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| Montfavet | |||||
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Cette place est le cur dAvignon, le lieu le plus animé de la ville. La place de lHorloge reprend approximativement lemplacement du forum romain, mais son visage actuel date du siècle dernier. Le théâtre devant lequel veillent Corneille et Molière date de 1847. Lhôtel de ville, édifié à la même époque, entre 1845 et 1851, occupe lemplacement dun ancien palais cardinalice. Cette livrée qui garda le nom de son dernier occupant le cardinal dAlbano, fut acquise en 1447 par les syndics dAvignon pour en faire la Maison Commune. De son passé lointain, la mairie a conservé la vieille tour fortifiée, transformée au Xve siècle en beffroi muni dun jacquemard et dune horloge qui valut son nom à la place.
Cette place est lancienne place de la Saunerie, où se faisait le commerce du sel indispensable à la conservation des aliments. Elle jouxte la place Jérusalem qui était le centre du quartier juif appelé « la carrière. Les juifs, protégés des Papes, étaient obligés de résider dans ce quartier séparé du reste de la ville par trois portails. Admirez sur votre gauche le chevet de léglise Saint-Pierre. Le clocher et la façade ont été reconstruits entre la fin du XVe siècle et le début du XVIe siècle. La permanence du style gothique à une époque aussi tardive est la marque de la nostalgie des avignonnais pour les formes du siècle précédent, quand leur ville était capitale de la Chrétienté.
Ce journaliste avignonnais a fait sa carrière à Paris à la gazette de France. Ici se tint durant tout le Moyen-Age, dans le cimetière Saint-Pierre, un marché aux bestiaux interdit dès 1355 du fait que les cochons déterraient les morts et les dévoraient. Dans cette rue se trouvait lancienne église paroissiale Saint-Symphorien, transférée à la Révolution dans léglise du couvent des Carmes.
Le portail de la rue Armand de Pontmartin est celui de lancien monastère des dames cisterciennes de Sainte-Catherine. Installées à lorigine à Montdevergues, elles sétablirent à lintérieur des remparts au XIIIe siècle par mesure de sécurité. Au n° 8 de la rue Sainte-Catherine, le théâtre du Chêne noir occupe lancienne chapelle du monastère. Le seul ornement de la façade est la rose dont le remplage dessine létoile de David.
Dans un angle de cette place se dressent les vestiges de la chapelle des Pénitents Violets, dédiée à « Jésus-Marie-Joseph ». La confrérie est fondée en 1662 par des dissidents de la confrérie des Pénitents Bleus. La façade a été refaite en 1740 sur les plans de J. B. Péru. Un temps rattachée aux Pénitents Noirs, puis rétablie, la confrérie est définitivement supprimée à la Révolution et ses biens vendus à des particuliers.
Elle a été baptisée ainsi en 1843 en souvenir du couvent des Carmes Déchaussés fondé en 1608 sous le vocable de Saint-Joseph. Remplacé au siècle dernier par le monastère du Sacré-Cur, cest aujourdhui le lycée Théodore Aubanel. Vous longez les remparts Saint-Lazare. Presque toutes les villes ont rasé leurs murailles au XVIIIe siècle et ont aménagé sur les anciens fossés une promenade plantée darbres. Avignon a conservé ses remparts car ils ont toujours constitué la seule défense contre les crues du Rhône, dont la dernière qui ait présenté une réelle menace pour la ville a eu lieu en 1962.
Jusquà larrivée du chemin de fer en 1849, qui a entraîné le percement de la rue de la République dans laxe de la gare et le transfert de lactivité économique au sud de la ville, la rue de la Carreterie (rue des Charretiers) était lartère principale dAvignon, de la porte Saint-Lazare à la place du Palais. La porte Saint-Lazare était la porte majeure dAvignon et la plus fortifiée. Elle recevait les « grandes entrées » des personnalités de marque. Ici sont passées Mariez de Médicis, Louis XIII, Mazarin, César Borgia La porte sécroula en 1570 lors dune crue du Rhône et fut relevée. Les ouvrages défensifs (ravelin, pont-levis) ont disparu et une seconde ouverture fut percée pour dégager la porte existante.
