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| "Chico Mendes" (extra-muros) | |||||
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Les grands domaines agricoles qui se partageaient le sol appartenaient principalement aux ordres religieux ou à laristocratie urbaine. Les récoltes de ces terres très fertiles approvisionnaient la ville et contribuaient à sa prospérité. Les alignements de platanes, les moulins, et quelques grands mas sont les rares vestiges de ce passé récent. La nomenclature a mieux traversé les siècles, même si les chemins de terre ou non champêtre sont devenus de larges avenues. En parcourant ces quartiers, vous pourrez suivre les étapes de lévolution démographique dAvignon : les villas de la première moitié du siècle forment une ceinture qui suit les remparts. Ces quartiers ont été gravement touchés en 1944 par les bombardements alliés des 27 mai, 25 juin et 7 août qui ont fait plusieurs centaines de victimes. Avignon a été déclarée ville-martyre et porte depuis, la Croix de Guerre sur ses armoiries. Une seconde ceinture est constituée par les grands ensembles urbains élevés dans les années 60 pour répondre au rapide accroissement de la population. La troisième ceinture, où se côtoient des lotissements et des immeubles de petite taille, se met en place sous nos yeux.
Cette place est le cur dAvignon, le lieu le plus animé de la ville. La place de lHorloge reprend approximativement lemplacement du forum romain, mais son visage actuel date du siècle dernier. Le théâtre devant lequel veillent Corneille et Molière date de 1847. LHôtel de Ville, édifié à la même époque, entre 1845 et 1851, occupe lemplacement dun ancien palais cardinalice. Cette livrée qui garda le nom de son dernier occupant le cardinal dAlbano, fut acquise en 1447 par les syndics dAvignon pour en faire la Maison Commune. De son lointain passé, la mairie a conservé la vieille tour fortifiée, transformée au XVème siècle en beffroi muni dun jacquemard et dune horloge qui valut son nom à la place.
Cette place est lancienne place de la Saunerie, où se faisait le commerce du sel indispensable à la conservation des aliments. Elle jouxte la place Jérusalem qui était le centre du quartier juif appelé « la Carrière » . Les Juifs, protégés des papes, étaient obligés de résider dans ce quartier séparé du reste de la ville par trois portails. Admirez sur votre gauche le chevet de léglise Saint-Pierre. Le clocher et la façade ont été reconstruits entre la fin du XVème siècle et le début du XVIème siècle.
Ce journaliste avignonnais a fait sa carrière à Paris à la Gazette de France. Ici se tint durant tout le Moyen-Age, dans le cimetière Saint-Pierre, un marché aux bestiaux interdit dès 1355 du fait que les cochons déterraient les morts et les dévoraient. Au bout de la rue, vous passez devant un magnifique portail du XVIIIème siècle.
Le portail de la rue Armand-de-Pontmartin est celui de lancien monastère des Dames Cisterciennes de Sainte-Catherine. Installées à lorigine à Montdevergues, elles sétablirent à lintérieur des remparts au XIIIème siècle par mesure de sécurité.
Dans un angle de cette place se dressent les vestiges de la chapelle des Pénitents Violets, dédiée à « Jésus-Marie-Joseph ». La confrérie est fondée en 1662 par des dissidents de la confrérie des Pénitents Bleus. La façade a été refaite en 1740 sur les plans de J.B. Ier Péru. Un temps rattachée aux Pénitents Noirs, puis rétablie, la confrérie est définitivement supprimée à la Révolution et ses biens vendus à des particuliers.
Elle a été baptisée ainsi en 1843 en souvenir du couvent des Carmes Dechaussés, fondé en 1608 sous le vocable de Saint Joseph. Vous longez les remparts Saint-Lazare. Presque toutes les villes ont rasé leurs murailles au XVIIIème siècle et ont aménagé sur les anciens fossés une promenade plantée darbres. Avignon a conservé ses remparts car ils ont toujours constitué la seule défense contre les crues du Rhône, dont la dernière qui ait présenté une réelle menace pour la ville a eu lieu en 1962.
