(Localisation : Boulevard de la Ligne)
Des constructions diverses s’adossaient aux remparts. Dès l’époque révolutionnaire, en 1791, le conseil municipal ordonne la démolition des bâtiments en bois et pierre qui prennent appuis sur le monument. Il s’agit pour la ville de réaffirmer ses droits sur les remparts et leurs abords. A ceci s’ajoute la cession de terrains bordant les murs. Ces ventes voient la construction de structures qui, devant être temporaires à l’origine, deviennent permanentes. La locations des terrains situés près des murailles ne sont pas nouvelles et existent durant les siècles précédents. La concomitance de la destruction des constructions placées contre les remparts et la vente des terrains peut être vue comme une façon, pour la ville, d’augmenter ses recettes par un revenu foncier.
Cet état de fait crée une certaine confusion au XIXe siècle durant lequel une profusion de bâtiments divers vont être construits : dépôts, remises, ateliers, habitations... Le secteur nord et nord-ouest est particulièrement concerné, constituant la zone portuaire située le long du Rhône. En ce lieu transite une grande part des marchandises qui entrent dans la ville. C’est dans ce secteur que ce concentre de nombreux artisans mais aussi des manœuvres et une population travaillant en lien avec le port fluvial. Des entrepôts et des magasins se développent de la Porte Saint-Lazare à la Porte de l’Oulle.
Les bureaux de l’octroi, qui est une taxe dont doivent s’acquitter ceux qui font entrer des marchandises dans la ville, sont placés à chaque porte de la cité. Près de celles-ci s’installent alors des bars et cafés. Adossés contre les remparts, ils créent une vie sociale foisonnante à la périphérie de la cité. La concentration de ces établissements est importante dans la zone sud de l’enceinte du fait de la présence des marchés et foires qui s’organisent le long des murailles.
Le Bar de la Navigation, situé près de la Porte de la Ligne, est le dernier café témoin de ces constructions adossées aux remparts.
La démolition de tous ces éléments bâtis s’avèrera complexe. Ce sont les inondations de 1840 et 1856 qui vont donner un caractère d’utilité publique à ces travaux. En effet, ces crues nécessitent la consolidation des murs. En 1943, le conseil municipal, en adoptant le plan d’alignement, fixe la destruction des bâtiments accolés aux remparts et ceci pour la réalisation d’une promenade publique. Certains bâtiments subsistent bien que remis en cause par le classement des terre-pleins et c’est à partir de 1975 que les démolitions sont nombreuses, exceptées les constructions situées entre la Porte du Rhône et la Porte de la Ligne. Cette politique de destruction de bâtiments a malheureusement emporté avec elle la disparition de beaux édifices réalisés au XVIIIe siècle, notamment des architectures dues aux architectes Franque, situées au pied du Rocher des Doms. Le réaménagement de l’escalier permettant d’accéder au jardin et le percement du rocher, afin de créer un accès au nouveau parking, ont primé sur cette conservation.
THE CITY WALLS, ONCE A PLACE OF TEEMING LIFE
(Location : Boulevard de la Ligne)
Various buildings were built against the city walls. During the revolutionary period, in 1791, the municipal council ordered the demolition of the wooden and stone buildings that were leaning against the monument. The city wanted to reaffirm its rights over the city walls and their surroundings. In addition, the land bordering the walls was sold off. These sales led to the construction of structures that were originally intended to be temporary but became permanent. The leasing of land near the walls was not new and had existed in previous centuries. The simultaneous destruction of the buildings leaning against the city walls and the sale of the land can be seen as a way for the city to increase its revenue through land income.
This situation created some confusion in the 19th century, during which a profusion of different buildings were constructed: warehouses, sheds, workshops, dwellings, etc. The north and north-west sectors were particularly affected, as they constituted the port area along the Rhône. A large proportion of the goods entering the city passed through this area. It was here that many craftsmen were concentrated, as well as labourers and other people working in connection with the river port. Warehouses and shops sprang up between the Porte Saint-Lazare and the Porte de l'Oulle.
The offices responsible for collecting octroi, a tax payable by those bringing goods into the city, were located at each of the city gates. Bars and cafés spring up near these gates. Backed against the city walls, they create a vibrant social life on the outskirts of the city. There is a high concentration of these establishments in the southern part of the city walls due to the presence of markets and fairs organised along the city walls.
The Bar de la Navigation, located near the Porte de la Ligne, is the last remaining café of these buildings built against the city walls.
The demolition of all these structures proved to be a complex undertaking. It was the floods of 1840 and 1856 that gave these works a public utility character. Indeed, these floods necessitated the consolidation of the walls. In 1943, the municipal council adopted an alignment plan, which stipulated the demolition of the buildings attached to the city walls in order to create a public promenade. Some buildings remained standing, although their future was called into question by the classification of the embankments. From 1975 onwards, numerous demolitions took place, with the exception of the buildings located between the Porte du Rhône and the Porte de la Ligne. Unfortunately, this policy of building demolition led to the disappearance of some beautiful 18th century structures, notably those designed by the architects Franque, located at the foot of the Rocher des Doms. The redevelopment of the staircase leading to the garden and the drilling of the rock to create access to the new car park took precedence over conservation.
Nous suivre sur les réseaux sociaux