Il ny a apparemment pas de lieu de culte israélite à cet endroit et rien dans lhistoire dAvignon ne nous apprend que la communauté juive ait eu un rapport avec lui. Ce quartier aujourdhui résidentiel était très actif. La courbe des berges du Rhône forme ici un port naturel où venaient s amarrer les grands radeaux de bois qui descendaient le fleuve. Lactivité industrielle sest longtemps maintenue : plusieurs centaines douvriers venaient encore dans les années 50 travailler à la fonderie, à lusine électrique ou a lusine à soie Sipra, dernier fleuron de lindustrie textile avignonnaise.
Cétait ici la gare des tramways électriques qui, partant du centre-Ville, desservaient depuis 1895 Saint-Ruf, Monclar, les Rotondes, Sorgues et le Pontet. La mairie a racheté le réseau en 1932 pour le remplacer par un service de bus.
Le cimetière Saint-Véran est créé en 1824 sur des terrains achetés par la mairie à lhospice. Il a été agrandi sept fois depuis, et exhaussé pour le protéger des inondations. Lentrée était initialement route de Lyon, mais pour des raisons de commodité on perça en 1838 lentrée actuelle vers le boulevard Limbert. Dans Saint-Véran sont enterrées plusieurs personnalités du Félibrige dont Théodore Aubanel, ainsi que Paul Saïn, Paul Manivet, John Stuart-Mill (que nous retrouverons plus loin), François-Vincent Raspail Ici repose aussi Agathe-Rosalie de Rambeaud, femme de chambre de la reine Marie-Antoinette, « berceuse des enfants de France ». Le quartier et le cimetière doivent leur nom au monastère des Dames Bénédictines fondé en 1140 sur la tombe de Saint Véran. Les religieuses abandonnent précipitamment leurs bâtiments en 1536 lorsque François 1er met le siège devant Avignon et établit ici son campement de 50 000 hommes. La chapelle Saint-Véran est le seul vestige du monastère. Elle est encore en bon état mais incorporée dans les locaux dune blanchisserie industrielle. Invisible depuis la route, on y accède par la première rue à gauche de la route de Morières.
Lavenue Boccace est dédiée au poète florentin, ami de Pétrarque, et auteur du célèbre « Décaméron ». De lavenue Boccace, sur la gauche, part le chemin de lAnglaise. Ce personnage est la femme du philosophe anglais John Stuart-Mille. Au cours dun voyage, elle meurt à Avignon en 1858, à lhôtel dEurope. Elle est enterrée à Saint-Véran. Pour ne pas la quitter, son mari achète une maison à proximité et vient se recueillir tous les jours sur sa tombe jusquà sa mort en 1873. En 1961, sa maison est rasée pour laisser la place à des immeubles de logement. Seule lallée de platanes est conservée. Au croisement de lavenue Bocacce et de lavenue de la Folie, un muret est tout ce quil reste du Moulin de la Folie, sur le canal de lHôpital, détruit en 1986. Cétait un bâtiment du XVème siècle qui remplaçait un édifice bien plus ancien. Il possédait au XVIIIème siècle un riche décor de statues, dinscriptions, de bustes allégoriques. Cette ornementation avait disparu mais le moulin conservait des niches et de belles fenêtres à meneaux. Son nom mystérieux provient de la déformation de son utilisation primitive : le foulage des pièces de draps, à laide de marteaux, afin de leur donner plus de souplesse.
Cette cité dAllemagne est la première ville jumelée avec Avignon en 1960, sous la municipalité Edouard Daladier. Cette union hautement symbolique sera à lorigine du comité de jumelage qui lie aujourdhui Avignon à neuf villes dEurope, dAfrique et dAmérique.
Ce chemin débouche près de léglise moderne Saint-Jean, dans un agréable quartier dont les rues ont reçu les noms de grands prélats de la cour pontificale dAvignon. La rue Annibal-de-Ceccano est dédiée au Cardinal-Archevêque de Naples dont la livrée, qui a accueilli lancien collège des Jésuites, est aujourdhui la médiathèque municipale. Au bout de la rue Annibal-de-Ceccano, entrez dans un jardin public. Prenez à gauche un chemin de terre et longez le canal de Vaucluse. La piste cyclable passe sous la rocade Charles-de-Gaulle, et poursuit jusquà lavenue du Pont-des-Deux-Eaux.