Jusquà larrivée du chemin de fer en 1849, qui a entraîné le percement de la rue de la République dans laxe de la gare et le transfert de lactivité économique au Sud de la ville, la rue de la Carreterie (rue des charretiers) était lartère principale dAvignon, de la porte Saint-Lazare à la place du Palais. La Porte Saint-Lazare était la porte majeure dAvignon et la plus fortifiée. Elle recevait les Grandes Entrées des personnalités de marque. Ici sont passés Marie de Médicis, Louis XIII, Mazarin, César Borgia Elle sécroula en 1570 lors dune crue du Rhône et fut relevée. Les ouvrages défensifs (ravelins, pont-levis) ont disparu et une seconde ouverture fut percée pour dégager la porte existante.
Il ny a apparemment pas de lieu de culte israélite dans cet endroit et rien dans lhistoire dAvignon ne nous apprend que la communauté juive ait eu un rapport avec lui. Ce quartier aujourdhui résidentiel était très actif. La courbe des berges du Rhône forme ici un port naturel où venaient samarrer les grands radeaux de bois qui descendaient le fleuve. Lactivité industrielle sest longtemps maintenue : plusieurs centaines douvriers venaient encore dans les années 50 travailler à la fonderie, à lusine électrique ou à lusine à soie SIPRA, dernier fleuron de l industrie textile avignonnaise. Une des maisons qui donnent sur lavenue, était la chapelle Notre-Dame de Bonne Aventure, fondée à une date inconnue sur le lieu où les eaux du Rhône ont déposé une statue de la Vierge.
Cétait ici la gare des tramways électriques qui, partant du centre-ville, desservaient depuis 1895 Saint-Ruf, Monclar, les Rotondes, Sorgues et le Pontet. La mairie a racheté le réseau en 1932 pour le remplacer par un service de bus.
Le cimetière Saint-Véran est créé en 1824 sur des terrains achetés par la mairie à lhospice. Il a été agrandi sept fois depuis, et exhaussé pour le protéger des inondations. Lentrée était initialement route de Lyon, mais pour des raisons de commodité on perça en 1838 lentrée actuelle vers le boulevard Limbert. Dans Saint-Véran sont enterrées plusieurs personnalités du Félibrige dont Théodore Aubanel, ainsi que Paul Saïn, Paul Manivet, John Stuart-Mill (que nous retrouverons plus loin), François-Vincent Raspail Ici repose aussi Agathe-Rosalie de Rambeaud, femme de chambre de la reine Marie-Antoinette, « berceuse des enfants de France ». Le quartier et le cimetière doivent leur nom au monastère des Dames Bénédictines fondé en 1140 sur la tombe de Saint Véran. Les religieuses abandonnent précipitamment leurs bâtiments en 1536 lorsque François 1er met le siège devant Avignon et établit ici son campement de 50 000 hommes. La chapelle Saint-Véran est le seul vestige du monastère. Elle est encore en bon état mais incorporée dans les locaux dune blanchisserie industrielle. Invisible depuis la route, on y accède par la première rue à gauche de la route de Morières.
Lavenue Boccace est dédiée au poète florentin, ami de Pétrarque, et auteur du célèbre « Décaméron ». De lavenue Boccace, sur la gauche, part le chemin de lAnglaise. Ce personnage est la femme du philosophe anglais John Stuart-Mille. Au cours dun voyage, elle meurt à Avignon en 1858, à lhôtel dEurope. Elle est enterrée à Saint-Véran. Pour ne pas la quitter, son mari achète une maison à proximité et vient se recueillir tous les jours sur sa tombe jusquà sa mort en 1873. En 1961, sa maison est rasée pour laisser la place à des immeubles de logement. Seule lallée de platanes est conservée. Au croisement de lavenue Bocacce et de lavenue de la Folie, un muret est tout ce quil reste du Moulin de la Folie, sur le canal de lHôpital, détruit en 1986. Cétait un bâtiment du XVème siècle qui remplaçait un édifice bien plus ancien. Il possédait au XVIIIème siècle un riche décor de statues, dinscriptions, de bustes allégoriques. Cette ornementation avait disparu mais le moulin conservait des niches et de belles fenêtres à meneaux. Son nom mystérieux provient de la déformation de son utilisation primitive : le foulage des pièces de draps, à laide de marteaux, afin de leur donner plus de souplesse.
