison dotée d’un jardin avec 58 éminées de terre près de la Durance et 6 florins de revenus, à l’origine de l’appellation actuelle. Vers 1451, le pape Nicolas V réduisit le nombre des hôpitaux de la ville, et pour ce faire supprima Saint-Martial, qui fut annexé dès lors à celui de Sainte-Marie-Majeure situé près de la porte Saint-Michel.

Prendre à droite et tout de suite après à gauche l’avenue de la Bouquetière, puis après un large virage à droite, on emprunte l’avenue de la Cabrière.

Cette avenue tire son nom de terres appartenant en 1767 au sieur Joseph Riou de la Cabrière, propriétaire foncier, membre d’une aristocratie vivant ses dernières heures de gloire à la veille d’une Révolution qui allait tout bouleverser.

Prendre à gauche la rue Joseph d’Arbaud

Ecrivain et poète provençal de grand talent, Joseph d’Arbaud est né à Meyragues en 1874 et décédé à Aix-en-Provence en 1950. Il fut également manadier, membre de la Nation gardiane et Majoral du Félibrige en 1918.
Parmi ses œuvres les plus connues, on peut citer «
le Laurier d’Arles » « La Bête du Vaccarès », « la Sauvagine » et « les Chants Palustres »

Prendre à droite au débouché de la route de Tarascon, et empruntez tout de suite à gauche le passage souterrain, afin de vous retrouver à la sortie sur le côté droit de la route de Tarascon.

En prenant la contre-allée, vous apercevrez sur votre droite le Lycée Polyvalent Philippe de Girard.

L’homme qui a donné son nom à cet établissement mérite qu’on évoque un instant sa destinée qui ne fut pas banale. Philippe de Girard né à Lourmarin (84) en 1775 et décédé à Paris en 1845, fut un des inventeurs les plus féconds et les plus malchanceux du XIXe siècle.

Parmi ses innombrables inventions, on peut citer les lampes hydrostatiques à niveau constant et les globes dépolis (1805), la lunette achromatique (1806), la machine à filer le lin (1810). Ses découvertes ne touchèrent pas seulement l’industrie, mais aussi par exemple le domaine militaire, le domaine musical avec la construction d’un piano à octaves et à trémolophones.

Mais parfois victime de contrefaçons de ses collaborateurs, parfois victime de la situation politique de l’époque, ses mérites ne furent pas reconnus à leur juste valeur en France. Appelé par le tsar Alexandre 1er, il fonda une filature près de Varsovie, et devint ingénieur en chef de l’industrie polonaise. Une ville de Pologne (Zyradow) porte encore aujourd’hui son nom.

Le collège Technique d’Avignon et les Centres d’apprentissage jumelés se sont installés dans les vastes locaux de la Cité Scolaire au mois de janvier 1960. La construction de la Cité Scolaire a marqué une date très importante dans le développement de l’Enseignement Technique en Avignon.

En l’an 2000, le lycée Polyvalent Philippe de Girard, c’est 4 hectares de superficie, 12 000 m2 d’ateliers et de laboratoires technologiques, 1 125 élèves dont 300 étudiants, 140 professeurs, le GRETA (organisme de formation).
C’est aussi 8 sections de baccalauréats, 5 sections de techniciens supérieurs, et des classes préparatoires aux Grandes Ecoles.

Le lycée professionnel s’est séparé du Lycée technique Philippe de Girard en 1983, et il a pris le nom de Robert Schuman en 1993. Le lycée professionnel accueille 510 élèves, et abrite également un Centre de Formation des Apprentis de 320 élèves .
L’enseignement dispensé conduit au Brevet d’Etude Professionnelle et au Bac Professionnel.

Prendre à droite la rue Raoul-Follereau

L’hôpital de la Durance ou hôpital Henri-Duffaut, a été construit en 1981 pour y transférer l’hôpital Sainte-Marthe. Le développement de la voirie dans ce quartier, laisse supposer que la ville portera d’ici quelques années ses habitations jusqu’au bord de la Durance.