Une large allée de platanes conduit au portail du mas du Clos de la Sacristie. Ce domaine était à lorigine propriété du chapitre de la cathédrale. A côté du mas se trouve le Moulin Neuf, sur le canal de lHôpital. La mise en valeur du moulin et du canal en font lornement majeur de ce vaste jardin paysager. Cet espace vert est le meilleur hommage qui puisse être rendu à Chico Mendès, assassiné en 1981 pour avoir combattu la déforestation de lAmazonie. Dans le quartier du Pont-des-Deux-Eaux, les eaux du canal de lHôpital et du canal de Vaucluse se croisent. Elles étaient franchies par un pont de bois attesté dès 1291. Depuis le Moyen-Age, tous ces canaux, sorguettes ou durançoles, convergent vers Avignon. Ils traversaient la ville à ciel ouvert, comme encore aujourdhui dans la rue des Teinturiers. Les canaux, aménagés de nombreux moulins, utilisaient la force du courant pour diverses activités : le broyage des céréales bien sûr, mais surtout pour les multiples opérations de la fabrication des textiles, qui ont fait la fortune de la ville aux XVIIème et XVIIIème siècles. Vous pouvez pénétrez à lintérieur du parc et profiter du parcours-santé qui y a été aménagé.
Toutefois, il vous est conseillé auparavant de faire un détour et prendre à gauche lautre portion du chemin Saint-Ange qui recèle deux lieux dun grand intérêt, intimement liés à lhistoire de Montfavet : linstitut Saint-Ange et la Tour dEspagne. Quelques centaines de mètres plus loin, sur la gauche, au n° 1001 chemin Saint-Ange, vous découvrez le château Saint-Ange. Fondée à Villeneuve-les-Avignon en 1869 par labbé Grimaud et Madame Meissonnier, linstitution Grimaud-Meissonnier fut transférée à Avignon en 1879 et définitivement installée le 1er octobre 1900 au château Saint-Ange à Montfavet, ancienne école de Jésuites. Cette institution recevait des sourds-muets, des bègues et des enfants anormaux des deux sexes. En 1907, on dénombrait 103 enfants. La durée des études était de 8 ans. Cest labbé J. B. Fouque à travers son association « Luvre de lenfance délaissée » qui redonna un nouvel essor à linstitution à partir de 1924, année où lassociation fit lacquisition du domaine Saint-Ange. En 1944, le commandement de la Luftwaffe (armée de lair allemande) pour le sud de la France sinstalla au château, et fit placer des batteries anti-aériennes (Flak) à proximité des bâtiments. La brièveté de ce séjour et le secret dont il fut entouré expliquent labsence de réaction de la chasse alliée, et cela évita la destruction du bâtiment. Début 2000, lInstitut médico-éducatif Saint-Ange prend en charge 60 enfants internes ou demi-pensionnaires. Quelques centaines de mètres plus loin, sur la droite on aperçoit la Tour dEspagne. Dernier vestige du monastère de Sainte-Praxède fondé vers 1346, la Tour dEspagne se dresse à quelques centaines de mètres au Nord-Ouest de léglise, que nous découvrirons un peu plus tard. Son fondateur, Pedro Gomez, co-légat de Bertrand de Montfavet en Angleterre, était originaire de Tolède. Nommé cardinal au titre de Sainte-Praxède en 1327, il fut surnommé le cardinal dEspagne. Décédé à Avignon en 1348, il fut enterré, selon ses désirs, dans léglise de son monastère. En 1398, la trentaine de religieuses qui occupaient le monastère alla se réfugier à Avignon en raison de la grande insécurité des temps. Benoît XIII convertit leurs bâtiments en forteresse et y installa une garnison pour la défense dAvignon. Dix ans plus tard, Pierre Adhèmar, gouverneur dAvignon et du Comtat approuva définitivement le transfert du monastère des religieuses de Sainte-Praxède et les autorisa à employer aux réparations de leur nouvelle résidence les matériaux de leur ancien monastère, dit dEspagne. Ce dernier, soixante ans après sa fondation, était en ruine suite à loccupation des hommes darmes ; sa restauration aurait nécessité des sommes colossales que les religieuses nétaient pas en mesure de fournir. Au cours des XVe et XVIe siècles, les dégradations continuèrent, les gens venant en toute quiétude prendre les pierres utiles à la construction de leurs maisons. En 1596, Mgr Taurusi, archevêque dAvignon, vendit une partie du monastère. Furent conservés la sacristie, la chambre au-dessus et lescalier y conduisant. Saisie comme bien national, la Tour dEspagne fut vendue avec les terres adjacentes le 12 vendémiaire de lan III, pour 66 200 livres.