Cette cité dAllemagne est la première ville jumelée avec Avignon en 1960, sous la municipalité Edouard Daladier. Cette union hautement symbolique sera à lorigine du comité de jumelage qui lie aujourdhui Avignon à neuf villes dEurope, dAfrique et dAmérique.
Ce chemin débouche près de léglise moderne Saint-Jean, dans un agréable quartier dont les rues ont reçu les noms de grands prélats de la cour pontificale dAvignon. La rue Annibal-de-Ceccano est dédiée au Cardinal-Archevêque de Naples dont la livrée, qui a accueilli lancien collège des Jésuites, est aujourdhui la médiathèque municipale. Au bout de la rue Annibal-de-Ceccano, entrez dans un jardin public. Prenez à gauche un chemin de terre et longez le canal de Vaucluse. La piste cyclable passe sous la rocade Charles-de-Gaulle, et poursuit jusquà lavenue du Pont-des-Deux-Eaux.
Une large allée de platanes conduit au portail du mas du Clos de la Sacristie. Ce domaine était à lorigine propriété du chapitre de la cathédrale. A côté du mas se trouve le Moulin Neuf, sur le canal de lHôpital. La mise en valeur du moulin et du canal en font lornement majeur de ce vaste jardin paysager. Cet espace vert est le meilleur hommage qui puisse être rendu à Chico Mendès, assassiné en 1981 pour avoir combattu la déforestation de lAmazonie. Dans le quartier du Pont-des-Deux-Eaux, les eaux du canal de lHôpital et du canal de Vaucluse se croisent. Elles étaient franchies par un pont de bois attesté dès 1291. Depuis le Moyen-Age, tous ces canaux, sorguettes ou durançoles, convergent vers Avignon. Ils traversaient la ville à ciel ouvert, comme encore aujourdhui dans la rue des Teinturiers. Les canaux, aménagés de nombreux moulins, utilisaient la force du courant pour diverses activités : le broyage des céréales bien sûr, mais surtout pour les multiples opérations de la fabrication des textiles, qui ont fait la fortune de la ville aux XVIIème et XVIIIème siècles. Vous pouvez pénétrez à lintérieur du parc et profiter du parcours-santé qui y a été aménagé.
Prenez alors à gauche et rejoignez lavenue du Pont-des-Deux-Eaux. Dans ce quartier ont été appliquées les plus récentes règles durbanisme, bannissant définitivement les blocs de bétons pour privilégier les petits ensembles plus conviviaux et les espaces verts. Le collège Gérard-Philippe, devant lequel vous passez, comme le lycée René-Char, à quelques mètres de là, témoignent de leffort vers une architecture de qualité.
En 1447, la ville dAvignon charge Dominique Morel de capter dans ce quartier une source et den faire une fontaine couverte sur laquelle seraient apposées les armes de la cité. Cette source est encore visible à lendroit où la route de Montfavet passe sous la Rocade. Elle se présente sous la forme dune pyramide édifiée en 1777 par J.B. II Péru. Le nom abrégé de Font-Couverte apparaît pour la première fois au XVIIIème siècle. Cette eau a longtemps passé pour purgative et chaque lundi de Pâques la population, vice-légat en tête, venait en boire. Lavenue des Cinq-Cantons franchît lavenue de Fontcouverte et rejoint lavenue Saint-Chamand, qui longe la gare de marchandise. Saint Chamand (ou Saint Aimant) était évêque dAvignon au IVème siècle. Il fut martyrisé ici et une église a été élevée sur sa tombe. Cest un des trois saints avignonnais dont le lieu de culte se dressait hors les murs. De lautre côté de lavenue de lAmandier, se trouve le lac artificiel de Saint Chamand, autrefois aménagé en partie pour la baignade, le reste, agrémenté dune guinguette, étant réservé à la pêche.