Continuez par l’avenue Guy-de-Chauliac. Le chemin du Viaduc rejoint le quartier «Terminus Monclar», autrefois terminus du tramway, à l’extrémité de l’avenue Monclar.

L’avenue suit le tracé de la Via Agrippa d’Arles à Avignon, qui franchissait la Durance à l’aide d’un bac. Si la voie romaine a conservé son importance au nord de la ville, puisqu’elle est devenue la route de Lyon, elle a été détrônée dans sa partie Sud par la route de Tarascon.

Prenez, à gauche, l’avenue Eisenhower, vous traversez le quartier Champfleury

Au niveau de la rue Paul-Achard, sur votre droite, vous apercevez la flèche de l’église Saint-Joseph, conçue par l’architecte Guillaume Gillet. Elle est caractéristique de l’architecture sacrée des années 60, qui vise à trancher avec les volumes simples des barres de logements.

Pourtant dépourvu de monuments, Champfleury est un quartier particulièrement chargé d’histoire. Il naît en 1348 quand Clément VI achète un vaste terrain pour inhumer les victimes de la Grande Peste qui a décimé la moitié de la population. Jusqu’en 1393, 70 000 personnes y sont enterrées. Les fleurs déposées sur les tombes lui auraient valu le nom de «champ fleuri » .

Vers 1356, une chapelle est élevée, où passent les remparts. Elle est reconstruite plus loin en 1368. A ses côtés un hôpital pour les pestiférés est fondé en 1528. Saint Roch, protecteur de la peste, donne alors son nom au quartier.

Au siècle dernier, les bâtiments de l’hôpital sont transformés en caserne de cavalerie, la caserne de Salles, qui est l’actuel commissariat. L’ ancien cimetière de Champfleury, devenu cimetière Saint-Roch, sera utilisé à nouveau à partir de 1791 : les sept cimetières de l’intra-muros (un par paroisse) y sont alors transférés. Il servira jusqu’en 1824 seulement, car trop souvent inondé. Tous les ossements qui y furent recueillis, ont été transportés à Saint-Véran en 1833.

Vous arrivez face aux remparts

La porte Sainte-Roch est l’une des sept portes du rempart du XIVème siècle. Elle se trouvait à l’origine à l’emplacement occupé par les vannes. Ces vannes ferment les cours d’eau qui traversent la ville, se jettent ici dans les anciens fossés (ou canal de ceinture) puis rejoignent le Rhône. Elles sont installées en 1842 pour empêcher les eaux du Rhône de pénétrer dans l’intra-muros lors des crues. La porte est reconstruite en 1865 sur les plans de Viollet-le-Duc.

Passez par la porte, et prenez à gauche la rue Velouterie

A gauche, des immeubles récents ont été construits sur les anciens abattoirs datant de 1817. En face, voici la façade refaite au XVIIème siècle de l’église Notre-Dame-du-Miracle. Un homme condamné au bûcher sur l’Estel voisin pour un crime qu’il n’avait pas commis, implore la Vierge. Il est alors épargné par les flammes. Pour commémorer ce miracle, Jean XXII fonde cette église-collégiale en 1326. C’est dans ce bâtiment que se manifeste pour la première fois à Avignon un art pleinement gothique. En lisant la plaque apposée sur la façade, on apprend que Richelieu vint y dire la messe en 1618, lors de son exil avignonnais.

Suivez la rue Velouterie jusque devant le lycée Mistral.

Ici était installé un grand vivier dans lequel on déposait le poisson d’eau douce destiné à la table du souverain pontife. Le poisson était transporté vivant par le Rhône, dans des bateaux prévus à cet effet.

En 1547, une fabrique de velours est construite à son emplacement. Elle laissera son nom à la rue Velouterie.