En arrivant dans le centre de Montfavet, vous longez sur votre droite la façade ouest de léglise Notre-Dame-de-Bon-Repos. Le prieuré de Montfavet mérite dêtre évoqué un peu longuement. Le cardinal Bernard de Montfavet, né à Castelnau-Montratier (Quercy) vers 1270, décéda au début de lan 1343. Ses exécuteurs testamentaires furent chargés dériger un monastère dans la propriété « Bon repos » quil avait acquise en 1341, au lieu-dit « Clos des Rivans ». Un prieur et 24 chanoines réguliers de Saint-Augustin devaient, selon les volontés du défunt, le desservir. Lan 1347 vit linstallation des chanoines dans le monastère qui, voué à la Vierge, pris le nom de « Notre-Dame-du-Bon-Repos ». Dans son livre « Evocation du vieil Avignon », Joseph Girad décrivait léglise de Montfavet ainsi : « Beau vaisseau dune grande sobriété de lignes, présentant le plan à nef unique et chapelles latérales du type languedocien et provençal qui sera adopté quelques années plus tard pour léglise Saint-Didier dAvignon. Mais à Montfavet, la nef est dépourvue de piliers et la retombée des nervures se fait sur des culs-de-lampe sobrement sculptés ». Il ajoute un peu plus loin : « Lextérieur de léglise de Montfavet, est, comme lintérieur, semblable à celui des églises méridionales de cette époque. La flèche du clocher était primitivement semblable à celle de léglise Saint-Didier ; elle a été refaite sous le second Empire, dans un style néo-gothique de fantaisie ». Le service religieux fut assuré par les Récollets de 1613 à 1759, puis par les Capucins de 1759 à la Révolution. En 1801, léglise fut rendue au culte. Lieu de culte, lieu de rencontre, léglise joua un rôle important sur le plan social et culturel au XIXe siècle. Les jeux et les fêtes se déroulaient quant à eux sur la place de léglise, notamment les concours de lutte. Pour terminer on indiquera que Bertrand de Montfavet fut enterré dans cette église de même que son ami Richard de Widmundrwold, avocat anglais mort en 1356. Léglise na pas gardé leurs dalles funéraires, déjà effacées en 1850. En revanche, il est possible de voir la dalle funéraire de Pierre de Cohorn, gentilhomme suédois, qui exilé en France, vécut pieusement à Montfavet où il mourut le 10 juillet 1479. Léglise de Montfavet a été classée monument historique en 1908.
Vous ne serez pas surpris de découvrir devant vous les pistes de laéroport dAvignon-Caumont. Retraçons lhistoire de cet aéroport. Les terrains nécessaires à la création de laérodrome ont été acquis le 26 mai 1937 par décision du ministère de lAir. Ce site a été choisi par rapport à dautres projets, comme laérodrome dAvignon-Pujaut déjà existant, parce quil a été considéré comme supérieur au triple point de vue de la valeur dusage aéronautique, de la qualité du sol, et de la facilité daccès. Après lavoir utilisé pendant plusieurs années pour le transport du frêt, la ville dAvignon a décidé en 1964 daménager le terrain dAvignon-Châteaublanc en aérodrome commercial afin de permettre à une ligne régulière davion légers damener les voyageurs sur la piste denvol de Marignane pour des vols à destination de Paris, assurant ainsi une correspondance extrêmement rapide (12 minutes). Laéroport qui a accueilli en 1998, 132 000 passagers doit faire face aujourdhui à la sévère concurrence des aéroports voisins (Nîmes, Montpellier, Marignane).