Ouvert en 1973, il est avec Mistral 7 le premier centre commercial dAvignon, et marque un changement profond des modes de vie. Il est dominé au Nord par les tours de la Barbière. Cette ZUP, construite sur le parc du château et à lemplacement danciennes rizières, constituait lavant-garde des années 60. Les habitants fuyaient alors le centre ville dont beaucoup dimmeubles restèrent longtemps sans confort. Lagrandissement du parking du Centre Commercial en 1993 a entraîné la création dun lac destiné à recevoir leau de ruissellement et à éviter ainsi les inondations lors des gros orages. Lavenue ressemble ici à une petite route de campagne. Vous vous retrouverez tout-à-coup au milieu des exploitations maraîchères qui constituent la « Ceinture Verte » dAvignon.
Ce paysage caractéristique de la vallée du Rhône avec ses haies parallèles de cyprès qui protègent les cultures du mistral, est cependant récent. Cest larrivée du chemin de fer et la possibilité découler rapidement les récoltes vers Lyon ou Paris, qui a favorisé lessor du maraîchage sur des terres autrefois utilisées en prairies. Mise à part, la pression de lurbanisme, ces paysages sont en pleine mutation par le développement croissant des cultures sous serres et la suppression des haies. Avant darriver sur les rives de la Durance, prenez à droite le chemin de la Grande Chaussée, puis à gauche le chemin des Pêcheraies, puis à nouveau à droite le chemin de la Coupe dOr. Chemin de la Coupe dor, dont lorthographe serait due à laltération de « Coup dEau ». Effectivement ce quartier borde la Durance, ce qui prend tout son sens. « Coupe dOr », vieille appellation dont nous retrouvons mention sur un document davril 1276 sous la mention « Copedor ». En 1323, nous apprenons que lendroit était planté en vignes. En 1457, on écrivait «Copador », et en 1547 apparaît le nom actuel de Coupe dOr.
Faisons un bref retour historique pour signaler quau XVe siècle, il est fait état à cet endroit dun hôpital Saint-Martial dAvignon consistant en une maison dotée dun jardin avec 58 éminées de terre près de la Durance et 6 florins de revenus, à lorigine de lappellation actuelle. Vers 1451, le pape Nicolas V réduisit le nombre des hôpitaux de la ville, et pour ce faire supprima Saint-Martial, qui fut annexé dès lors à celui de Sainte-Marie-Majeure situé près de la porte Saint-Michel. Prendre à droite et tout de suite après à gauche lavenue de la Bouquetière, puis après un large virage à droite, on emprunte lavenue de la Cabrière. Cette avenue tire son nom de terres appartenant en 1767 au sieur Joseph Riou de la Cabrière, propriétaire foncier, membre dune aristocratie vivant ses dernières heures de gloire à la veille dune Révolution qui allait tout bouleverser. Prendre à gauche la rue Joseph dArbaud Ecrivain et poète provençal de grand talent, Joseph dArbaud est né à Meyragues en 1874 et décédé à Aix-en-Provence en 1950. Il fut également manadier, membre de la Nation gardiane et Majoral du Félibrige en 1918. Prendre à droite au débouché de la route de Tarascon, et empruntez tout de suite à gauche le passage souterrain, afin de vous retrouver à la sortie sur le côté droit de la route de Tarascon. En prenant la contre-allée, vous apercevrez sur votre droite le Lycée Polyvalent Philippe de Girard. Lhomme qui a donné son nom à cet établissement mérite quon évoque un instant sa destinée qui ne fut pas banale. Philippe de Girard né à Lourmarin (84) en 1775 et décédé à Paris en 1845, fut un des inventeurs les plus féconds et les plus malchanceux du XIXe siècle. Parmi ses innombrables inventions, on peut citer les lampes hydrostatiques à niveau constant et les globes dépolis (1805), la lunette achromatique (1806), la machine à filer le lin (1810). Ses découvertes ne touchèrent pas seulement lindustrie, mais aussi par exemple le domaine militaire, le domaine musical avec la construction dun piano à octaves et à trémolophones. Mais parfois victime de contrefaçons de ses collaborateurs, parfois victime de la situation politique de lépoque, ses mérites ne furent pas reconnus à leur juste valeur en France. Appelé par le tsar Alexandre 1er, il fonda une filature près de Varsovie, et devint ingénieur en chef de lindustrie polonaise. Une ville de Pologne (Zyradow) porte encore aujourdhui son nom. Le collège Technique dAvignon et les Centres dapprentissage jumelés se sont installés dans les vastes locaux de la Cité Scolaire au mois de janvier 1960. La construction de la Cité Scolaire a marqué une date très importante dans le développement de lEnseignement Technique en Avignon. En lan 2000, le lycée Polyvalent Philippe de Girard, cest 4 hectares de superficie, 12 000 m2 dateliers et de laboratoires technologiques, 1 125 élèves dont 300 étudiants, 140 professeurs, le GRETA (organisme de formation). Le lycée professionnel sest séparé du Lycée technique Philippe de Girard en 1983, et il a pris le nom de Robert Schuman en 1993. Le lycée professionnel accueille 510 élèves, et abrite également un Centre de Formation des Apprentis de 320 élèves .
Lhôpital de la Durance ou hôpital Henri-Duffaut, a été construit en 1981 pour y transférer lhôpital Sainte-Marthe. Le développement de la voirie dans ce quartier, laisse supposer que la ville portera dici quelques années ses habitations jusquau bord de la Durance.
Lavenue suit le tracé de la Via Agrippa dArles à Avignon, qui franchissait la Durance à laide dun bac. Si la voie romaine a conservé son importance au nord de la ville, puisquelle est devenue la route de Lyon, elle a été détrônée dans sa partie Sud par la route de Tarascon.
Au niveau de la rue Paul-Achard, sur votre droite, vous apercevez la flèche de léglise Saint-Joseph, conçue par larchitecte Guillaume Gillet. Elle est caractéristique de larchitecture sacrée des années 60, qui vise à trancher avec les volumes simples des barres de logements. Pourtant dépourvu de monuments, Champfleury est un quartier particulièrement chargé dhistoire. Il naît en 1348 quand Clément VI achète un vaste terrain pour inhumer les victimes de la Grande Peste qui a décimé la moitié de la population. Jusquen 1393, 70 000 personnes y sont enterrées. Les fleurs déposées sur les tombes lui auraient valu le nom de «champ fleuri » . Vers 1356, une chapelle est élevée, où passent les remparts. Elle est reconstruite plus loin en 1368. A ses côtés un hôpital pour les pestiférés est fondé en 1528. Saint Roch, protecteur de la peste, donne alors son nom au quartier. Au siècle dernier, les bâtiments de lhôpital sont transformés en caserne de cavalerie, la caserne de Salles, qui est lactuel commissariat. L ancien cimetière de Champfleury, devenu cimetière Saint-Roch, sera utilisé à nouveau à partir de 1791 : les sept cimetières de lintra-muros (un par paroisse) y sont alors transférés. Il servira jusquen 1824 seulement, car trop souvent inondé. Tous les ossements qui y furent recueillis, ont été transportés à Saint-Véran en 1833.
La porte Sainte-Roch est lune des sept portes du rempart du XIVème siècle. Elle se trouvait à lorigine à lemplacement occupé par les vannes. Ces vannes ferment les cours deau qui traversent la ville, se jettent ici dans les anciens fossés (ou canal de ceinture) puis rejoignent le Rhône. Elles sont installées en 1842 pour empêcher les eaux du Rhône de pénétrer dans lintra-muros lors des crues. La porte est reconstruite en 1865 sur les plans de Viollet-le-Duc.