C’est sur cette place, appelée « Estel », qu’avaient lieu les exécutions capitales. C’est ici également qu’en 1356, débarquèrent les ambassadeurs envoyés au pape Innocent VI par l’empereur de Constantinople.

Passez devant la porte Saint-Dominique, tournez à droite pour prendre la rue Victor-Hugo

Le nom de Saint Dominique donné à cette brèche percée dans les remparts évoque le souvenir de l’ancien couvent des Dominicains, qui occupait la superficie de tout ce quartier.

C’était le plus grand et le plus prestigieux établissement religieux d’Avignon. On attribuait sa fondation en 1220, à saint Dominique lui-même. C’est ici que résidait le pape Clément V lors de ses voyages à Avignon.

L’église reconstruite en 1330 possédait trois nefs, dix-huit chapelles latérales et neuf autres chapelles donnaient sur le déambulatoire du chœur. Elle était la plus grande de la ville et la plus richement décorée. Elle vit le couronnement de Benoît XII et Clément VI, bâtisseurs du palais des Papes, ainsi que la canonisation de saint Thomas d’Aquin en 1323. Quatre-vingt cardinaux et cent quarante évêques y avaient leur sépulture. Transformée en fonderie après la Révolution, elle fut progressivement démolie dans la première moitié du siècle dernier dans l’indifférence générale.

Sur l’emplacement du couvent s’est progressivement constitué un quartier résidentiel où plusieurs grands industriels élevèrent d’imposants hôtels particuliers.
Au n° 17 de la rue Victor-Hugo, le Musée Louis Vouland est installé dans l’un de ces hôtels. Il abrite une collection prestigieuse de meubles et d’objets d’art datant des XVIIème et XVIIIème siècles. Louis Vouland légua son hôtel et sa collection à la Fondation de France à condition qu’il soit transformé en musée d’
arts décoratifs.

Continuez la rue Victor-Hugo. Traversez la rue Joseph-Vernet. Vous pénétrez, par la rue Petite-Calade, dans l’enceinte du XIIème siècle.

La place du Plan-de-Lunel appartenait à l’évêque d’Avignon. Elle était située entre la livrée de Cambrai (Musée Calvet) et la livrée de Poitiers (Hôtel de la Préfecture). Au centre de la place se dressait une croix couverte.

Empruntez la rue Bouquerie. Vous débouchez sur la place Viala

La place est bordée de deux magnifiques hôtels :
L’hôtel Desmarets de Montdevergues devint propriété de Charle-Magne-Victorin Desmarets de Montdevergues en 1785. Il fit reconstruire la façade. Au rez-de-chaussée une colonnade supporte le balcon. A l’étage, quatre pilastres soutiennent le fronton, où deux oiseaux des marais, armes parlantes de la famille, encadrent un écu.

Les travaux étaient à peine achevés lorsque éclate la Révolution. L’immeuble passera dans les mains de plusieurs propriétaires avant de devenir le siège du Conseil Général de Vaucluse.

En face, se dresse l’hôtel de Forbin de Sainte-Croix, son emplacement était occupé au XIVème siècle par la livrée de Poitiers. En 1475, Julien de la Rovère l’achète et y installe le collège du Roure qui fonctionnera jusqu’au début du XVIIIème siècle.

En 1712, les bâtiments deviennent la propriété de J.B. Reynaud de Forbin de Galéans des Issarts, seigneur de Sainte-Croix, qui fait édifier l’hôtel actuel, composé de deux parties reliées par un arceau déjà existant au XIVème siècle. Siège de l’administration départementale à la Révolution, il est restitué à la famille de Forbin à la Restauration, puis acheté par la Préfecture de Vaucluse en 1822.

Passez sous l’arceau de la Préfecture et traversez la rue Saint-Agricol. Longez le chevet de l’église. A droite, par la rue Félicien-David, rejoignez la place de l’Horloge.

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