Peut-être faut-il chercher lorigine du nom attribué à ce chemin dans laffreuse tragédie qui sest déroulée il y a plus de trois siècles et dont la malheureuse héroïne fut Diane de Roussan de Châteaublanc. Diane passa sa prime jeunesse dans la propriété familiale de Châteaublanc, puis on la maria en 1647, à lâge de 13 ans , à Dominique de Castellane dAmpus, gouverneur de Saint-Tropez. Malheureusement ce dernier envoyé en mission en 1656, périt dans le naufrage de sa galère. En 1659, la jeune veuve se remaria avec le baron Charles de Ganges. Son grand-père, Melchior de Joannis testa en sa faveur quatre ans plus tard, lui laissant la somme considérable de 500 000 livres, mais à la condition quelle nirait jamais habiter dans le Languedoc et par cela même à Ganges. Contrainte par son mari, volage, brutal, égoïste et joueur, à quitter Avignon, Diane fit auparavant son testament devant le vice-légat, y déclarant qu elle ne transgressait les volontés de son grand-père que par la force, et que tout autre testament qui pourrait lui être imposé serait nul. Le marquis de Ganges et deux de ses frères, tentèrent, par la douceur, par la violence, la persuasion, de connaître le contenu du testament du grand-père de Diane et de la somme héritée par celle-ci. Lun des frères, labbé Henri de Ganges, força la jeune femme à signer un testament en faveur de son mari, puis plus tard lui extorqua un nouveau testament paraissant plus vraisemblable, Diane testant en faveur de ses enfants, mais indiquant que leur père en bénéficierait jusquà leur majorité. Cest alors quayant peur dune indiscrétion, labbé voulut lempoisonner. Bernard de Ganges lui appuyant la pointe de lépée sur la poitrine, Henri ayant un pistolet braqué sur elle, Diane dut boire une horrible mixture faite darsenic et de sublimé trempés dans de leau forte. Laissée seule, Diane, en dépit de ses souffrances, shabilla et sévada pour se réfugier dans une maison amie où elle ne tarda pas à être rejointe par les deux frères complices. Bernard lui enfonça son épée dans lépaule où elle se brisa. Labbé déchargea son pistolet sur elle En dépit de son empoisonnement et de ses graves blessures, Diane vécut encore trois semaines, dans des souffrances atroces, pour mourir le 7 juin 1667. Le marquis, absent mais supposé être linstigateur du crime, fut dégradé de sa noblesse, ses biens furent, confisqués et il fut banni. Réfugié à lIsle-sur-Sorgue, il y mourut à 99 ans Des deux assassins, lun senfuit en Hollande où il termina sa vie, lautre fut tué en 1667 au cours de la guerre contre les Ottomans.
Vous êtes ici sur le site de lAgroparc, technopole régional dAvignon. Définissons dabord le terme de technopôle (au masculin) : « un technopôle est un site spécialement aménagé pour accueillir des entreprises de hautes technologies ou en favoriser la création ». Agroparc, le Technopôle régional dAvignon est un lieu de 200 hectares disposant de Centres de recherche, dInstituts denseignement supérieur et dentreprises. Ces trois composantes qui sont les piliers de la croissance dun technopôle, ont sur Agroparc deux axes de développement : lagro-alimentaire et les nouvelles technologies.
