(Localisation : Boulevard Saint-Michel)
L’image des remparts d’Avignon a souvent suscité une impression ambivalente entre muraille physique, figée dans le temps, et muraille psychologique divisant « deux villes » différentes. Mais les avignonnais restent attaché à ce monument pour lequel ils ont participé à la construction et à l’entretien au fil des siècles et qui reste le symbole de l’identité de la ville. Le côté protecteur de l’édifice renforce cet attachement.
De par son histoire, il devient évident que les remparts d’Avignon ne sont pas un monument figé mais un élément vivant de la ville. Depuis leur construction, ces murailles ont connu des destructions, des rénovations, des modifications, de nouveaux percements ou déplacements de portes et ont même échappé, de justesse, à une destruction totale à l’instar d’autres cités, au XIXe siècle. Les murs de la ville retrouvent aujourd’hui un attrait touristique et également leur place dans l’inscription d’un Patrimoine exceptionnel.
Au-delà d’un simple témoin historique architectural, les remparts d’Avignon ont toujours été une structure en constant dialogue avec les nouvelles réalisions urbaines. Ceci peut être perçu avec le jeu qui se crée avec des bâtiments modernes tel que la Résidence San-Miguel, réalisation de l’architecte Max Bourgoin ou encore avec la présence de l’art urbain à proximité de l’enceinte.
Les remparts sont aujourd’hui au centre des nouvelles questions d’urbanisme et s’adaptent en fonction de l’époque. Leur intégration dans les modes de déplacements doux en est une illustration.
Une voie verte
L’ambition du réaménagement des abords des remparts se caractérise par la réalisation d’une voie verte dénommée Tour des Remparts, longue de 4,6 Km.
L’un des enjeux de cette végétalisation est d’associer la flore initiale présente sur certaines portions, composées de plantes vivaces très horticoles et de laisser s’installer des plantes « sauvages » locales, spontanées, plus résistantes aux conditions agro-climatiques estivales lors de certaines périodes de sécheresse.
Ces plantations constituent d’importants espaces nourriciers pour les insectes et les oiseaux. Cette naturalisation des remparts favorise la sanctuarisation de certains oiseaux, tels que les martinet noirs, par l’identification et la conservation de zones potentielles de nidification à l’intérieur des remparts et dans le cadre de la préservation des arbres.
La réflexion liée à la conception de la voie verte permet de renouveler le Patrimoine arborescent touché par de terribles fléaux de maladies incurables, telles que la graphiose et le chancre.
L’accélération du changement climatique se traduit par la totale disparition des ormes, puis des platanes et donc de la raréfaction des îlots de fraicheur.
Afin de recréer une biodiversité plus adaptée à ces nouvelles conditions, il est nécessaire de de renouveler les plantations en diversifiant les essences arborescentes :
- Boulevard LIMBERT- partie Thiers-Facultés : 27 platanes remplacés par du Tilleul argenté, du Micocoulier commun, du Tilleul à petites feuilles, de l’Erable argenté, du Chêne chevelu, du Peuplier Grisard.
- Boulevard Saint Dominique : 10 platanes remplacés par du Tilleul argenté, du Micocoulier, du Charme houblon, du Peuplier grisard.
- Boulevard du Rhône : 5 platanes remplacés par du Peuplier grisard, du Chêne de Hongrie.
Cette végétalisation s’accompagne par la reconstitution et la modification de certaines prairies dégradées et ceci, par des opérations de semis de regarnissage, avec des mélanges de monocotylédones et de dicotylédones, qui permettent de faciliter les opérations de fauchage, plus espacées, et des floraisons- fructifications étalées sur les quatre saisons.
La conservation des résidus de fauchage en place, permet l’enrichissement de la vie du sol, mais également la présence de nourriture, sous forme de graines pour les oiseaux : martinets noirs, moineaux domestiques, friquets, rouges queues.
La mise en œuvre de cette restauration de la biodiversité se traduit par l’élaboration d’un inventaire de la flore ordinaire naturelle et de la faune présente. Cette étude et les observations qui lui sont liées illustrent les changements en fonction des saisons et des épisodes de sècheresses. En parallèle, cette connaissance du vivant permet une meilleure gestion de l’eau.
THE RAMPARTS TODAY : BORDER OR INTERFACE
(Location : Boulevard Saint-Michel)
The image of the city walls of Avignon has often evoked ambivalent feelings, somewhere between a physical wall frozen in time and a psychological barrier dividing two different cities. But the people of Avignon remain attached to this monument, which they have helped to build and maintain over the centuries and which remains a symbol of the city's identity. The protective nature of the structure reinforces this attachment.
Given its history, it is clear that the city walls of Avignon are not a static monument but a living part of the city. Since their construction, these walls have undergone destruction, renovation, modification, new openings or relocations of gates, and even narrowly escaped total destruction in the 19th century, unlike other cities. Today, the city walls are regaining their tourist appeal and their place as part of an exceptional heritage site.
Beyond being a simple historical architectural witness, the city walls of Avignon have always been a structure in constant dialogue with new urban developments. This can be seen in the interplay with modern buildings such as the Résidence San-Miguel, designed by architect Max Bourgoin, or in the presence of urban art near the enclosure.
Today, the city walls are at the centre of new urban planning issues and are being adapted to suit the times. Their integration into sustainable modes of transport is one example of this.
A greenway
The redevelopment of the area surrounding the city walls includes the creation of a 4.6 km greenway called the “Tour des Remparts”.
One of the challenges of this greening project is to combine the original flora present in certain sections, consisting of highly horticultural perennials, with local “wild” plants that grow spontaneously and are more resistant to summer agro-climatic conditions during certain periods of drought.
These plantations provide important feeding grounds for insects and birds. This naturalisation of the city walls promotes the sanctuary of certain birds, such as black swifts, through the identification and conservation of potential nesting areas within the ramparts and as part of tree preservation.
The design of the greenway has made it possible to renew the tree heritage affected by terrible incurable diseases such as Dutch elm disease and canker.
The acceleration of climate change is resulting in the total disappearance of elm trees, followed by plane trees, and thus a scarcity of cool spots.
In order to recreate biodiversity that is better suited to these new conditions, it is necessary to renew the plantings by diversifying the tree species :
- Boulevard LIMBERT - Thiers-Facultés section : 27 plane trees replaced by silver lime trees, common hackberry trees, small-leaved lime trees, silver maple trees, hairy oak trees and grey poplar trees.
- Boulevard Saint Dominique : 10 plane trees replaced by silver lime trees, hackberry trees, hop hornbeam trees and grey poplar trees.
- Boulevard du Rhône : 5 plane trees replaced by grey poplar trees and Hungarian oak trees.
This revegetation is accompanied by the restoration and modification of certain degraded grasslands through reseeding operations using mixtures of monocotyledons and dicotyledons, which facilitate mowing operations, which are more spaced out, and flowering and fruiting spread over the four seasons.
Leaving the mowing residues in place enriches the soil life and provides food in the form of seeds for birds such as black swifts, house sparrows, tree sparrows and redstarts.
The implementation of this biodiversity restoration project involves compiling an inventory of the natural flora and fauna present. This study and the related observations illustrate the changes that occur with the seasons and periods of drought. At the same time, this knowledge of living organisms enables better water management.
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