A gauche, des immeubles récents ont été construits sur les anciens abattoirs datant de 1817. En face, voici la façade refaite au XVIIème siècle de léglise Notre-Dame-du-Miracle. Un homme condamné au bûcher sur lEstel voisin pour un crime quil navait pas commis, implore la Vierge. Il est alors épargné par les flammes. Pour commémorer ce miracle, Jean XXII fonde cette église-collégiale en 1326. Cest dans ce bâtiment que se manifeste pour la première fois à Avignon un art pleinement gothique. En lisant la plaque apposée sur la façade, on apprend que Richelieu vint y dire la messe en 1618, lors de son exil avignonnais. Suivez la rue Velouterie jusque devant le lycée Mistral. Ici était installé un grand vivier dans lequel on déposait le poisson deau douce destiné à la table du souverain pontife. Le poisson était transporté vivant par le Rhône, dans des bateaux prévus à cet effet. En 1547, une fabrique de velours est construite à son emplacement. Elle laissera son nom à la rue Velouterie. Cest sur cette place, appelée « Estel », quavaient lieu les exécutions capitales. Cest ici également quen 1356, débarquèrent les ambassadeurs envoyés au pape Innocent VI par lempereur de Constantinople.
Le nom de Saint Dominique donné à cette brèche percée dans les remparts évoque le souvenir de lancien couvent des Dominicains, qui occupait la superficie de tout ce quartier. Cétait le plus grand et le plus prestigieux établissement religieux dAvignon. On attribuait sa fondation en 1220, à saint Dominique lui-même. Cest ici que résidait le pape Clément V lors de ses voyages à Avignon. Léglise reconstruite en 1330 possédait trois nefs, dix-huit chapelles latérales et neuf autres chapelles donnaient sur le déambulatoire du chur. Elle était la plus grande de la ville et la plus richement décorée. Elle vit le couronnement de Benoît XII et Clément VI, bâtisseurs du palais des Papes, ainsi que la canonisation de saint Thomas dAquin en 1323. Quatre-vingt cardinaux et cent quarante évêques y avaient leur sépulture. Transformée en fonderie après la Révolution, elle fut progressivement démolie dans la première moitié du siècle dernier dans lindifférence générale. Sur lemplacement du couvent sest progressivement constitué un quartier résidentiel où plusieurs grands industriels élevèrent dimposants hôtels particuliers. Continuez la rue Victor-Hugo. Traversez la rue Joseph-Vernet. Vous pénétrez, par la rue Petite-Calade, dans lenceinte du XIIème siècle. La place du Plan-de-Lunel appartenait à lévêque dAvignon. Elle était située entre la livrée de Cambrai (Musée Calvet) et la livrée de Poitiers (Hôtel de la Préfecture). Au centre de la place se dressait une croix couverte.
La place est bordée de deux magnifiques hôtels : Les travaux étaient à peine achevés lorsque éclate la Révolution. Limmeuble passera dans les mains de plusieurs propriétaires avant de devenir le siège du Conseil Général de Vaucluse. En face, se dresse lhôtel de Forbin de Sainte-Croix, son emplacement était occupé au XIVème siècle par la livrée de Poitiers. En 1475, Julien de la Rovère lachète et y installe le collège du Roure qui fonctionnera jusquau début du XVIIIème siècle. En 1712, les bâtiments deviennent la propriété de J.B. Reynaud de Forbin de Galéans des Issarts, seigneur de Sainte-Croix, qui fait édifier lhôtel actuel, composé de deux parties reliées par un arceau déjà existant au XIVème siècle. Siège de ladministration départementale à la Révolution, il est restitué à la famille de Forbin à la Restauration, puis acheté par la Préfecture de Vaucluse en 1822. Passez sous larceau de la Préfecture et traversez la rue Saint-Agricol. Longez le chevet de léglise. A droite, par la rue Félicien-David, rejoignez la place de lHorloge. Autres Balades "A la découverte de l'Intra - Muros"; "Ile de la Barthelasse"; "Monfavet" |
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