Vous apercevez sur la droite un écriteau sur lequel il est inscrit « Réglisseries Florent ». Il sagit là du dernier vestige dune entreprise autrefois florissante. Evoquons lhistoire de cette entreprise chère au cur des montfavétains. Félicien Florent acheta en 1858 le fonds de commerce de MM. Deville et Chavent, fabricants de réglisse installés à Cantarel depuis 1854. Il loua les bâtiments de Cantarel jusquen 1877, année où il en fit lacquisition. Ceux-ci se composaient dune grande auberge et des écuries. Parmi dautres activités très diverses, le jus de réglisse et sa commercialisation constituaient lactivité principale. En 1860, Félicien Florent alla en Syrie se procurer du bois de réglisse. Sa société (Florent & Cie) monta cette année là une exploitation en Anatolie afin de pouvoir compter sur un autre approvisionnement régulier (et à grande échelle) de racines de cette plante. Dautres sources, notamment en Espagne et en Italie furent exploitées. Dés 1865, on proposa de la pâte vanillée en boîte de 50 grammes aux épiciers, droguistes et pharmaciens. Cette pâte était fabriquée dans des bassines chauffées à feu nu et remuées à bras dhomme. Ce nouveau produit contribua à lessor de la maison à partir de 1867. Sa saveur, son arôme conquirent les foules, assurant indirectement de nombreuses heures de travail aux cartonnages de Valréas qui confectionnaient ces boîtes élégantes. A la fin des années 1860, la fabrication du jus de réglisse fut abandonnée, la réglisserie ne produisant plus que des pastilles. En 1880, Paul Florent remplaça son père à la tête de la maison. A cette date les anciens locaux avaient disparu et une usine nouvelle, sélevait à Cantarel. Paul Florent en avait conçu loutillage de même quil avait dessiné les plans de la cité ouvrière intégrée à lensemble : dortoir équipé de lits individuels (rares à lépoque), réfectoire pouvant accueillir deux cents personnes, infirmerie. Paul Florent avait la réputation dêtre un patron éclairé, conscient de la pénibilité des tâches confiées au personnel. La réglisserie fonctionnait à plein rendement de lautomne au printemps : lété seul le personnel dentretien restait sur place, les autres redevenaient paysans. Paul Florent fit connaître le nom de Florent au-delà des frontières. LEurope entière consomma les pastilles produites à Cantarel. La commercialisation de la réglisse sous dautres formes accrut la notoriété de la société. Au décès de Paul Florent en 1908, cest son gendre Alexandre Poirson qui assura la gérance de la réglisserie. A partir de 1970, la vétusté des lieux rendait inévitable son absorption par un groupe de dimension internationale (Ricqlès-Zan). Le 30 novembre 1975, après 121 années dexistence, la réglisserie ferma ses portes.
Cet établissement a été inscrit à linventaire supplémentaire des Monuments historiques en 1989 en raison de lintérêt présenté par ce lycée pour lhistoire de larchitecture formelle de la seconde moitié du XXe siècle. Le lycée François Pétrarque, construit de 1964 à 1966 a été conçu et réalisé par lun des élèves de Le Corbusier, Monsieur Roland Bechmann. Le lycée dépend du Ministère de lAgriculture et comprend un cycle secondaire denseignement général et technologique ainsi quun cycle supérieur avec 6 classes de brevet de technicien supérieur agricole (viticulture-nologie, industries agro-alimentaires et horticulture).
Vous allez longer sur votre gauche pendant quelque centaines de mètres la nouvelle ligne du TGV Méditerranée. Profitons de loccasion pour présenter ce qui aura été le plus important chantier dEurope de ces dernières années débouchant en 2001 sur la mise en service du dernier tronçon de la ligne Paris-Marseille. Long de 250 km, lensemble du chantier aura coûté 25 milliards de francs, et aura nécessité la construction de 500 ouvrages dart dont une vingtaine de grands viaducs et trois nouvelles gares monumentales (Valence TGV, Avignon TGV et Aix-en-Provence TGV). Le relief accidenté du parcours et les contraintes sur lenvironnement ont amené la SNCF à construire de nombreux murs anti-bruit, planter plus dun million darbres et doter certains ouvrages de protections antisismiques. Le double viaduc dAvignon constitue le véritable nud ferroviaire du TGV Méditerranée, une branche allant sur Marseille, lautre sur Montpellier. Il sagit de deux exceptionnels ouvrages dart jumeaux qui mesurent 1500 m chacun, et traversent le Rhône au sud de la Cité des Papes. De la plaine de la Courtine à une quinzaine de mètres au-dessus du sol jusquà la falaise des Angles, à plus de 50 mètres au-dessus du Rhône, ils relient ainsi le Vaucluse au Gard. La ligne TGV passant à proximité du Centre hospitalier dAvignon, une tranchée couverte dune longueur totale de 1300 mètres permet deffacer toute perception visuelle et sonore des trains pour lensemble de létablissement. Au sud dAvignon et en direction de Marseille, le tracé longe la Durance sur sa rive droite. Dans le quartier de Bonpas, sur les communes dAvignon et de Caumont-sur-Durance, un viaduc ferroviaire, dune longueur de 356 mètres, permet de franchir lautoroute A7. Buttant au pied de la colline qui abrite la chartreuse de Bonpas, dont lensemble du site est classé monument historique, le tracé disparaît en empruntant un tunnel dune longueur de 303 mètres, et poursuit sa route vers Cavaillon. Le TGV Méditerranée, à la vitesse de 300 km/h, place Avignon à une demi-heure de Marseille, à une heure dix de Lyon et à deux heures trente de Paris. La mise en service du TGV Méditerranée avec la construction dune gare TGV sur la presquîle de Courtine, à la confluence du Rhône et de la Durance, dans laquelle sont attendus chaque année plus de 1 500 000 voyageurs, conforte la situation dAvignon comme carrefour de communication privilégié au cur du sud méditerranéen et devrait entraîner un développement de la Ville dans le périmètre concerné.
On est au cur de la ceinture verte dAvignon, au milieu dexploitations maraîchères qui constituent une des principales richesses économiques de notre département.
Chemin de la Coupe dOr, dont lorthographe serait due à laltération de « Coup deau ». Effectivement, ce quartier borde la Durance, ce qui prend tout son sens. « Coupe dor », vieielle application dont nous retrouvons mention sur un document davril 1276 sous la mention « Copedor ». En 1323, nous apprenons que lendroit était planté en vignes. En 1457, on écrivait « Copador », et en 1547 apparaît le nom actuel de la Coupe dOr. Prendre ensuite à gauche lallés Saint-Martial. Faisons ensuite un bref retour historique pour signaler quau Xve siècle, il est fait état à cet endroit dun hôpital Saint-Martial dAvignon consistant en une maison dotée dun jardin avec 58 éminées de terre près de la Durance et 6 florins de revenus, à lorigine de l appellation actuelle. Vers 1451, le pape Nicolas V réduisit le nombre des hôpitaux de la ville, et pour ce faire supprima Saint-martial, qui fut annexé dès lors à celui de Sainte-marie-Majeure situé près de la porte Saint-Michel.
Ecrivain et poète provençal de grand talent, Joseph dArbaud est né à Meyragues en 1874 et décédé à Aix-en-Provence en 1950. Il fut également manadier, membre de la Nation gardiane et Majoral du Félibrige en 1918.
En prenant la contre-allée, vous apercevez sur votre droite le lycée polyvalent Philippe de Girard. En 2000, le lycée compte 4 hectares de superficie, 12 000 m2 dateliers et de laboratoires technologiques, 1125 élèves dont 300 étudiants, 140 professeurs, le Greta. Cest aussi 8 sections de baccalauréats, 5 sections de techniciens supérieurs, et des classes préparatoires aux grandes écoles.
Lhôpital de la Durance ou hôpital Henri-Duffaut, a été construit en 1981 pour y transférer lhôpital Sainte-Marthe. Le développement de la voirie dans ce quartier, laisse supposer que la ville portera dici quelques années ses habitations jusquau bord de la Durance.
Lavenue suit le tracé de la Via Agrippa dArles à Avignon, qui franchissait la Durance à laide dun bac. Si la voie romaine a conservé son importance au nord de la ville, puisquelle est devenue la route de Lyon, elle a été détrônée dans sa partie sud par la route de Tarascon.
Au niveau de la rue Paul-Achard, sur votre droite, vous apercevez la flèche de léglise Saint-Joseph, conçue par larchitecte Guillaume Gillet. Elle est caractéristique de larchitecture sacrée des années 60, qui vise à trancher avec les volumes simples des barres de logements. Portant dépourvu de monuments, Champfleury est un quartier particulièrement chargé dhistoire. Il naît en 1348 quand Clément VI achète un vaste terrain pour inhumer les victimes de la Grande Peste qui a décimé la moitié de la population. Jusquen 1393, 70 000 personnes y sont enterrées. Les fleurs déposées sur les tombes lui auraient valu le nom de «champ fleuri » . Vers 1356, une chapelle est élevée, où passent les remparts. Elle est reconstruite plus loin en 1368. A ses côtés un hôpital pour les pestiférés est fondé en 1528. Saint Roch, protecteur de la peste, donne alors son nom au quartier. Au siècle dernier, les bâtiments de lhôpital sont transformés en caserne de cavalerie, la caserne de Salles, qui est lactuel commissariat. L ancien cimetière de Champfleury, devenu cimetière Saint-Roch, sera utilisé à nouveau à partir de 1791 : les sept cimetières de lintra-muros (un par paroisse) y sont alors transférés. Il servira jusquen 1824 seulement, car trop souvent inondé. Tous les ossements qui y furent recueillis, ont été transportés à Saint-Véran en 1833.
La porte Sainte-Roch est lune des sept portes du rempart du XIVème siècle. Elle se trouvait à lorigine à lemplacement occupé par les vannes. Ces vannes ferment les cours deau qui traversent la ville, se jettent ici dans les anciens fossés (ou canal de ceinture) puis rejoignent le Rhône. Elles sont installées en 1842 pour empêcher les eaux du Rhône de pénétrer dans lintra-muros lors des crues. La porte est reconstruite en 1865 sur les plans de Viollet-le-Duc.
A gauche, des immeubles récents ont été construits sur les anciens abattoirs datant de 1817. En face, voici la façade refaite au XVIIème siècle de léglise Notre-Dame-du-Miracle. Un homme condamné au bûcher sur lEstel voisin pour un crime quil navait pas commis, implore la Vierge. Il est alors épargné par les flammes. Pour commémorer ce miracle, Jean XXII fonde cette église-collégiale en 1326. Cest dans ce bâtiment que se manifeste pour la première fois à Avignon un art pleinement gothique. En lisant la plaque apposée sur la façade, on apprend que Richelieu vint y dire la messe en 1618, lors de son exil avignonnais. Suivez la rue Velouterie jusque devant le lycée Mistral.
Ici était installé un grand vivier dans lequel on déposait le poisson deau douce destiné à la table du souverain pontife. Le poisson était transporté vivant par le Rhône, dans des bateaux prévus à cet effet. En 1547, une fabrique de velours est construite à son emplacement. Elle laissera son nom à la rue Velouterie. Cest sur cette place, appelée « Estel », quavaient lieu les exécutions capitales. Cest ici également quen 1356, débarquèrent les ambassadeurs envoyés au pape Innocent VI par lempereur de Constantinople. Cest ici également quen 1356, débarquèrent les ambassadeurs envoyés au pape Innocent VI par lempereur de Constantinople.
Le nom de Saint Dominique donné à cette brèche percée dans les remparts évoque le souvenir de lancien couvent des Dominicains, qui occupait la superficie de tout ce quartier. Cétait le plus grand et le plus prestigieux établissement religieux dAvignon. On attribuait sa fondation en 1220, à saint Dominique lui-même. Cest ici que résidait le pape Clément V lors de ses voyages à Avignon. Léglise reconstruite en 1330 possédait trois nefs, dix-huit chapelles latérales et neuf autres chapelles donnaient sur le déambulatoire du chur. Elle était la plus grande de la ville et la plus richement décorée. Elle vit le couronnement de Benoît XII et Clément VI, bâtisseurs du palais des Papes, ainsi que la canonisation de saint Thomas dAquin en 1323. Quatre-vingt cardinaux et cent quarante évêques y avaient leur sépulture. Transformée en fonderie après la Révolution, elle fut progressivement démolie dans la première moitié du siècle dernier dans lindifférence générale. Sur lemplacement du couvent sest progressivement constitué un quartier résidentiel où plusieurs grands industriels élevèrent dimposants hôtels particuliers.
La place du Plan-de-Lunel appartenait à lévêque dAvignon. Elle était située entre la livrée de Cambrai (Musée Calvet) et la livrée de Poitiers (Hôtel de la Préfecture). Au centre de la place se dressait une croix ouverte.
La place est bordée de deux magnifiques hôtels : En face, se dresse lhôtel de Forbin de Sainte-Croix. Son emplacement était occupé au XIVème siècle par la livrée de Poitiers. En 1475, Julien de la Rovère lachète et y installe le collège du Roure qui fonctionna jusquau début du XVIIIème siècle. En 1712, les bâtiments deviennent la propriété de J.B. Reynaud de Forbin de Galéans des Issarts, seigneur de Sainte-Croix, qui fait édifier lhôtel actuel, composé de deux parties reliées par un arceau déjà existant au XIVème siècle. Siège de ladministration départementale à la Révolution, il est restitué à la famille de Forbin à la Restauration, puis acheté par la Préfecture de Vaucluse en 1822.
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